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geanle jusqu'à sa propre essence immuable, et pour la rendre divine et adorable, non pas à part, mais dans l'union; il Pa gratifiée de l'union avec sa propre essence, afin qu'il y aitune seule essence et un seul prosôpon d’une seule essence. La petite a été mélangée et égalée à celie de la divinité, grande et immuable. De même que les choses que l’on jette dans le feu « deviennent semblables à l'essence du feu et deviennent la nature du feu quiles a faites ce qu’elles sont devenues », de même aussi la nature divine a reçu la nature humaine, l'a enfermée dans sa propre nature, l’a changée et l’a faite désormais une, sans division, en essence comme en prosôpon; el ni dans la nature, ni dans le prosôpon, il n’y a eu vraiment d'addition à la Trinité. C’est ainsi, disent-ils, que son Incarnalion ἃ eu lieu et qu'elle est conçue. »
ΠῚ est un argument auquel les hérétiques qui parlent ainsi recourent «avec confiance ? » pour légitimer leur doctrine:
« Il en est nécessairement de l’union, disent-ils, comme du pain quand il devient corps. C’est un seul et même corps et non deux. Un aussi est celui qui est conçu comme la nature du corps (c’est-à-dire l'humanité) et il n’est plus conçu dans sa première nature, mais dans celle qui lui est advenue comme sienne (la divinité), de telle sorte qu'il ne soit pas désormais ce qu'il paraît, mais ce qui est conçu. C est pourquoi l’Apôtre ἐς lancé une peine terrible contre ceux qui pensaient que le corps de Notre-Seigneur est com'nun : Si celui qui a violé la loi de Moïse meurt sans pilié sur la déposilion de deux ou trois témoins, à combien plus forle raison sera-l-il réputé digne d'un châtiment sévère, celui qui a foulé aux pieds le Fils de Dieu et qui a jugé impur le sang de son alliance par lequel il a élé sanclifié, el qui a outragé l'Esprit de grâce ? (Hebr. x, 28-29). Il a dit cela contre ceux qui regardaient le sang et le corps de Dieu comme le sang et le corps de l’homme et qui se trompaient en pensant que le corps et le sang par lequel nous avons été sanctifiés sontcomme le corps du commun des hommes ; ils ont ainsi outragé l'Esprit de grâce en ne confessant pas que
le Fils de Dieu est consubstantiel à Dieu le Père, mais (en affirmant) que le corps du Fils de Dieu est le corps de l’homme, lui qui a élevé le corps et le sang (de l'homme) jusqu'à sa propre essence et qui n’a pas permis qu'on le soupçonnât d'être une essence humaine, mais (qui a voulu) qu'ils fussent adorés dans sa propre essence !. »
Les hérétiques que combat Neslorius rapprochent ingénicusement l'Incarnation de l'Eucharistie, Dans les deux mystères on distingue un élément visible, qui tombe sous les sens, et un élément invisible, qui n’est perçu que par l'esprit. L'élément visible de l'Eucharistie, c’est le pain ; mais ce pain ne persiste pas dans sa nature propre; il devient le corps du Christ, qui constitue l'élément invisible ; il est changé en lui, de telle sorte qu'il n’y ἃ plus deux corps, mais un seul. De même dans l’Incarnation, nous trouvons un élément visible, qui est la nature humaine, et un élément invisible, qui est la nature divine. Lorsque ces deux nalures s'unissent, celle qui est visible se transforme en celle qui est invisible, de manière qu'il ne reste plus qu'une seule essence, celle de Dieu le Verbe, C'est pour avoir méconnu cette vérité ; c'est pour avoir cru qu'en Jésus-Christ le corps et le sang restent ce qu'ils sont en nalure que certains ont mérité les terribles menaces de l'Apôtre.
