‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 64 sur 197 · ML É · texte numérisé non relu

ML É

LE PROSOPON D'UNION 99

C'est en jouant sur le double sens du mot prosôpon que Nestorius arrive à se donner parfois les apparences de l’orthodoxie. Il faut toujours se souvenir que l'unité de prosôpon dont il parle ne répond pas à l'unité de personne réclamée par le dogme. Qu'est-ce donc que ce prosôpon unique ὃ C'est ce qu'il nous faut maintenant examiner.

$ II. — Le prosôpon d'union.

Nous avons dit qu’en terminologie nestorienne les mots : essence, nature, hypostase, personne, sont synonymes dans la réalité, du moins quand il s’agit de la christologie. Mais le terme qui désigne la personne, le mot prosôpon, ἃ une extension plus grande que les autres termes. Il y a plusieurs sortes de prosôpons. Toute nature, toute hypostase ἃ son prosôpon, le prosôépon naturel, mais tout prosôpon n'est pas nécessairement une hypostase, une nature, une essence unique.

« Bien que le prosôpon n'existe pas sans essence, cependant l’essence et le prosüpon ne sont pas la même chose » !.

En effet, en dehors du prosôpon naturel ou physique, inséparable de chaque nature, on peut distinguer un prosôpon artificiel, moral, dénominatif. Tenir la place de quelqu'un se dit : tenir le prosépon de ce quelqu’un?. En ce sens, On peut communiquer son prosôpon à autrui. Un roi communique son prosôpon à l'ambassadeur qui le représente et en qui il est présent moralement :

« Il en est de même d’un roi et seigneur qui a pris le prosôpon du serviteur comme son prosôpon, a donné son prosôpon au serviteur et ἃ fait connaître que lui-même est celui-là et que celui-là est lui-même : c’est dans le prosôpon du serviteur qu'il supporte les opprobres, et c’est dans le prosôpon du seigneur que le serviteur est honoré. »

C'est par cette dernière comparaison que Nestorius

2. P. 25, 118. Nestorius dit aussi : ils font figure (ργοβόροπ) d’orthodoxes, p. 30. Il parle du prosôpon des Romains. p. 327. 3. P. 52.

ταῦ δ où MI Se νὰ ET LA CONTROVERSE NESTORIENNE >)

Sf cheroherà: expliquer l’union des deux nalures-personnes en

7 \, Jésas:Christ. Le; Verbe et l’homme ont échangé mutuelle-

at Qu ns, et le résultat de cet échange, de ce e, est un prosôpon unique pour les deux :

« La divinité se sert du prosôpon de l'humanité, et l’humanité de celui de la divinité ; de cette manière nous disons un seul prosôpon pour les deux !.

» L'union des prosôpons a lieu en prosôpon, el non en essence ni en nature. On ne doit pas concevoir une essence sans hypostase, comme si l’union (des essences) avait eu lieu en une essence et qu'il y eût un prosôpon d'une seule essence. Mais les natures subsistent dans leurs prosôpons et dans leur nature, et dans le prosôpon d'union. Quant au prosôpon nalurel de l’une, l’autre se sert du même en vertu de l'union; ainsi, il n'y a qu'un prosôpon pour les deux natures. Le prosôpon d’une essence se sert du prosôpon même de l'autre. Mais quelle essence vas-tu faire sans prosôpon ? Celle de la divinité ou celle de l'humanité ὃ Alors tu ne diras plus que Dieu le Verbe est chair et aussi que la chair est Fils.

» Si tu attribues à Dieu le Verbe deux natures : Dieu et l'homme, et que l’homme ne soit rien, on ne peut penser de toi rien autre (que ce qui suit): ou bien tu ne reconnais qu’une humanité apparente, qui aurait servi à désigner le Verbe ; ou tu fais comme si l'humanité n'avait joué aucun rôle par sa nature dans le prosôpon de l'économie; ou tu veux que Dieu le Verbe se soit manifesté pour souffrir contre sa volonté les souffrances humaines*. »

Parmi les innombrables passages dans lesquels Nestorius répète sa théorie, au point d’agacer les nerfs du lecteur, celui qu'on vient de lire mérite particulièrement d'attirer l’attention. On y saisit bien ce qu'il faut entendre par prosôpon de l’union ou de l’économie et la différence radicale qu'il y a entre ce prosôpon unique, artificiel, ce masque trompeur, cette fiction, cette personne purement nominale, et l'unique per- sonne réelle, vivante, du Verbe incarné qui supprime le moi

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humain et en qui subsiste la nature humaine, selon l'enseignement de saint Cyrille et la doctrine de l’Église.

Gette union en un prosôpon unique ne peut être que morale ou accidentelle {. Nestorius dit : volontaire et amoureuse.

