‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 39 sur 197 · Nestorius n'indique pas l'endroit · texte numérisé non relu

Nestorius n'indique pas l'endroit

3. Evacne, loc. cit , col. 2437, 2444 : τόπους ἐχ τόπων πρὸς ταῖς ἐσχατιαῖς τῆς Θηβαίων ἀμείδων, τῇ τε γῇ προσρηγνύμενος, ἀξίως τῆς οἰκείας βιοτῆς τὸν τῆδε βίον ἀπέθετο. L'historien auquel Evagre emprunte l'épisode de la langue dévorée par les vers est probablement Timothée Elure ou bien Zacharie le scolastique.

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vers. Timothée Élure et les auteurs jacobites le font inviter par l’empereur Marcien au concile de Chalcédoine. Dans sa lettre aux moines de Senoum, Philoxène de Mabboug écrit :

«Le concile de Chalcédoine eut lieu vers la fin de la vie de Nestorius. À ce qu’on raconte, on lui écrivit et on lui envoya tout, tandis qu'il était en exil, ainsi que les Actes devant Flavien et la lettre de Léon. Et si le jugement du Seigneur ne s'était pas hâté et ne l'avait pas enlevé avant la réunion du concile, il avait été appelé aussi pour y venir avec les autres évêques. Je ne dis pas cela d’après un simple ouï-dire, mais pour l'avoir appris en vérité de celui qui avait été envoyé le chercher. C’est ce qui ressort d’ailleurs avec évidence de la lettre qu’il écrivit alors à ses partisans de Constantinople, dans laquelle il admire et loue tout ce qui a été écrit par Flavien à Léon, et il dit que ce sont là exactement ses doctrines. »

D'après Sévère d’Achmounaïn, Nestorius mourut à Panopolis ou Akhmin, après avoir reçu le message de Marcien :

«Marcien, au témoignage des historiens, était attaché au parti de Nestoriuset partageait sa manière de voir ; il s’efforça de faire triompher sa doctrine et il l’envoya chercher au lieu où il avait été banni en Égypte. C'était une ville appelée Akhmin (Panopolis). Le messager de l’empereur le trouva malade ; il l’attendit, mais il n’obtint pas ce qu'il désirait, car Nestorius mourut là ?.»

Jean de Maïouma, dans ses Plérophories, le fait mourir un jour avant l’arrivée de l'envoyé du préfet venu pour le chercher: « Comme il proférait un blasphème,sa langue lui refusa son service et sortit de sa bouche, et il mourut en la mordant 3. » Timothée Élure dit aussi que sa langue se décomposa au point quil devint un objet d'horreur et de pitié. Zacharie le scolastique suppose qu’il se mit en route pour serendre à Chalcédoiïine, mais qu’une chute de cheval hâta

1. Nau, le Livre d'Héraclide, p. 370. Philoxène fut évêque de Mabboug de 485 à 523.

2. Patrologia orientalis, Graffin-Nau, t. VI, p. 50-51, trad. L. Leroy.

3. Εν Nau, Les Plérophories de Jean, évêque de Maïouma, Paris, 1889, cap. xxxXuWI, p. 39-40.

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sa mort. Il se coupa la langue ; sa bouche fourmillait de vers {.

La légende nestorienne est d'accord avec les écrivains jacobites pour dire que Nestorius fut convoqué au concile de Chalcédoine, mais elle ignore, cela va sans dire, l'épisode de la langue mordue et mangée par les vers:

« L'empereur Théodose étant mort, Marcien lui succéda et il donna aussitôt l'ordre de faire revenir de l'exil le bienheureux, ainsi que les seize évêques qui avaient été exilés en même temps que lui. Ses amis lui écrivirent de s’abandonner à la confiance de l'empereur et de revenir. Il leur répondit en ces termes : « Le désert dans sa désolation me réjouit, etc.»

« Avant l’arrivée du patrice ?, une heure avant la mort de Dorothée, ainsi qu'il l'avait prédit, le bienheureux et courageux athlète partit vers celui qui couronne ses amis, alors que les gouttes de sueur tombaient encore de son front. C'est avec courage et sans relâche qu'il avait combattu dans cette lutte *. »

Venant tous d'auteurs monophysites *, ces témoignages nous paraissent fort suspects. On sait que les Jacobites accusaient le concile de Chalcédoine d’avoir enseigné le nestorianisme. Quoi d'étonnant que, pour donner plus de vraisemblance à cette calomnie, ils aientsongé à faire appeler Nestorius au concile? On connaît un décret de Marcien rappelant les évêques déposés par Dioscore au Brigandage d'Éphèse, Mais Nestorius n’était point de ceux-là, et l’on ne voit nulle part que les évêques qui furent exilés en même temps que lui en 435 aient été convoqués. Ce quiest raconté des derniers moments de l'hérésiarque porte visiblement le caractère de la légendeS. On a voulu assimiler la mort de

1. Chronique de Michel le Syrien, Paris, 1901, t. IL, p. 38-39. Cf. Nau, le Livre d’'Héraclide, p. 1x-xi1.

2. Il s’agit, dans la Légende, d'un patrice qui était venu visiter Nestorius à l'Oasis et avait été converti par lui à sa doctrine.

3. Dorothée, évêque de Marcianopolis, un nestorien convaincu.

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