‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 189 sur 197 · Expressions fort désagréables pour Nestorius · texte numérisé non relu

Expressions fort désagréables pour Nestorius

4. Tout convaincu qu'il est de l’'orthodoxie de Nestorius, Mgr Duchesne écrit cependant avec une perspicacité qui eût pu être plus soutenue : « Sur la fin de sa vie Nestorius trouva que Flavien et Léon avaient enseigné la même doctrine que lui. Il y a peut-être là une certaine dose d'illusion, pardonnable à un proscrit qui, au jour où le vengeur arrive, n'est pas porté à le chicaner sur des nuances », Histoire ancienne de l'Eglise, t. I, p. 452.

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τ, Nestorius et la définition de Chalcédoine.

‘+= 86 Ce que le tome de Léon renfermait d’imprécis et d’équivoque pour me les Orientaux qui avaient suivi la controverse entre saint Cyrille et 4 Nestorius, fut heureusement éclairei par la définition de Chalcédoine.

Sa rédaction fut très pénible. Ni les Pères du concile ni légats du Pape 1€ ne désiraient de définition nouvelle ; la Lettre de saint Léon leur sufii- ‘4 sait ; mais la Providence voulut que les commissaires impériaux ἧι insistassent pour en avoir une. Après de longues discussions, le décret dogmatique futrédigé par une commission mixte où toutes les x écoles étaient représentées. C’est un chef-d'œuvre de clarté, une ; arme à deux tranchants qui abat aussi bien l’hérésie nestorienne que le monophysisme eutychien et leur coupe toute retraite. Pour ciseler cet instrument, les Pères furent obligés de sacrifier en partie la terminologie alexandrine et en partie la terminologie antiochienne ; mais

2 ces sacrifices étaient nécessaires pour dissiper toutes les équivoques. = Le Impressionnés par les longues et tristes querelles qui suivirent le ὯΝ concile, certains historiens n’hésitent pas à dire que cette définition + fut une faute !. Ceux qui parlent ainsi ne réfléchissent pas que si le 74 concile eût été moins clair et se fût contenté d'approuver le tome de ne saint Léon, les Eutychiens sans doute eussent été suffisamment "3 réfutés ; mais les disciples avérés de Nestorius auraient pu s’abriter é sans trop de peine derrière le document papal, et les Egyptiens, disκι | ciples trop exclusifs de saint Cyrille, auraient tout aussi bien fait des εν. leurs. Si l’on s’était arrêté à la formule « ἐκ δύο φύσεων » au lieu de celle ΤΣ qui fut adoptée : « ἐν δύο φύσεσιν», les Cyrilliens eussent probablement

été satisfaits, mais cette formule aurait pu couvrir tous les monophysismes, même les plus grossiers, et n’aurait pas manqué de mécontenter les Antiochiens en déplaisant aux Occidentaux.

Tel qu’il est, le décret de Chalcédoine enlève tout motif raisonnable de protestation tant aux Antiochiens orthodoxes qu'aux Alexandrins. Si ces derniers ont troublé si violemment l'Église, c'est qu'ils ont été

1. « La preuve que ce fut une faute, dit Mgr Duchesne, op. cit., t. ΠΙ, p. 457- 458, c'est l'histoire dans laquelle nous entrons, celle de la résistance des cyrilliens au concile de Chalcédoine, autrement dit, de la crise monophysite; c’est en particulier la série d’efforts tentés pendant deux siècles par le gouvernement byzantin pour apaiser l'agitation religieuse, en conciliant Léon et Cyrille. » ἶ

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