LA PROCESSION DU SAINT-ESPRIT
exégèse, afin de mieux battre en brèche la doctrine du Filioque.
La procession du Saint-Esprit.
Nestorius a été longtemps accusé d’avoir nié la procession du Saint-Esprit a Filio, parce qu'il a admis, au moins tacitement, un symbole de foi composé, d’après Marius Mercator, par Théodore de Mopsueste, dans lequel se lit le passage suivant :
« Nous croyons à l’Esprit-Saint, qui est de l'essence de Dieu ; il n’est pas Fils, mais il est Dieu par essence, de l’essence même de Dieu le Père, duquel il procède substantiellement : Car, comme dit l’Apôtre, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu (1 Corinth., n, 12), le séparant ainsi de toute créature et l’unissant à Dieu, de l'essence duquel il est d’une manière toute spéciale, qui ne convient à aucune créature; nous savons en effet que la créature vient de Dieu non selon l'essence, mais par voie de création. Et nous ne pensons pas que (l'Esprit-Saint) soit Fils, ni qu'il ail reçu son existence du Fils. »
Ilest visible, d'après le contexte, que Théodore de Mopsueste vise dans ce passage l’hérésie de Macédonius, qui complétait l’arianisme en enseignant que le Saint-Esprit est une créature du Fils. Le Saint-Esprit n'a pas reçu son existence du Fils, par qui tout a été fait, car recevoir l'existence, c'est n'être pas Dieu, c’est être une créature. On ne peut donc faire de Nestorius un partisan de la doctrine photienne de la procession du Saint-Esprit a Palre solo, parce qu'il a
1. Πιστεύομεν... εἰς τὸ Πνεῦμα τὸ ἅγιον, ἐκ τῆς Θεοῦ τυγχάνον οὐσίας, οὐχ υἱὸν, Θεὸν δὲ ὄντα τῇ οὐσία, ὡς ἐκείνης ὧν τῆς οὐσίας, Ἡσπέρ ἐστιν ὁ Θεὸς χαὶ πατὴρ, ἐξ οὗπερ κατ᾿ οὐσίαν ἐστίν ᾿ ἡμεῖς γάρ, φησιν, οὐ τὸ πνεῦμα ἐλάθομεν τοῦ χόσμον, ἀλλὰ τὸ Πνεῦμα τὸ ἐχ Θεοῦ - τῆς μὲν χτίσεως ἀποχωρίσας ἁπάσης, Θεῷ δὲ συνάψας, ἐξ οὗπερ κατ᾽ οὐσίαν ἐστιν ἰδιάζοντι λόγῳ παρὰ πᾶσαν τὴν χτίσιν, ἣν οὐ κατ᾽ οὐσίαν, ἀλλ᾽ αἰτία δημιουργίας ἐκ Θεοῦ νομίζομεν εἶναι - καὶ οὔτε υἱὸν νομίζομεν, οὔτε διὰ υἱοῦ τὴν ὕπαρξιν εἰληφός. Maxst, IV, col. 1348, C’est ce symbole que des prêtres venus de Constantinople répandaient en Lydie et qu’un certain Jacques fit signer à des Quartodécimans et à des Novatiens convertis. Le fait fut denoncé au concile d’Ephèse par un clerc de Philadelphie, nommé Charisius, On s’en occupa à la sixième session, Maxsi, Jbid., col. 1345-1362,
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accepté le symbole de Théodore. C'est de même une erreur de prétendre que le concile d'Éphèse, en rejetant ce symbole, a condamné, par le fait même, les adversaires de la procession du Saint-Esprit ab ulroque. Le symbole ἃ été interdit, uniquement parce qu'il était entaché de nestorianisme, etles Pères d'Éphèse ne songeaient nullement à la doctrine du Filioque en le proscrivantt.
Remarquons, à ce propos, que Théodoret passe aussi pour avoir nié la procession a Filio, parce qu'il a écrit, en réfutant le neuvième anathématisme de saint Cyrille :
« Si (Cyrille) dit que l'Esprit est « propre » du Fils, en tant qu'il est consubstantiel et procède du Père, nous le confessons avec lui, et nous tenons cette proposition pour orthodoxe. Mais s’il prétend qu'il en est ainsi, parce que l'Esprit lient son existence du Fils ou par le Fils, ὡς ἐξ Υἱοῦ ἢ δι᾿ Υἱοῦ τὴν ὕπαρξιν ἔχον, nous rejetons cette phrase comme blasphématoire et comme impie. Car nous avons foi au Seigneur qui a dit : L'Esprit qui procède du Père, et au divin Paul qui a dit également : Pour nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu ?. »
On dirait qu’en écrivant ces lignes, l’évêque de Cyr avait sous les yeux le symbole de Théodore de Mopsueste, et il
n’yaen cela rien d’impossible. Théodore dit : Οὔτε διὰ Υἱοῦ
τὴν ὕπαρξιν εἰληφός : Théodoret écrit : ὡς ἐξ Υἱοῦ ἢ διὰ Υἱοῦ τὴν ὕπαρξιν ἔχον. L'un οἱ l’autre citent le même texte de saint Paul. Tous deux ont la préoccupation d’affirmer la divinité du Saint-Esprit en le rattachant au Père. Il est clair dès lors que tous deux nient que le Saint-Esprit tient son existence du Fils dans le même sens. Théodoret, comme Théodore, rejette
1. Le P. Garnier a vu juste en cette affaire. Contre Bellarmin, Petau et Allatius, il soutient que Nestorius n’a pas enseigné l'erreur de Photius, Dissertatio I de haeresi et libris Nestorii. ?. L., t. XLVIIL, col. 1169-1160.
ἃ. Ἴδιον δὲ τὸ Πνεῦμα τοῦ Υἱοῦ, et μὲν ὡς ὁμοφυὲς καὶ ἐκ Πατρὸς ἐχπορευόμενον "7 ᾿ x e ᾽ - , \ ΄ , ne » or ἔφη, συνομολογήσομεν, χαὶ ὡς εὐσεθὴ δεξόμεθα τὴν φωνήν. Et δ᾽ ὡς ἐξ ΥἹοῦ, ἢ δι Υἱοῦ τὴν ὕπαρξιν ἔχον, ὡς βλάσφημον τοῦτο, χαὶ ὡς δοσσεδὲς ἀπορρίψομεν. Πιστεύομεν γὰρ τῷ Κυρίῳ λέγοντι + « To Πνεῦμα, ὃ ἐκ τοῦ Πατρὸς ἐχπορεύεται " » χαὶ τῷ θειοτάτῳ δὲ Παύλῳ ὁμοίως φάσχοντι " «Ἡμεῖς δὲ οὐ τὸ πνεῦμα τοῦ κόσμου ἐλάθομεν, ἀλλὰ τό Πνεῦμα τὸ ἐκ τοῦ Θεοῦ. Ce passage est reproduit par saint Cyrille dans son Apologeticus contra Theodoretum pro XII capilibus. Ῥ. @., t. LXXVI, col. 4332.