‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 25 sur 197 · Loors, p · texte numérisé non relu

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vit qu'il perdait son temps à vouloir amener à ses idées quelqu'un qui se moquait de ses avertissements et qui manifestait l'intention de l’appeler à son tribunal au sujet des plaintes portées par les clercs alexandrins déposés. Il écrivit à ses représentants à Constantinople pour leur signifier qu'il n’accepterait jamais Nestorius comme juge. Il leur annonçait en même temps qu'il se préparait à écrire à qui de droit, si Nestorius persévérait dans ses opinions héréliques et dans son attitude hostile à son égard.

Les lettres annoncées furent bientôt expédiées: l’une était pour l'empereur, deux autres pour les princesses de la famille impériale, une quatrième pour le pape Célestin. Le diacre Posidonius fut chargé de porter cette dernière à destination. Cyrille lui remit en plus des traductions de toutes les lettres qu'il avait écrites jusque-là dans l'affaire de Nestorius, un mémoire ou commonilorium dans lequel il opposait en quelques brèves propositions les erreurs de Nestorius à la doctrine orthodoxe, et un recueil de textes patristiques et d'extraits des écrits de l’hérésiarque ?. On était au printemps de 430.

Les documents envoyés par saint Cyrille furent les bienvenus à Rome. Le pape Célestin se demandait avec anxiété la conduite qu'il allait tenir à l'égard de l'évèque de Constantinople, sur la doctrine duquel il était déjà suffisamment renseigné tant par les lettres qu'il avait reçues de lui que par les cahiers que lui avait remis son délégué Antiochus*. Sa joie fut grande de constater que l'évêque d'Alexandrie était en parfait accord de sentiment avec lui et qu'il avait si bien pris la défense de l'orthodoxie*. Il songea aussitôt à réunir

1. Epistol. X ad clericos suos. p. 6. t. LXX VII, col. 65-80. Dans le Livre d’Héraclide, p. 92-05, Nestorius interprète à sa façon les recommandations de Cyrille à ses clercs. Pour ne pas dénaturer leur portée, il faut se rappeler dans quelles circonstances elles furent données,

2. Cyril. epist. XI ad Caelest. p. 6. t. cit., col. 79-90 : Cyrille semble dire, col. 80, qu'il a déjà envoyé précédemment au pape les homélies de Nestorius.

3. Legimus ergo epistolarum tenorem et eos libros quos, illustri viro filio meo Antiocho reddente, suscepimus. Caelestini epit. ad Nestorium, Maxsi, IV, col. 1027 A.

4. Voir le début de la lettre de Célestin à Cyrille, Maxsr, ibid., col, 1018,

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à Rome un concile des évèques d'Italie, qui serait chargé d'examiner l'affaire de Nestorius.

Ce concile se tint au début du mois d'août 430. On y lut le dossier envoyé par saint Cyrille et celui que Nestorius avait fait lui-même parvenir au pape. Ce ne fut donc passeulement sur le Commonilorium de saint Cyrille et sur les extraits des discours de Nestorius qu'il avait réunis que le concile romain basa son jugement; ce fut aussi, ce fut surtout sur les lettres etles nombreuses homélies ! envoyées par le novateur, antérieurement à l’arrivée à Rome de l’Alexandrin Posidonius. C’est dire qu’à Rome on était bien renseigné. Si l’évêque d'Alexandrie avait été le seul à fournir des documents, Nestorius aurait eu quelque raison de se plaindre et d'accuser « l'Égyptien » d’avoir travesti sa doctrine?; mais cette excuse ne lui devenait plus permise, du moment qu’il avait lui-même pris les devants pour faire connaître au pape sa théorie de l'union des deux natures.

Les Actes du concile romain ne nous sont pas parvenus, sauf un fragment de discours de saint Célestin, où le titre de θεοτόχος donné à Marie est légilimé par les témoignages de plusieurs Pères latins; mais nous trouvons la substance de ses décisions dans quatre lettres du pape adressées, à la date du 11 août 430, à Nestorius, au clergé et au peuple de Constantinople, à Cyrille et à Jean d’Antioche.

La lettre à Nestorius est particulièrement intéressante. Le pape lui parle sur un ton sévère , il faitallusion à sa grande réputation, qui lui avait valu le siège de Constantinople et qui est maintenant sicompromise. Sion n'a pas répondu plus tôt à ses lettres c’est qu'il ἃ fallu prendre le temps de les traduire en latin. Ces lettres, ainsi que les homélies que lui ἃ

1, Πέπομφε δὲ καὶ ᾿ξξηγήσεις πολλὰς, ἐξ ὧν ἐλήλεγχται φρονῶν τὰ διεστραμμένα. Cyrilli epist. XVI ad Juvenalem. Ρ. α., ibid., col. 104 G. Cf. Epist. XIII ad Joannem Antiochen. col. 96 AB.

2. Dans un passage de la Tragédie, ouvrage de Nestorius, celui-ci accuse « l’'Egyptien » d’avoir séduit par ses sophismes le pape Célestin, « homme trop simple pour pénétrer la subtilité des opinions théologiques ». Loors, p. 204. IL est évident que Nestorius se fait illusion.

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