LA DOCTRINE CHRISTOLOGIQUE DE NESTORIUS
Le Livre d'Héraclide ne contient point un exposé systémalique et bien ordonné de la christo'ogie neslorienne. C'est péniblement qu'il faut en ramasser les éléments épars çà et là pour en avoir une idée d'ensemble. L'auteur est un vieillard quelque peu radoteur qui ne se lasse pas de répéter sa théorie, mais qui le fait chaque fois avec plus ou moins d'ampleur et de précision. De là, l'obligation de 16 lire jusqu'au bout, malgré le mortel ennui qu'il cause, malgré la tentation qu'on a de le quitter après quelques pages. Ici et là, un détail d'un grand intérèt vient éclairer d’une lumière nouvelle ce qu'on croyait avoir déjà parfaitement compris. Quand on ἃ fini, on s'aperçoit que la doctrine développée dans l'ouvrage est identique pour le fond à celle que renferment les Lettres el les homélies etqui provoqua les anathèmes du concile d'Éphèse. Nestorius dit vrai, lorsqu'il aflirme qu'il est toujours resté fidèle à ce qui élait pour lui l'orthodoxie. Un point capital cependant, qui restait dans l'ombre dans les Nesloriana recueillis par M. Loofs, est suffisamment mis en relief dans le Livre d'Héraclide : c’est la théorie de l'union des personnes ou prosüpons physiques aboutissant à un prosüpon unique.
Voici comment on peut résumer la conception neslorienne de l'union des deux natures en Jésus-Christ, telle qu'on la trouve exprimée dans le Livre d'Héraclide et dans les autres écrits qui nous restent de l'hérésiarque :
1° Comme il n'y ἃ pas de nature complète sans personnalité — Nestorius dit : « sans prosôpon nalurel » — et que Dieu le Verbe s'est uni à une nature humaine complète, il