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le Pape leur est favorable, ils proclament en termes pompeux sa primauté et même son infaillibilité. Quand il leur est contraire, ils reculent rarement devant le schisme et font appel à l'autorité de l’empereur. L'attitude respective des deux assemblées d'Ephèse est, à cet égard, fort instructive.
Les Cyrilliens sont on ne peut plus déférents pour les ordres du pape Célestin. Ayant ouvert le concile avant l’arrivée des légats romains, ils consentent à recommencer en présence de ceux-ci leur première session pour obtenir confirmation de la sentence portée contre Nestorius'. Ils entendent dans un silence respectueux la magnifique déclaration du légat Philippe sur les prérogatives du successeur de Pierre :
« Nulli dubium, imo saeculis omnibus notum est quod sanctus beatissimusque Petrus, apostolorum princeps et caput, fideique columna et Ecclesiae catholicae fundamentum, a Domino nostro Jesu Christo, salvatore humani generis ac redemptore, claves regni accepit, solvendique ac ligandi peccata potestas ipsi data est : qui ad hoc usque tempus et Semper in suis successorilus vivit, et judicium exercet?. »
Saint Cyrille s’honore de tenir la place de l’évêque de Rome, comme on le voit par l’insistance avec laquelle les Actes répètent au début des sessions les mots suivant : Κυρίλλου διέποντος χαὶ τὸν τόπον τοῦ ἐπισχόπου τῆς Ῥωμαίων ᾿Εχχλησίας ὃ, En libellant leur sentence contre l'hérésiarque, les Pères du concile sont heureux d’en appeler aux volontés du pape Célestin et de se considérer comme ses mandataires:
« Forcés, disent-ils, par les canons et par la lettre de notre très
1. EVA χατὰ τὴν γνώμην τοῦ μαχαρίου πάπα ἡμῶν .….xal ἡμεῖς ὁμοίως Th αὑτῶν χαταθέσει βεβαιώσωμεν. Mans, ibid., col. 1289.
ὃς. Ibld., 1296. Le concile du Vatican ἃ inséré les paroles du légat d’Ephèse dans la trame du chapitre 11 de la Constitution Pastor aeternus. A la fin de la deuxième session, le même prêtre Philippe avait exprimé d’une manière nom moins énergique la primauté de l’évêque de Rome : « En applaudissant aux lettres de notre bienheureux pape, membres saints, vous vous éles unis à la téle sainte, car” votre Béatitude n'ignore pas que le bienheureux apôtre Pierre est la tète de toute la société des croyants et des apôtres eux-mêmes. Manst, ibid., col. 1280.
3. Manst, ibid., col. 1123, 1270, 1305, 1341. Le Pape avait délégué saint Cyrille pour exécuter la sentence portée contre Nestorius par le concile romain de 43o, avant qu’il fût question de concile général. Cette délégation a, semble-t-il, persévéré tacitement, tant que l'affaire de Nestorius n’a pas été réglée ; mais pour des raisons à lui connues, Célestin a envoyé à Ephèse d’autres légats, à qui il a donné des instructions très précises, notamraent celle dese faire rendre compte de tout ce qui aurait été fait en leur absence, s’ils arrivaient en retard. Le Pape approuvait la foi de l’évêque d'Alexandrie, mais il semble qn'il le
jugcait moins apte, à cause de son caractère personnel et de ses relations avec
Nestorius et l’empereur, à représenter le Siège apostolique avec la sérénité et l’impartialité voulues. Les légats, d’ailleurs, avaient ordre de se tenir étroitement unis à Cyrille. Manwst, ibid., col. 556.
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saint Père et collègue, Célestin, évêque de Rome, nous avons dû en venir à cette triste sentence. ἢ»
Après la lecture de la lettre du Pape au concile, par laquelle il demandait qu'on exéeutât ce qu'il avait décidé auparavant dans le synode romain de 430, les Pères, loin d'être froissés de ce langage, l'approuvèrent par des acclamations unanimes : C'est là le juste jugement ; au nouveau Paul, Célestin... A Célestin, gardien de la foi; À Célestin d'accord avec le concile, tout le concile rend grâces?. Firmus de Césarée ajouta au nom de tous :
« Le Saint-Siège apostolique du très saint évêque Célestin... avait déjà porté sur cette affaire une sentence et prescrit une règle, que nous n'avons fait que suivre quand nous sommes arrivés à Ephèse 8.»
Dans ses lettres aux empereurs, le Concile répète que le pape Célestin avait condamné auparavant l’hérésie de Nestorius et avait porté contre lui une sentence dont l'exécution avait été confiée à saint Cyrille :
« Nous avons canoniquement déposé Nestorius et nous avons loué le très saint évêque de Rome, Célestin, qui, avant notre sentence, avait condamné les doctrines impies de Nestorius, pour la plus grande sécurité des Eglises et de la foi que nous ont transmise les saints apôtres et évangélistes et les saints Pères ἢ. »
A la fin de la cinquième session, les Pères rédigent deux rapports sur l'histoire du concile : l’un est pour l'empereur, l’autre pour l’évêque de Rome, qui, par cette attention spéciale, est ainsi distingué du reste des evêques de la chrétienté. Le rapport qui lui est adressé débute par ces mots :
« Le zèle de Votre Saïinteté pour la religion et sa sollicitude agréable à Dieu pour la pureté de la foi sont devenus dignes de toute admiration ; car à tous, qui êtes si grand, il est d'habitude de briller en tout et de mettre tous vos soins à affermir les Eglises. Et puisqu'il fallait que tout fàt porté à la connaissance de Votre Sarnteté, nous avons dù nécessairement vous écrire®. »
Il y ἃ dans ces phrases autre chose que de banales formules de politesse. Le concile reconnaît iei, une fois de plus, la suprématie de l'évêque de Rome et rend hommage à son rôle de gardien de la foi de
1. ᾿Αναγχαίως κατεπειχθέντες ἀπό τε χανόνων χαὶ ἐχ τῆς ἐπιστολῆς τοῦ ἁγιωτάτου Πατρὸς ἡμῶν χαὶ συλλειτουργοῦ Κελεστίνου τοῦ ἐπισχόπου τῆς Ρώμαίων ἐχχλησίας, δαχρύσαντες πολλάχις, ἐπὶ τὴν σχυθρωπὴν κατ᾿ αὐτοῦ ἐχωρήσαμεν ἀπόφασιν. MANst, t. IV, σεις.
2, Ποῦ justum judicium, novo Paulo Caelestino... Caeleslino, cuslodi fidei, Caelestino universa synodus gratias agit. Maxst, ἔ. ΕΥ̓͂, 1287.