‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 141 sur 197 · NESTORIUS ET LES PÉLAGIENS · texte numérisé non relu

NESTORIUS ET LES PÉLAGIENS

lique du péché originel comme entachée de manichéismet!,

Ajoutons que l’histoire du concile d'Éphèse semble confirmer que Nestorius était pélagien. Nous voyons en effet plusieurs des évêquesitaliens exilés soutenir sa cause, durant le concile. A plusieurs reprises, les lettres des Pères orthodoxes signalent des Pélagiens, ΠΠελαγιανοί. Ἰζελεστιανοί dans le groupe dit des Orientaux ?. C’est sans doute ce fait qui détermina le concile à condamner les erreurs de Célestius, après s'être fait lire le pièces se rapportant à la déposition de Pélage, de Célestius, de Julien d’Eclane, de Persidius, de Florus, de Marcellin, d'Orontius et de tous leurs partisans.

Si spécieuses qu'elles soient, ces raisons n'arrivent point à nous convaincre. La première ne renferme qu'une présomption peu solide. S'il est vrai que Nestorius a fait sien le système christologique de Théodore de Mopsueste, il n’est nullement établi qu'il ait partagé sa manière de voir sur le reste de la doctrine théologique. On sait au contraire que le disciple ne se gêna pas pour censurer publiquement une opinion erronée émise par le maître dans un sermon #. Que l'édit de Théodose II contre les hérétiques ait été inspiré par Nestorius, la chose ne fait pas de doute, mais l’oubli des Pélagiens a-t-il été prémédité ? Il est permis d’en douter. On ne voit pas en effet que Neslorius soit entré en relation avec les évêques exilés d'Italie, antérieurement au 30 mai 48, date de la publication de l'édit, alors qu'il n’y avait qu'un mois et demi qu'il avait reçu la consécration épiscopale. Si l’on a passé les Pélagiens sous silence, c’est sans doute parce qu'ils ne faisaient pas courir grand danger à la foi dans l’'Empire d'Orient.

Quant à la conduite personnelle de Nestorius à l’égard des

1. Micxe, Ρ, 1.., t. XLVIII, col, 821-828, en note, Le passage auquel Garnier fait allusion est obscur, tant dans la traduction de M. Mercator que dans le texte original, Loofs propose la leçon suivante : Scilo deceptum te esse ab eis, qui hic a sancta synodo depositi sunt, utpote quae sunt Manichaeorum sapientes, aut forte a clericis, qui sunt tuae caritatis. Nestoriana, Ὁ. 180. Cf. ». L., loc. cit., col. 821.

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