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extraits!, les pillards l'emmenèrent en captivité avec d’autres prisonniers. Lorsque la caravane approcha des frontières de la Thébaïde, les Blemmyes abandonnèrent leurs prisonniers, en leur recommandant de se sauver au plus vite, car la tribu nomade des Maziques s'apprètait à dévaster le pays. Les infortunés se réfugièrent en Thébaïde, où ils se dispersèrent à leur gré. Mais Nestorius ne voulut point les imiter, pour ne pas donner occasion, dit-il, aux mauvaises langues de le calomnier. Il se traîina péniblement jusqu'à la petite ville de Panopolis, d’où il écrivit au gouverneur pour l'intéresser à son sort et le supplier d’avertir l’empereur de son changement de résidence.
Le fonctionnaire, craignant sans doute de se compromettre, fitréiéguer l'exilé de Panopolis à Éléphantine, aux confins de la Thébaïde. Il n’y était pas arrivé qu'un contre-ordre le rappela à Panopolis. Il y rentra, accablé par les fatigues du voyage et les infirmités de la vieillesse. Il avait à peine pris quelque repos qu'il dut s’acheminer vers un endroit voisin. Il croyait bien être, cette fois, au bout de ses pérégrinalions, mais il se trompait. Un nouveau lieu d’exil lui fut fixé?. N'y tenant plus, il écrivit au gouverneur ces paroles désespérées :
« C’en est assez, de grâce ; assez de décrets d’exil contre un seul individu ! Aux rapports de Ta Magnificence, permetsmoi, je t'en prie, de joindre une relation, qui fera connaître la vérité aux invincibles empereurs. Ce sont là conseils d'un père à son fils. Si mes paroles t'irritent encore cette fois, agis à ta guise. On verra qu'aucune raison ne peut venir à bout de ton bon plaisir. »
Les récits les plus contradictoires nous sont parvenus sur les derniers moments de Nestorius. D'après Évagre, il aurait fait une chute mortelle dans l’un des nombreux voyages que lui imposa l'arbitraire du préfet de la Thébaïde, et il aurait rendu le dernier soupir en ayant la langue dévorée par les
1, Evacre, loc. cit., col. 2439-2444. Loors, p. 198-201.