«Les natures qui sont unies volontairement reçoivent l'union, non en une seule nature, mais pour produire l’union volontaire du prosôpon de l’économie ?.

» Les deux natures sont séparées dans l'essence, mais sont unies par l’amour et dans le même prosôpon à.

» Par les actions, le Christ s’est fait une image (de Dieu), afin de vouloir ce que Dieu voulait, pour qu'il n’y eût dans les deux qu'une seule et même volonté et un seul prosôpon sans division; celui-ci est celui-là et celui-là est celui-ci, et pourtant l’un et l’autre subsistent #. »

Pour expliquer le prosüpon d'union, Nestorius aime à s'appuyer sur le fameux texte de l'épitre aux Philippiens (πα, 7-8) : Formam servi accipiens, in simililudinem hominum factus et habilu inventus ul homo :

«Il prit la forme du servileur; ce n’est pasl'essence de l’homme qui était la forme du serviteur ; mais celui qui la prit en fit son image el son prosôpon..….. Celui qui fut pris avail l'essence et la nalure de l'homme; mais celui qui prit fut trouvé homme par son aspect sans avoir la nature de l'homme. Car il ne prit pas la nature, mais la forme, la forme et l'apparence de l’homme dans lout ce que le prosôpon comporte, l'Apôtre racontant

1, Union morale, union accidentelle : ces deux expressions sont prises com munément comme synonymes. On peut cependant les distinguer. Union accidentelle s'oppose à union substantielle. L'union accidentelle peut être distinguée en union purement extérieure ou morale, v. g. l'union qui existe entre deux amis, et en union physique, v. g. l’union qui existe entre l’agent et le patient. L'union qui est créée entre Dieu et l'âme juste par la grâce est plus qu'une union purement extrinsèque ou morale, puisque la grâce est une participation physique de la vie divine. Comme d’après Nestorius l’union entre Dieu le Verbe et l’homme Jésus est de mème ordre que celle qui relie l’âme sainte à Dieu, on peut dire que la συνάφεια a quelque chose de physique. Il est cependant fort douteux que Nestorius ait vu dans la grâce une entité physique. Quoi qu'il en soit, nous avertissons le lecteur que dans le cours de cet ouvrage nous qualifierons indifféremment de morale ou d’accidentelle l’union des deux natures dans le système nestorien.

4. P. 63. A force d'insister sur l'unité de volonté, les Nestoriens ont fini par tomber dans le monothélisme. Nau, p. χει.

l'humilité de son aspect: Il s’humilia jusqu'à la mort et la mort de la croix, par laquelle il s'est anéanti (Philip. IE, 7, 8), afin de montrer dans la nature l'humilité de la forme du serviteur et de supporter l’opprobre chez les hommes. Car ils le méprisèrent, lui qui était dans un abaissement sans bornes. Il a aussi fait connaître la cause pour laquelle il prit la forme du serviteur, lorsque sous la forme des hommes il fut trouvé en apparence comme un homme ; il s’humilia jusqu’à la mort, la mort de la croix. Ce n’est pas dans sa nature qu'il souffrit cela, mais il se servit de celui qui souffre nalurellement, dans sa forme el dans son prosôpon, afin de lui donner par grâce dans son prosôpon un nom supérieur à lous les noms, devant qui tout genou pliera dans le ciel et sur la terre et en dessous de la terre. El loute langue le confessera (Philip. I, 9-11), afin que par sa similitude avec Dieu, et selon la grandeur de Dieu, 1] soit reconnu comme Fils, lui qui prit la forme du serviteur, qui fut dans la forme de l’homme, qui fut trouvé en apparence comme un homme, qui s'humilia jusqu'à la mort et la mort de la croix, et qui fut exalté, parce qu’il lui αἰ donné un nom supérieur à tous les noms, sous l’apparence de la forme du serviteur qui fut prise pour l’union. Celui-là ! est la forme du serviteur, non en apparence mais par essence, et cette forme fut prise pour la forme et l'apparence et l’humiliation jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi elle fut exaltée jusqu’à prendre un nom supérieur à tous les noms?. » L’Apôtre dit d’abord «la forme de Dieu », qui est la similitude de Dieu, et ensuite : « il prit la forme du serviteur », non pour l'essence, ni pour la nature, mais pour la similitude et le prosôpon, pour participer à la forme du serviteur et pour que la forme du serviteur participät aussi à la forme de Dieu, afin qu'il y οὐΐ nécessairement un seul prosôpon avec les deux natures. Car la forme est le prosôponà. »

Ce passage achève de nous montrer le côté fictif et artificiel du prosôpon d'union. L'union de deux natures n’est au fond qu’une union d'ordre moral. Le Verbe considère comme

1, Celui-là, c’est-à-dire l'homme, par opposition au Verbe, 2. P. 145-146.