Si au point de vue christologique les Monophysites se trompent, ils sont dans la vérité au point de vue eucharistique bien que leur pensée reste confuse. Ils ont raison d’aflirmer que le pain cesse d’être pain et qu'après, la consécration il n'y ἃ plus que le corps du Christ; en cela ils sont les témoins de la doctrine traditionnelle de la conversion, que nous désignons aujourd'hui par le mot de transsubstantiation.
Que va répondre Neslorius à l'argument de ses adversaires ? Va-t-il nier la parité entre les deux mystères ? Va-t-il dire que si dans l'Eucharistie il y a conversion de substances, 1] n’en est pas de même dans l'Incarnation? Nullement; il va faire sienne la comparaison des adversaires, mais en l’adaptant à son point de vue. Il va expliquer l'Eucharistie par
Ἄν ΝΥ AS ὑπ νὰ «
l'Incarnation, tout comme les Monophysites ont expliqué l’Incarnation par l'Eucharistie. En Jésus-Christ deux natures (personnes) complètes, parfaites, subsistant sans changement, sans mélange ni confusion, et se communiquant réciproquement certains noms (ceux du prosôpon d'union). Dans l'Eucharistie deux natures aussi: le pain et le corps du Christ; entre l’un et l’autre, il exisle des relations analogues à celles qui unissent l'homme Jésus et le Verbe. Le pain est le corps comine le corps est le pain, en vertu, non d'un changement d'essence, mais d’une sorte d'échange des prosôpons. Le corps, c'est-à-dire la personne humaine, prend le pain pour son prosôüpon et communique son prosÜpon au pain, tout comme Dieu le Verbe prend l’homme pour son prosôpon οἱ lui communique le sien. De deux côtés il y ἃ un élément qu’on voit (la personne humaine, le pain), et un élément invisible (le Verbe, la personne humaine).
Nestorius est allé plus loin. Il a trouvé un troisième terme de comparaison : l'Eucharislie établit entre le Christ et nous une union qu'on peut rapprocher de l’union du Verbe et de l'homme, d’une part, de l'union de l'homme et du pain eucharistique, de l'autre. Il y a donc trois sortes d'union à deux termes, l’un invisible, l’autre visible, hiérarchiquement superposées l’une à l’autre, et pour le fond semblables entre elles ; iln’y ἃ qu’une différence de degré:
1° Le Verbe (invisible) et la personne humaine (visible). Voilà l'Incarnation.
20 La personne humaine (invisible) et le pain (visible). Voilà l'Eucharistie. |
Par l’intermédiaire de l'Eucharistie :
3° Le Christ ou la personne humaine (invisible) et les
communiants (visibles). Voilà le corps mystique du Christ. Dans les {rois cas, il y a union sans changement, sans
mélange, sans confusion des termes unis. Gette union est
purement accidentelle. Que ce soit bien là la pensée de Nestorius, c’est ce qui ressort d’abord de sa réponse à l’argument eucharistique des Monophysites:
« A-t-il à Les yeux peu d'importance, cet argument sur lequel {u fais silence ? Ceux-ci en effet ont beaucoup insisté sur lui et il ne fallait pas que tu le présentes avec négligence. En vérité, il m'avait échappé, comme 11 arrive à ceux qui voient la paille et pas la poutre. Maintenant qu'il a été mis en lumière, examinons-le sous {ous ses aspects tel qu'il est, et comme le Livre divin veut nous le faire comprendre, pour que nous ne lombions pas sous les justes reproches de | Dieu. τ
» Parlons d’abord de l'emploi du mot qui en grec se dit ë χοινόν. Ce mot signifie ce qui est souillé, ce qui est commun, etla participation. Il signifie ce qui est souillé, selon ce que dit Pierre dans les Actes: Jamais je n'ai mangé quoi que ce soil qui fût souillé et impur (Act. x, 14) ; — ce qui est commun, selon cette parole: Tout ce qu'avaient tes Apôlres élait en commun (Act. 1v, 32) ; — la participation, selon ce passage: Le calice de bénédiclion que nous bénissons, n'est-il pas une participation (xsmwvtz) au corps du Christ 9 (1 Corinth., x, 16). — Et encore: Celui qui sanclifie el ceux qui sont sanclifiés sont tous d'un seul ; c'est pourquoi il n'a pas rougi de les appeler ses frères en disant : « J'annoncerai ton nom à mes frères el je te glorifierai en pleine assemblée ». El encore: « J'aurai confiance en lui ». El encore : « Me voici, mot el les enfants que Dieu m'a donnés. » Puisque donc les enfants ont participé (γιεχοιυνώνηεν) à la chair el au sang, il a lui aussi parlicipé de la même façon aux mêmes choses (Hebr. τὰ, 11-14)...
