‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 27 sur 197 · Ibid., col. 93 A · texte numérisé non relu

Ibid., col. 93 A

3. τὸ γὰρ “χρήσασθαι προσφόρῳ ὀνόματι ἐν τῇ χατὰ τὸν παμόασιλέα Χριστὸν ὑπὲρ ἡμῶν οἰκονομίᾳ, τετριμμένῳ μὲν πολλοῖς τῶν πατέρων, ἐπαληθεύοντι δὲ καὶ τῇ σωτηρίῳ ἐχ παρθένου γεννήσει, τοῦτο ῥάδιον. Mans, IV, col. 1064 ΑΒ.

exemple que donna Théodore de Mopsueste à Antioche. Ce vaillant homme ne craignit pas de rétracter publiquement une opinion risquée qu'il avait émise en chaire, lorsqu'il vit que ses paroles pouvaient engendrer des querelles et compromettre la paix de l'Eglise.

« Je t'en supplie donc, ne rougis point d'exprimer à haute voix {a pensée, que nous savons être orthodoxe, en employant le mot qui convient et dont beaucoup de Pères se sont servis dans leurs écrits et leurs discours... Ce mot de {héolocos, jamais aucun docteur de l'Eglise ne l’a rejeté. Ceux qui l'ont employé sont nombreux et comptent parmi les plus célèbres, et ceux qui ne l'ont pas employé n'ont pas attaqué ceux qui en ont fait usage. En repoussant ce terme pour écarter la fausse signification que lui donnent les héréliques, nous en arrivons à mépriser la conscience de nos frères et à les scandaliser inutilement. Pourquoi éviter un mot qui exprime une idée que nous acceptons? Et si nous n'acceplons pas cette idée, il est clair que nous tombons dans une grave erreur et que nous risquons de nier l’incarnation ineffable du Fils unique de Dieu. Une fois ce mot écarté, l'idée qu’il exprime disparaîtra aussi; d'où il suivra que celui qui s'est incarné pour nous d’une manière ineffable n'est pas Dieu, que Dieu le Verbe ne s’est pas anéanti en prenant la forme du serviteur pour nous témoigner son immense amour. Or les saintes Ecritures attestent cette grande bonté de Dieu à notre égard, lorsqu'elles racontent que le Fils unique de Dieu, éternel comme son Père, s’est abaissé jusqu'à naître virginalement de la Vierge, selon ces paroles du divin Apôtre : « Dieu a envoyé son Fils né d'une femme. » Ces mots signifient bien que le Fils unique est né de la Vierge !. »

Nous avons tenu à mettre ce passage sous les yeux du lecteur, parce que, s’il montre que Jean d’Antioche se faisait illusion sur la véritable pensée de son ami, il établit aussi

1. Εἰ γὰρ τὸ ἐξ αὐτοῦ σημαινόμενον μὴ παραδεχόμεθα, λείπεται περὶ πολλὰ ἡμᾶς διασφάλλεσθαι, μᾶλλον δὲ χινδυνεύειν περὶ τὴν ὁ ἄρρητον οἰκονομί αν τοῦ μονογενοῦς υἱοῦ τοῦ Θεοῦ - ἀχολουθήσει γὰρ εὐθὺς τῇ τοῦ ὀνόματος τούτου ἀναιρέσει, εἴτ οὖν τῷ ἐξ αὐτοῦ σημαινομένῳ, τὸ μήτε Θεὸν εἶναι τὸν τὴν ἄρρητον οἶχο νομίαν ὑπὲρ ἡμῶν ἀναδεξάμενον, μήτε μὴν τὸν Θεὸν Λόγον χενώσαντα ἑἕαυτὸν εἰς τὴν τοῦ δούλου μορφὴν, ἄφατόν τι περὶ ἡμᾶς ἐπιδεδεῖχθαι ge). ανθρωπίας μέγεθος. Ibid., 1065 CD.

d'une manière suffisamment claire que lui-même était d’une orthodoxie irréprochable. Et Jean ne parlait pas seulement en son nom personnel. Il nous apprend que sa lettre avait reçu l'approbation de plusieurs évêques qui se trouvaient présents à Antioche au moment où il l’écrivait; il donne le nom de ces évèques : Archelaüs, Apringius, Théodoret, Héliade, Mélèce et Macaire, nommé récemment à l'évêché de Laodicée. Le nom de Théodoret mérite particulièrement de fixer l'attention. Il ressort de là que ceux qu'on va appeler « les Orientaux » au concile d’Ephèse, du moins la plupart et les principaux d’entre eux, ne partageaient point l'erreur de Nestorius touchant le mode d'union des deux natures, tout en employant souvent une terminologie très voisine de la sienne.

Ainsi les trois principaux sièges de la chrétienté, Rome, Alexandrieet Antioche s’étaientdéclarés en faveur du théolocos et de la doctrine que ce mot suppose, c’est-à-dire l’unité réelle de sujet, de personne dans le Christ. Rome surtout avait parlé net et ferme, après müûr examen. La cause était jugée, terminée. Une telle unanimité aurait dû ouvrir enfin les yeux à Nestorius et le déterminer à suivre les conseils fraternels de Jean. Que de luttes stériles, que de scandales, que de déchirements et de maux de tout genre auraient été épargnés à la chrétienté, si l’évêque de Constantinople avait eu assez de vertu pour faire le geste que son maître Théodore avait fait à Antioche, pour monter en chaire et proclamer franchement et loyalement que Marie était Mère de Dieu, que Dieu

le Verbe, le Fils unique, né du Père avant tous les siècles,

était né une seconde fois selon la chair de la Vierge Marie. Mais on ne pouvait guère attendre une pareille déclaration de la part de quelqu'un qui avait une confiance illimitée en ses propres lumières et qui menait campagne depuis deux ans contre le fhéolocos avec l’intime persuasion qu'il combattait pour l’orthodoxie.

Nous possédons la réponse de Nestorius à la lettre de Jean d’Antioche. Le ton en est fort courtois. Après avoir

Page 1