Loors, p
. Ibid., p. 62.
. Ibid., p. 56.
. Ibid., p. 68.
. Loors, 251.
la divinise en quelque façon ? Nestorius ne le dit pas clairement ; maisil le laisse peut-être entendre en employant l’expression « forme de Dieu » et en enseignant que cette forme divine, Adam l’a perdue non seulement pour lui, mais aussi pour nous.
δ II. — Le péché originel.
Depuis que Petau a écrit que les Pères grecs font rarement mention du péché originel et qu’ils n’en donnent point de notion claire, il est passé en mode chez beaucoup de théologiens et d’historiens du dogme d'accepter, les yeux fermés, cette affirmation, de l’exagérer même, alors qu'elle n’est rien moins que fondée. Nul doute que le progrès des études patristiques ne fasse bientôt justice de cette légende. L’exament de la doctrine de Nestorius pourra contribuer à sa disparition.
Voici d’abord un passage où 11] est dit assez nettement qu'Adam représentait toute l'humanité et que sa faute ἃ engagé ses descendants :
« De même que la nature humaine, appuyée sur Adam comme
1. Graeci, ut originalis fere criminis raram nec disertam mentionem scriptis suis attigerunt, sic utrum B. Virgo affinis illi concepta fuerit liquidi nihil admodum tradiderunt. De Incarnatione, lib. XIV, cap. τι, n. 1. Le second membre de phrase est aussi contestable que le premier. En réalité, les Pères grecs, même antérieurement à la controverse pélagienne, parlent souvent de la faute originelle, etleur manière de la concevoir est souvent plus claire et plus satisfaisante que celle des Occidentaux, sans en excepter saint Augustin, dont la doctrine sur la nature du péché de nature a été si diversement interprétée et prête le flanc à bien des critiques. M. Bardy a relevé chez Didyme l’Aveugle une doctrine très explicite sur le péché d'origine : Didyme l’Aveugle, Paris, 1970, p. 134-135. Mais pourquoi écrit-il : « Une telle précision ne peut manquer de surprendre : la doctrine du péché originel n'était pas développée er Orient avec la même netteté qu’en Occident, Sans doute, à la fin du 1rve siècle, les progrès de la réflexion théologique, et aussi la fréquence des relations entre l'Orient et l'Occident, expliquent en partie la netteté avec laquelle Didyme se rattache au conceptions occidentales ; il n’en reste pas moins un problème dont la solution ne saurait être donnée avec certitude. » Ces sortes d’étonnements cesseront sans doute, quand on aura des monographies complètes sur la doctrine des Pères grecs, non seulement des grands docteurs, mais aussi des auteurs secondaires, vraiment trop négligés dans les synthèses patristiques actuellement en vogue. C’est surtout en parcourant les homélies mariales des Pères orientaux à partir du ve siècle, que nous avons constaté combien était fausse l’assertion de Petau. Nous pouvons affirmer aussi que la doctrine de saint Jean Chrysostome sur le péché originel et la grâce est en général fort mal exposée .