» L’Apôtre ἃ voulu dire que celui qui sanclifie et ceux qui sont sanctifiés doivent être d'un seul, et frères issus d’une seule essence et non d’essences différentes, et qu'ils doivent ètre ses enfants comme nés de lui; c’est ainsiqu'il dit: Celui qui sanclifie et ceux qui sont sanclifiés sont lous d’un seul. Done le sang par lequel nous avons été sanctifiés et qui a été versé pour nous est d’un seul ; par là, nous sommes aussi ses frères
ξ comme nés d'un seul père ; mais de plus nous sommes aussi ς ses enfants, parce que nous possédons une même essence, } en laquelle nous sommes aussi ses enfants. Dieu le Verbe
en effet n'a rien qui fasse que, lui et nous, nous soyons d'un seul ou que nous soyons appelés ses semblables et
qu'ainsi nous soyons ses frères, parce que nous n'avons avec lui aucune ressemblance, comme en ont les frères qui sont d'un même père ; il n'y ἃ rien non plus (qui fasse) que nous soyons ses enfants, parce que nous ne participons pas à la même essence. C’est donc pour reprendre ceux qui se refusent à reconnaître que le sang humain peut sanctifer, qui pensent qu'il est impur parce que le sang d’un homme, et qui pour celte raison estiment impur le sang de l'alliance par lequel nous avons élé sanctifiés et délivrés de la mort, grâce à la mort véritable d’un homme, que le bienheureux Paul ἃ dit cette parole.
» Par là, ilnous déclare que nous sommes d’un seul : par là, (le Christ) nous appelle ses frères à cause de la nature qui est née de nos pères et qui est morte aussi pour nous; car, parce qu'il est né, il est de notre race et tous nous sommes d’un seul; et parce qu'il est mort pour nous et qu'il a renouvelé la constitution future par l’immortalité et l'incorruptibilité?, nous sommes ses enfants, car il est le Père du monde à venir (Is. 1x, 6). À cause de cela ne sommes-nous pas tous un seul corps d’une certaine manière? Tous en effet nous recevons de ce même pain par lequel il nous fait participer au même sang el à la même chair, qui sont de la même nature (que les nôtres), et nous participons avec lui par la résurrection d’entre les morts et par l’immortalité. Nous sommes à lui de la même façon que le pain est son corps ; de même en vérilé que ce pain est un, de même nous sommes lous un seul corps, car tous nous recevons de ce pain.
» Nous avons doncété changés en sa chair et nous sommes son corps. Désormais nous ne sommes plus le corps et le sang de l’homme, mais son propre corps. Un en effet est le pain, et c'est pourquoi nous sommes tous un seul corps, parce que nous sommes le corps du Christ; en vérité : Vous êles le corps du Christ et ses membres, chacun pour sa part (I Corinth. x11, 27). Est-ce par un changement d'essence que le
1. D’après les Monophysites, les menaces de l'Apôtre s’adressaient à ceux qui séparaient l'humanité de la divinité et n’admettaient pas que la première ne fit qu’une essence avec la seconde. D'après Nestorius, le blasphème consiste à nier l’eflicacité de la mort de l'homme Jésus, sous prétexle qu’il est un homme.