Maxwst, IV, col
LE
NESTORIUS CONDAMNÉ ἃ ROME 39
remises Antiochus, renferment un blasphème évident! :
« Nous t'avons suivi à la piste, lui dit le pape, nous t'avons surpris, nous t'avons pris, et c’est en vain que tu as cherché à envelopper la vérité dans les obscurités de ton bavardage ; ton langage est plein de confusion ; tu confesses ce que tu as nié une fois et tu t'efforces de nouveau de nier ce que tu as déjà confessé. Aussi dans tes lettres c'est moins contre notre foi que contre toi-même que tu as prononcé, en voulant parler de Dieu le Verbe d’une manière opposée à la foi de tous... Aucun doute n'est possible au sujet de ces lettres, puisque c’est toi-même qui les as envoyées, et plût au ciel qu'elles ne fussent point tombées entre nos mains, car nous n'’aurions pas été obligés d'examiner un si grand crime 3.»
Puis Célestin casse toutes les sentences portées par Nestorius contre ceux qui se sont opposés à sa doctrine, et il le menace d’excommunication et de déposition si dans l'espace de dix jours, à dater de la notification qui lui sera faite par Cyrille des décisions du Siège apostolique, il ne rétracte ses erreurs. Cyrille en effet, dont Célestin a approuvé et approuve la foi, sera chargé de l'exécution de la sentence papale.
Dans la lettre au clergé et au peuple de Constantinople, le pape déclarait que Nestorius enseignait une doctrine détestable touchant l’enfantement virginal etla divinité du Sauveur, comme en faisaient foi les écrits signés de sa propre main qu'il avait lui-même envoyés et le rapport de saint Cyrille‘. Écrivant à Cyrille, il faisait le plus grand éloge de sa vigilance
1. Considerantes nunc interpretatas tandem epistolas tuas apertam blasphemiam continentes. Mawxsr, ibid., col, 1026 E.
2. In his quidem nobis vestigatus, deprehensus et tentus, quodam multiloquio labebaris, dum vera involvis obscuris : rursus utraque confundens, vel confiteris negata, vel niteris negare confessa. Sed in epistolis tuis non tam de fide nostra quam de te tulisti sententiam, volens de Deo Verbo aliter quam fides habeat omnium disputare. Mansi, ibid., col 1027 A.
3. Alexandrinae ecclesiae sacerdotis fidem et probavimus et probamus, col. 1034 C.
4. Nestorius episcopus de virgineo partu et de divinitate Christi Dei salvatoris nostri, velut ejus reverentiae et communis omnium salutis oblitus, nefanda praedicat, sicut et ejus scripta ad nos ab ipso cum propria subscriptione transmissa, sicut etiam relatio sancti fratris et coepiscopi mei Cyrilli.... ad me missa patefecit. Ibid., IV 1033 DC.
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et de sa science théologique ; il le félicitait d’avoir découvert tous les pièges d’une prédication artificieuse! et l’instituait son représentant en ces termes :
« L'autorité de notre Siège vous est communiquée, et vous en userez à notre place pour exécuter rigoureusement notre décret ?. »
Ce ne fut point par saint Cyrille que Nestorius apprit tout d'abord la sentence que le concile romain sas portée contre lui. Son ami Jean d’Antioche fut le premier à l’en avertir. ΠῚ lui communiqua une copie de la lettre que Célestin lui avait adressée ainsi que d’autres lettres de l’évêque d’Alexandrie et le supplia instamment de prendre au sérieux les graves avertissements que ces pièces contenaient à son adresse. Le diable, lui disait-il, ἃ coutume de grossir outre mesure par l'orgueil les incidents fâcheux et d’engager dans des impasses ceux qui l’écoutent. Le délai de dix jours est sans doute court, mais la chose dont il s’agit peut être accomplie en moins de temps que cela : un jour, une heure y peut suffire :
« Car il n’y a rien de plus facile que d'employer un terme parfaitement en harmonie avec l’Incarnation du Christ, qui a été familier à plusieurs Pères, et qui est très propre à désigner le salutaire enfantement de la Viergeë. Ta Sainteté ne doit pas craindre de s’en servir, même pour éviter de se contredire elle-même. S'il est vrai, en effet, comme nous l'avons appris de la bouche de nos amis communs, que ta doctrine s’accorde avec celles des Pères et des docteurs de l'Eglise, qu'y a-t-il de pénible à manifester une pensée orthodoxe avec le terme qui convient? »
Jean continue en invitant son ami à réfléchir sur la gravité des troubles que ses attaques contre le mot θεοτόχος ont soulevés dans l'Eglise universelle; il l’'exhorte à imiter le bel
1. Omnes tendiculas praedicationis callidae detexisti. P. @., t. LXX VII, col.91B. Célestin a bien saisi le caractère de l’hérésie nestorienne, habile à se dissimuler sous des formules équivoques et tenant parfois le langage de l'orthodoxie.