Ibid
tions sur sa doctrine. Après leur avoir imposé une longue attente, ce dernier les fit saisir par la police. On les conduisit au tribunal, où ils furent brutalisés d’une manière révoltante; puis on les emprisonna. Ils ne furent relâchés qu'après avoir reçu quelques soufllets de leur évêque pour toute explication !.
$ IV. — Nestorius condamné à Rome.
L'opposilion que sa doctrine rencontrait à Constantinople, loin de faire réfléchir Nestorius et de lui inspirer des doutes sur sa propre orthodoxie, ne fit qu'exalter sa présomption. Faire accepter le χριστοτόχος par l'Église universelle, tel paraît avoir été son but. Il fit multiplier les copies de ses discours et les envoya partout où il put. Les premières qui parvinrent à Rome paraissent n'avoir pas porté de signature. C'est ce qui ressort d’un passage de la première lettre de saint Cyrille à Nestorius. On y apprend que le pape Célestin et les évêques d'Italie avaient demandé à l’évêque d'Alexandrie des renseignements sur certains cahiers qui avaient élé apportés à Rome, et qu’on soupçonnait être de l'évêque de Constantinople 3.
Celui-ci eut bientôt une occasion d'entrer en correspondance avec le pape. Plusieurs des évêques pélagiens qui avaient été expulsés d'Italie pour n'avoir pas voulu souscrire l'Epislola tracloria du pape Zosime s'étaient réfugiés à Constantinople, se plaignant d’avoir été condamnés injustement, protestant de leur orthodoxie et réclamant la protection de Théodose II et de Nestorius ?. Ils réussirent à persuader de leur innocence plusieurs personnes. Hésitant sur leur compte, Nestorius écrivit au pape Célestin une première lettre pour lui demander des renseignements sur ces personnages. En même temps, il l'informait de la nouvelle controverse qui venait de s'élever à Constantinople, et lui faisait connaître la solution qu'il avait adoptée. D’autres
1. Jbid., col. 1104-1105, 2. Cyrilli epistol. Il ad Nestorium. ». α., t. LXX VII, col. 41 AB. 3. Nestorii epistol. ad Caelestinum I. Loors, p. 165-166. - M. JUGIE. — NESTORIUS 3
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lettres, dont deux nous sont parvenues, suivirent cette première, parce que le pape ne se pressait pas de répondre f. Toutes traitaient de la question de la maternité divine et résumaient assez bien la doctrine de leur auteur. ἃ ces lettres, d’ailleurs, Nestorius joignit quelques cahiers contenant ses homélies et les lettres qu'il avait écrites à l’évêque d'Alexandrie 2, Rome pouvait dès lors le juger en connaissance de cause.
Les cahiers nestoriens parvinrent aussi de bonne heure en Egypte et circulèrent jusque parmi les moines du désert. L'évêque d'Alexandrie avait à Constantinople des représentants qui le tenaient très exactement au courant de tout et suivait avec attention la controverse sur le théolocos. La lecture des homélies de Nestorius l’eut vite convaincu que son confrère de Constantinople enseignait une hérésie, Dans l'homélie pascale de 429, il crut nécessaire de prémunir les fidèles contre la nouvelle erreur qui commençait à se répandre; il affirma l'unité personnelle du Christ et revendiqua pour Marie le titre de Mère de Dieu ὃ. Mais tout cela était dit avec beaucoup de discrétion et sans nommer personne. |
Une lettre aux moines d'Égypte suivit de près l’homélie pascale. Les discours de Nestorius commençaient à troubler les habitants du désert peu rompus aux subtilités théologiques ; ils discutaient chaudement sur le mystère de l’Incarnation et on pouvait craindre que l'erreur ne se répandit parmi eux d’autant plus facilement que leur théologie était plus courte. C’est pour étouffer ces querelles et réfuter les sophismes des adversaires du θεοτόχος que saint Cyrille écrivit aux moines. Cette fois encore, Nestorius n'était pas nommé, mais il était clairement visé ; plusieurs de ses expres-
1, Le retard du pape venait, comme il le dit lui-même dans sa lettre à Nestorius, Mansi, IV, col. 1026, de ce qu'il avait fallu traduire en latin les lettres de Nestorius. | |
2. Caelestini epistol. ad Nestor. Maxst, IV, col. 1027 A. Nestorü epistol, ad Caelest. TI, Loors, p. 182.
3. Homilia paschalis XIII, Ρ. α., t. LXX VII, col. 768-790. Le mot θεοτόχος n’est. pas employé dans cette homélie, mais on y trouve son équivalent μήτηρ Θεοῦ, col. 777 C.