‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 37 sur 197 · Maxsi, t. V, col · texte numérisé non relu

Maxsi, t. V, col

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gion, auprès du très pieux empereur pour qu'il dénonce partout par lettres publiques les babillages de Cyrille, qu'il a déjà rejetés. Que ces lettres soient lues dans toutes les églises orthodoxes, pour que les simples ne s'y trompent pas {. »

Les habitants de Constantinople avaient accueilli avec joie la déposition de l'hérésiarque. Dalmatius et ses moines n'avaient pas eu de peine à faire crier par tout le peuple : « Anathème à Nestorius ?. » On aurait voulu lui donner aussitôt un successeur, mais il fallut attendre que Théodose IT se fût déclaré ouvertement pour les Orthodoxes. Ce ne fut que le 25 octobre 431, que ceux-ci purent donner un nouvel évêque à la capitale en la personne de Maximilien, prêtre de la ville, L'empereur ne tarda pas à prononcer la dissolution du concile d'Éphèse. Désormais tout espoir était bien perdu pour Nestorius de remonter sur son siège.

Il resta quatre ans au monastère d'Euprépios, entouré, à ce quil raconte lui-même, d'honneur et de respect3. Il ne changea rien du reste à ses idées sur le mystère de l’Incarnation et chercha à les propager de son mieux. Il le pouvait d'autant plus facilement que la plupart des Orientaux persistaient à le croire innocent et refusaient de reconnaitre sa déposition. Le 15 mars 432, le pape Célestin écrivit aux membres du concile d’user de toute leur influence pour faire expulser l’hérétique opiniâtre en quelque endroit désert #. À la même date, il envoyait à l’empereur Théodose une lettre pour le supplier de séparer de la société des hommes celui que la sentence unanime des évêques avait déposé, et de lui enlever ainsi toute occasion de nuireÿ.

1. Jbid., col. 793. Loors, p. 195-196. On voit qu’au moment où cette lettre fuf écrite, Cyrille était encore en prison à Ephèse ainsi que Memnon. L'empereur n'allait pas tarder à se prononcer en faveur du vrai concile.

2. Voir dans le Livre d’Héraclide, Ὁ. 239-245, le récit de ce qui se passa à Constantinople, quand on y apprit la déposition de Nestorius.

3, Evacre, Hist. eccles. I, vas, Ρ. 6., t. LXXXVIZ col. 2436 C.

4, Innocentum exitium est illud exilium... Sola decet tales homines solitudo.

Epistol. Caelestini ad synodum, Maxsi, V, col. 268.

5. Quem igitur universorum ejecit sententia sacerdotum in praedicatione sacrilega perdurantem, eum vestra clementia ab omni societate removeat ut facultatem aliquos perdendi non habeat. Epistol. Cael. ad Theod., Maxsi, ibid., col, 271.

Cette requête ne fut pas d’abord écoutée. Il fallut attendre que la plupart des Orientaux se fussent réconciliés avec saint Cyrille. Enfin, vers l’automne de 435, parurent deux décrets impériaux, l’un condamnant Nestorius à la déportation perpétuelle à Pétra, en Arabie, et confisquant ses biens au profit de l'Église de Constantinople, l’autre ordonnant de brûler tous les écrits de l'hérésiarque, menaçant des peines les plus sévères les partisans de sa doctrine et leur imposant le nom de Simoniens en souvenir de Simon le Magicien, tout comme sur l'ordre de Constantin le Grand on avait donné aux Ariens le surnom de Porphyriens?.

Nestorius ne dut pas rester longtemps à Pétra, car au moment où Socrate écrivait son histoire, c’est-à-dire entre 459 et 445, il avait déjà été transféré à l'Oasis d'Égypte, appelé aussi Ibis, à la latitude de Thèbes. L'Oasis était la prison des grands criminels d'État et des courtisans disgraciés. L'exilé n’y fut pas complètement isolé. Quelques amis fidèles réussirent à le visiter#, C’estsans doute par eux qu'il reçut les Actes du concile d'Éphèse, ceux du conciliabule d'Éphèse de 449 et la Leltre dogmatique du pape saint Léon à Flavien de Constantinople, et qu’il putenvoyer sa Lettre aux habitants de Conslantinopleÿ. Grâce aux documents qu’on lui avait fournis, il put composer en plein désert son dernier ouvrage: Le Livre d'Héraclide de Damas.

Il était peut-être occupé à rédiger cet écrit, quand une invasion de Blemmyes6 vint désoler l'Oasis. Comme le raconte Nestorius lui-même dans deux de ses lettres au préfet de la Thébaïde, dont Évagre nous a conservé de larges

1. Mawst, V, 256 et 660. Evagre nous apprend, Loc. cit., col. 2437, que Jean d’Antioche demanda lui-même l’expusion dé Nestorius. La légende syriaque, loc. cit., p. 21, déclare que Jean, dévoré par la jalousie, demanda à l'empereur d'envoyer Nestorius dans le pays d'Awasa, dans le pays de Cham.

2. Mansi, ibid., col. 413-415, 660-661, 966-967 Cet édit est reproduit dans les Actes du cinquième concile, Le nom de Théodore de Mopsueste y est joint à celui de Nestorius.

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