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et, au lieu d'entrer en lutte ouverte avec le Pape, il sollicite de l’empereur un concile œcuménique. Vaincu à Ephèse, moins par l'évêque d'Alexandrie que par Célestin, qui a donné force de loi, par son approbation, à la sentence portée contre lui, qui même a demandé avec instance sa rélégation en quelque désert 1, l’hérésiarque ne songe pas un instant à nier l'autorité suprême de celui en qui il reconnaît son principal adversaire?. Il se contente de voir en lui un Pape mal informé, peu capable de saisir les subtilités de sa théorie christologique et circonvenu par « l'Egyptien » :
« L'Egyptien, écrit-il dans un passage de la Tragédie, s'est adressé | à Célestin de Rome, homme trop simple pour pénétrer la subtilité
des opinions théologiques. Lui-même, comme les autres, s’est laissé prendre aux sophismes de Cyrille*. »
Ce que ces paroles pourraient renfermer de peu conciliable avec la doctrine de l'infaillibilité pontificale, est corrigé par un passage du Livre d'Héraclide, où Nestorius laisse entendre que Célestin l’a condamné d'une manière inconsciente. Il s'agit de l'affaire d'Eutychès : « Cette cause, dit-il, avait d’ailleurs été examinée depuis longtemps et la chose avait été jugée. Quel jugement ou quel autre examen était plus qualifié que celui fait par l'évêque de Rome ? Celui-ci en effet, | lorsqu'il eut reçu ce qui avait été fait par les deux partis, loua l'un et | condamna l'autre par un sentiment divin, car ce n'est pas de manière inconsciente qu'il les condamna. Parce qu'ils eurent à rougir de la part de l'évêque de Rome, ils se tournèrent vers l’évêque d’Alexandrie comme vers celui qui était porté à prendre leur parti et qui était l'ennemi de l'évêque de Constantinople * ».
Ainsi, d’après Nestorius, le pape saint Léon condamna Eutychès par un sentiment divin. Après cette condamnation, la chose était jugée | et l’on n'avait pas à y revenir, parce que c'était la sentence de l’évêque de Rome. L'idée de l'infaillibilité ne se dégage-t-elle pas de ce passage ? Mais ici encore, pourquoi Nestorius s'est-il montré si peu conséquent avec lui-même ? car son affaire à lui avait été jugée par Célestin avant le concile général. Il se justifie en nous laissant entendre que Célestin le condamna d'une manière inconsciente, tandis que Léon agit en connaissance de cause dans l'affaire d'Eutychès. Cela revient à dire que le Pape agit d’une manière consciente, lorsqu'il est de notre avis ou que nous nous figurons qu’il l’est, et qu’il agit d’une manière inconsciente, lorsqu'il nous désapprouve et nous condamne. Le procédé est assez commode. Il fut toujours cher aux Orientaux. Toutes les fois que
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5, Cf. p. 57.
2, Dans le Livre d’Héraclide, p. 237, Nestorius reconnait que Célestin a eu « le principal rôle contre lui ». Il sait que l'évèque de Rome tient le siège de Pierre et qu’il a droit à la prééminence, Jbid., p. 302-303.
3, Loors, p. 204.
h. Ibid., p. 302.
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