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sienne la personne humaine; il se l’approprie par bicnveillance, par affection; à son tour, la personne humaine considère comme sienne la personne du Verbe et lui est étroitement unie par l'amour. C'est un don mutuel comme celui qui se fait par l'amitié : le mien est le tien et le tien

est le mien.

Le Christ et les saints.

Cette amitié entre Dieu le Verbe et l’homme Jésus est d'ailleurs sans égale. C'est une intimité unique, ἄχρα συνάφειχ, se perdant dans les régions du mystère. Si l’on pouvait imaginer un milieu entre l'union physique et substantielle et l'union accidentelle et morale, il faudrait dire que ce milieu répond à la συνάφεια nestorienne, tellement elle est intime et dépasse l'union ordinaire entre l’âme et Dieu par la grâce. Dieu sans doute s’est communiqué à certains justes d’une manière particulière, mais jamais cette union n'a abouti à la communauté des prosôpons :

« Jamais on n’a vu que quelqu'un se soit servi du prosôpon de Dieu en son propre prosôpon, soit parmi les prophètes, soit parmi les anges. Mais le Christ Notre-Seigneur a dit : Le Père el moi nous sommes un (Jean x, 30), — Celui qui me voil, voit Dieu (Jean x1v, 9). — Ce que Dieu fait, moi aussi je le fais comme lui (Id. x, 37). — De même que Dieu a la vie en lui-même et qu'il la donne à ceux à qui il veut la donner, de même je donne la vie, moi aussi, à ceux à qui je veux la donner (Id. v. 26). — Si vous ne croyez pas en moi, croyez du moins à mes œuvres, parce que Dieu el moi nous sommes un (Jean x, 38). Personne parmi les prophètes ni parmi les anges n'a osé parler de la sorte; mais dans leurs actes ou leurs paroles, ils s'expriment ainsi: «Le Seigneur a dit, » et non pas : «Eux-mêmes ou Dieu » ; et dans tout ce qu'ils ont dit ou fait, (ils ont déclaré) que c'était Dieu (qui le faisait ou le disait) par leur intermédiaire !. »

1. P. 49. Voir des déclarations analogues dans les Nestoriana de Loofs, p. 289- 291. Il a reproché plus haut, p. 43, aux Photiniens de dire que la forme du Verbe

était dans le Christ de la même manière que les saints ont été la demeure de Dieu.

Est-ce par sa propre vertu que l’homme Jésus s’est élevé à ce degré inouï d'intimité avec Dieu? En aucune façon. Son exaltation, il la doit à la bienveillance gratuite du Verbe.

«Ce n’est ni par suite du progrès des actions humaines, ni par suite de la science et de la foi, mais c’est par une disposition bienveillante qu'il en a été ainsi... Le Christ est également Dieu et homme : forme de Dieu dans la condescendance, dans l’abaissement et dans l’apparence (extérieure), et forme de la chair comme homme. Et l’homme est dans l’exaltation ce qu'est Dieu, grâce au nom qui est au-dessus de tous les noms !. »

«Le second homme (le second Adam, 16 Christ) a été créé par le Saint-Esprit et par la vertu du Très-Haut, et c’est de lui qu'il a reçu d’être « saint» et « Fils de Dieu ». Il n’est pas saint comme les autres hommes, par suite de son obéissance dans la foi et dans les œuvres, mais c’est dès sa génération, par la création du Créateur, qu'il a reçu son prosôpon créé, de sorte qu'il n’a pas été d’abord homme, mais Homme-Dieu dès le premier instant par l’Incarnalion de Dieu, qui est en lui ce qu'était Dieu dans le premier homme ?. »

Cette dernière phrase semble établir une assimilation complète entre le second Adam et le premier. Ce n’est pas 1 seul endroit où Nestorius s'exprime de la sorte :

«Dieu l’appelle «saint» et «Fils», dès sa création, pour indiquer l’image et la ressemblance quele premier homme ἃ reçues dans la création et qu'il n’a pas gardées 5. »

«Adam fut honoré comme le Christ#. »

Il ne semble pas cependant qu’il faille prendre ces expressions en toute rigueur, «car le Christ a reçu un honneur tel qu'il n’y en a pas de plus élevé que lui, de même que son obéissance a été sans égale ÿ. » Adam n'a pas été gratifié de l'union en prosépon. N

5. P. 66. Cf. p. 58 : Dieu a donné au second homme (comme au premier) son image de gloire... mais d’une autre façon : il a donné l’image de Dieu et il a pris la forme du serviteur en prosôpon.

