‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 52 sur 197 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

7° Lettre à Jean d'Anlioche, en latin seulement!. Loofs place cette lettre après le 6 décembre 430 3. Nous la croyons antérieure de quelques jours à cette date, car on n'y trouve

aucune allusion à la (elltre synodale des Alexandrins, mi

aux anathématismes qui la terminent.

8° Lellre de Nestorius el des évêques de son parti à l'empereur, en grec*. Elle fut écrite après la première session d'Éphèse, pour protester contre ce qui s'était passé.

9° Lettre à l'eunuque Scholaslicus, en latin seulement, écrite à Éphèse, peut-être en même temps que la précédente*. Nestorius proteste qu'il n’est pas l’adversaire du θεοτέχος, pourvu qu'on joigne à ce terme 1᾿ἀνθρωποτόχος afin d’écarter toute interprétation manichéenne, arienne ou apollinariste. Il fait allusion aux conversations qu'il ἃ eues à Ephèse avec certains évêques et dont on a dénaturé la portée, déclare que les chapitres de Cyrille sont incontestablement hérétiques et manifeste le désir d'abdiquer l'épiscopat et de retourner à son monastère.

10° Lellre au préfet Anliochus, écrite en septembre 437; après la réception du décret impérial ordonnant à Nestorius de se retirer dans son monastère d'Antiocheÿ. Il ne reste qu'une traduction latine de cette pièce.

A ces dix lettres il faut joindre des fragments de quatre lettres sûrement authentiques :

1° Quatre courts fragments d’une lettre à Alexandre de Hiérapolis, écrite probablement avant le concile d'Éphèsef.

2° Deux fragments syriaques d’une lettre à Théodorel, écrite en exil 7.

3° Trois extraits d’une première leltre au préfet de la Thébaïde®. |

λο Trois extraits d’une seconde lettre au même”. Nous avons 183-186.

. 196-197. Cf. Ῥ. 99.

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dit plus haut en quelles circonstances furent écrites ces deux dernières lettres.

Loofs donne comme d'une authencité douteuse un fragment syriaque d’une lettre à Théodoret dont l'importance théologique est nullef.

Dans une lettre aux moines de Senoun, le monophysite Philoxène, évêque de Mabboug de 485 à 523, cite des extraits d’une lettre de Nestorius aux habilants de Constantinople, écrite après le brigandage d'Éphèse. Avant la publication du Livre d'Héraclide, les critiques pouvaient avoir de bonnes raisons de suspecter l'authenticité de cette pièce, où se lit cette étonnante déclaration :

«J'ai appris les choses qui ont été faites auparavant par Flavien, le pieux évêque de Constantinople, contre Eutychès.…. Quant à ce qui a été fait maintenant par le fidèle Léon, chef des prètres, qui a combattu pour la piété et s’est opposé à ce qu'on ἃ appelé concile, j'en ai loué Dieu avec grande allégresse, et je passe tous les jours dans l'action de grâces. Sachez donc, vous aussi qui êtes instruits par Dieu, que mon enseignement — celui même de la piété — est celui qui a été défini par les hommes vénérables dont je viens de parler, par Flavien et par Léon ?. »

Citées par un monophysite qui s'efforce de montrer que le concile de Chalcédoine a canonisé la doctrine nestorienne, ces paroles pouvaient paraître inventées de toute pièce ; mais cette impression disparait, quand on ἃ lu le Livre d'Héraclide, où l'on trouve exactement les mêmes affirmations. Nestorius a cru que saint Flavien et saint Léon enseignaient la même doctrine que lui. Aux fragments fournis par Philoxène, M. Nau a joint un long extrait tiré du manuscrit Add. 12 154 de Londres, de sorte que nous possédons la Lettre aux habitants de Constantinople presque en entier. Nous n'y avons rien trouvé qui ne puisse avoir été écrit par l'auteur du Livre d'Héraclide. Celui-là cependant se tromperait grandement qui se baserait uniquement sur celte lettre pour juger de la doctrine christologique de Nestorius,

2, Traduction Nau, Appendice III au Livre d’Héraclide, Ὁ. 373-374. M. JUGIE, — NESTORIUS 6

car elle cst pleine de sous-entendus, qu'on devine sans peine, quand on ἃ lu les autres ouvrages de l’hérésiarque. Voici par exemple un passage où Nestorius rejette certaines manières de parler de quelques-uns de ses disciples:

«Is disent : « Nous reconnaissons que le Verbe en essence est Fils de Dieu et Seigneur, mais quant au corps qui ἃ été pris, nous témoignons qu'il est Jésus de Nazareth. Et encore: «Dans celui qui est un peu moins que les anges, nous voyons Jésus (Hebr. I, 9), c'est-à-dire : Jésus est un homme consubstantiel à tous les hommes, qui ne l'emporte en rien sur les hommes de même nature que lui, si ce n’est par ce que la grâce lui ἃ donné; la grâce qui lui fut donnée ne change pas la nature. »

« Mais nous, nous leur disons que ces paroles ne causent de honte et de tort qu’à ceux dont on a parlé plus haut, car leur enseignement et le nôtre n’est pas le même. À moi aussi jadis cetÉgyptien (Gyrille), pour me confondre et pour cacher ses mauvais desseins, m'a attribué cet enseignement abominable, pour fortifier l'opinion de ceux dont il est le chef, de ceux qui attribuent les souffrances à Dieu !. »

Ilest bien vrai que Nestorius n’a jamais nié brutalement la divinité du Fils de Marie, comme il sera dit plus loin, mais la manière dont il explique que Jésus est Dieu, n’est pas orthodoxe. C'est ce qu'il ne faut pas perdre de vue en lisant la Leltre aux habitants de Constantinople. On ne peut croire non plus Nestorius sur parole, quand il se déclare d'accord avec saint Léon, car il est victime d’une illusion.

$ VI. — Les homélies.

Nous avons déjà eu occasion, en racontant la vie de Nestorius, de parler de ses cahiers d’homélies. Celles-ci furent fort nombreuses. C’est d'elles, et d'elles uniquement, qu'il s’agit dans ce passage de Gennade de Marseille :

«Nestor haeresiarches, cum in Antiochena ecclesia presbyter insignis in docendo ex tempore declamator haberetur,

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