NESTORIUS ET LES DOCTRINES PÉLAGIENNES
Certains écrivains occidentaux virent dans l’hérésie nestorienne, dès son apparition, comme un fruit naturel du pélagianisme, dont l'histoire touchait alors à sa fin. Nous avons dit plus haut que Jean Cassien avait attribué à Nestorius la conception pélagienne de la Rédemption!. Il établit aussi un rapprochement entre les deux hérésies au point de vue christologique?. D’autres auteurs, à la suite de Marius Mercator, ont pensé que le pélagianisme dérivait, par l'intermédiaire d'un certain Rufin de Syrie, de Théodore de Mopsueste et de son école. Pélage aurait été endoctriné à Rome par ce Rufin, dont on fait un disciple de Théodore, sous le pontificat du pape Anastase (398-402) ὃ. Aucune de ces deux hypothèses ne nous paraît sérieusement fondée au point de vue historique. Ce qui est sûr, c’est que Théodore de Mopsueste rejeta expressément la doctrine du péché originel, dès qu'il eut connaissance des controverses soulevées tant en Orient qu'en Occident par Pélage et Célestius. Au témoignage de Marius Mercator* et de Photiusÿ, il écrivit cinq livres contre ceux qui disent que les hommes pèchent par nature et non de propos délibéré, πρὸς τοὺς λέγοντας φύτε: nat οὐ γγώμη πταίειν τοὺς ἀνθρώπους.