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Bien qu'uni au Logos dès sa conception, l'homme Jésus ἃ resserré progressivement les liens de cette union. Il a passé par une période laborieuse de tentation et de combat, durant laquelle il a ressenti les attraits du mal; mais il est resté fidèle à Dieu et a remporté sur Satan une victoire complète au désert. Après cette victoire, il a été confirmé dans le bien. Dieu l’a proclamé son Fils bien-aimé au Jourdain, et désormais sa vie a été tout entière pour le salut des hommes :

« De même qu'un fils, tant qu'il est encore jeune, ne possède

pas le pouvoir d'hériter ou d'être maître absolu de tout, si:

ce n’est par obéissance, de même aussi la forme du serviteur, qu'il a prise pour son prosôpon, il l'a admise comme une forme de serviteur, non pour la puissance, mais pour l'obéissance... Il a pris la nature qui a péché, de peur qu'en prenant une nature incapable de pécher, son impeccabilité [ἀξ attribuée à la nature et non à l’obéissance. Aussi a-t-il eu toutes les choses qui font partie de notre nature, la colère, la concupiscence, les pensées (mauvaises) ; (les passions) se sont développées en lui avec l’âge ; et cependant il s’est maintenu ferme dans ses sentiments d'obéissance.

» Il a obéi ponctuellement à tous les commandements, pour que sa victoire ne parût point facile ; ce n’est point en matière agréable et honorable qu'il a pratiqué l'obéissance, mais en tout ce qui était humble, vil, méprisable et coûtait (à la nature)...

» Privé de tout (attrait) et sollicité violemment par des tendances contraires, il ne s’est détourné en rien de la volonté de Dieu, bien que Satan ait tout fait pour l’en éloigner. Satan lui faisait la guerre, parce qu'il ne voyait personne s'occuper de lui. /! ne semble pas en effet qu'au commencement il ait fail des miracles, ni qu'il ait eu le pouvoir d'enseigner, maïs seulement d'obéir et d'observer tous les commandements. Il vivait avec tous les autres hommes, et la multitude des préceptes lui montrait l'empire de la désobéissance ; mais il se conduisit avec vaillance au milieu de tous... Quand il mangeait et buvait, il observait tous les préceptes, et là où il y avait de la difficulté et de la peine, il restait ferme dans sa résolution, parce que sa volonté était rivée à celle de Dieu et qu'il n y

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avait rien qui püût le détourner de lui. Ce n’est pas en effet pour lui-même qu'il vivait, mais pour celui dont il avait le prosüpon..….

» Parce qu'il était en tout rempli d’obéissance, pour l’augmenter encore, il reçut le baptème de Jean comme tout le monde. Il n’en avait pas besoin, puisqu'il était sans péché, mais il voulut le recevoir pour une plus grande obéissance..… Sa parfaite obéissance le poussait à ne rien demander ni exiger pour son propre prosôépon (sa propre personne), mais pour le prôsopon de celui dont il avait le présopon... C'est pourquoi le Père l’a montré du haut du ciel en disant : Tues mon Fils bien-aimé; en loi je me suis complu (Matth. 1, 17). L'Esprit-Saint est descendu sous la forme d’une colombe et a reposé sur lui; on ne dit pas que le Fils soit descendu, parce que c’est le Fils qui a pris le prosépon et qui a fait de ce qui lui appartient son propre prosépon, d'une manière indivisible. C’est pourquoi il est un, même dans la naissance de la chair...

» Pour ne pas laisser croire que c'était seulement parmi les hommes qu'il observait les commandements, il alla seul au désert pour être tenté et vaincre, privé de tout secours extérieur. Il atteignit ainsi la plus haute perfection à laquelle puisse arriver une nature corporelle... Il confondit le calomniateur ; il éleva son âme jusqu’à Dieu en conformant sa volonté à la sienne !. »

« Désormais, parce qu'il a été vainqueur et a triomphé en toutes choses, il reçoit, pour récompense de sa victoire, le pouvoir de prêcher et d'annoncer l'Évangile du royaume des cieux... IL a été envoyé pour instruire tous les hommes et pour faire des signes, des miracles, des guérisons, et tout le reste... Jusqu'au moment de sa victoire, il combattit pour affermir en lui l’image divine. Quand il eut achevé le travail de sa perfection à travers toute sorte de tentations, il agil désormais pour nous et fil tous ses efforts pour nous délivrer de l’oppression du tyran, pour nous attirer à lui, faire de nous tous les enfants de son royaume, les associés, les héri-

1, P. 59-62. Sur les progrès du Christ, voir Loors, p. 235-236. Cf. le Livre d’Héraclide, p. 216. |

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