‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 190 sur 197 · NESTORIUS ET LA DÉFINITION DE CHALCÉDOINE · texte numérisé non relu

NESTORIUS ET LA DÉFINITION DE CHALCÉDOINE

aveuglés par l'esprit de parti. Si l'unique souci de l’orthodoxie les avait guidés, ils auraient découvert sans peine sous les formules chalcédoniennes la vraie doctrine de leur maître Cyrille. Le concile en effet donne raison ἃ l’évêque d'Alexandrie : 1° en reproduisant la partie du symbole d'union de #33 qui proclame clairement l'unité de sujet dansle Christ et la maternité divine de la Vierge Τ; 2 en enseignantqu'il n'y ἃ dans le Christ qu'une seule hypostase, une seule personne, un seul sujet, Dieu le Verbe?. Il lui demande seulement de consentir à donner au terme φύσις un sens différent de ὑπόστασις, différence déjà admise par tous dans la théologie trinitaire. Cyrille ne pourra plus dire : « μία φύσις » après l'union, mais il pourra continuer à affirmer « μίαν ὑπόστασιν τοῦ Θεοῦ Λόγου σεσαρχωμένην ». Nous ne doutons pas que, | s’il avait pu assister au concile de Chalcédoire, le grand théologien | alexandrin eût fait cette concession de pure terminologie pour le bien de la paix, car on sent en le lisant qu'il tenait avant tout aux idées, non aux mots ὃ. Or, sous le rapport des idées, le décret chaleédonien lui donnait pleine satisfaction, et s'opposait à la doctrine nestorienne d'une manière bien plus nette que le symbole de 433, qu’il n’a pas refusé de signer.

Nestorius en effet ne peut, quoi qu’en aient dit les monophysites!, trouver son compte dans cette définition. Si l’una persona de saint Léon pouvait être assez facilement confondue par lui avec son prosôpon d'union, la μία ὑπόστασις de Chalcédoine est irréductible à son système et barre le chemin aux deux prosôpons physiques. Dieu le Verbe est pour le concile le même (τὸν αὐτόν) que le Fils, le Christ, le Seigneur, le Monogène, engendré du Père avant tous les siècles et

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