‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 65 sur 197 · AC ΕΣ · texte numérisé non relu

AC ΕΣ

αι DR RC RER PU VAT PARTNERS SAV TOR OT, 17 UM LA (ina MR Ÿ!

LE PROSOPON D'UNION 107

tiers et les enfants de Dieu. La défaite du tyran était complète, sa domination renversée, sa puissance détruite. Sa propre victoire n'a pas sufli au Christ; il a aussi combattu pour que nous soyons vainqueurs à son exemple {. »

Le Christ que nous dépeint ici Nestorius est bien un homme et non un Dieu. Le Fils de Marie se présente à nous comme l'un d’entre nous. Soumis à la lutte morale, à la tentation intérieure, il triomphe du mal par sa volonté personnelle, Une seule chose le distingue du reste des mortels : c'est une intimité plus grande avec Dieu le Verbe, intimité mystérieuse et mal définie par laquelle Dieu et l'homme se communiquent respectivement leurs personnalités et les noms qui les désignent.

Les comparaisons et la terminologie.

Les comparaisons auxquelles Nestorius a recours pour faire comprendre sa théorie, suggèrent l’idée d’une union morale et extrinsèque. Nous avons déjà signalé la comparaison du roi qui veut qu'on considère son serviteur comme lui-même. En voici d’autres

« Que le corps ait été le temple de la divinité de Dieu le Verbe, et que le temple ait été uni par une adhésion loul intime (συνάφειχ) à la divinité, au point de s’attribuer ce qui lui est propre, c'est beau à confesser et conforme à la tradition des Évangiles ; mais il ne faut pas dire qu'il le prit pour son essence ?. Quelle est donc cette autre union hypostatique que tu veux m'enseigner (il s'agit de Cyrille), qui consiste « en une union sublime, divine et ineffable ? » Je n'en sais rien, à moins qu'il ne s'agisse d’un prosépon où celui-ci est celui-là et celui-là celui-ci 3. »

Cette. habitation de Dieu le Verbe dans le Christ est d’ailleurs unique en son genre et diffère de celle dont

2, Pour son essence, c’est-à-dire pour le faire subsister dans l’unité de sa personne.

les justes et les serviteurs de Dieu sont favorisés

« Quoique l'humanité (que le Verbe ἃ prise) de nous porte, comme médiateur, le prosôpon de Dieu, seulement par appropriation, cependant Dieu habite en elle par son essence, et cette habitation est telle qu’elle aboutit à un seul prosôpon!; car il n'y a qu’un seul prosôpon, qui est le même pour celui qui est révélé et pour celui qui doit être révélé... Dieu est en vérité dans toutes les créatures; c’est en lui que nous sommes (Act. xvir, 18); mais bien qu'il soit en tous, il est dit avoir habité en certains hommes ; pour d’autres, il est dit qu'il n’est pas même leur Dieu. Il n’est pas dit qu'il ἃ habité dans tous les hommes de la même façon, mais suivant son amour ; pour certains d’entre nous, il est dit qu'il habite en nous comme dans sa maison ; c’est le cas des simples fidèles ; dans d’autres, bien que son action se fasse sentir, ce n’est pas de la même façon, mais par augmentation ou diminution; dans d’autres, c’est comme dans tous les apôtres; dans d’autres, c'est comme dans les prophètes ; dans d’autres, c’est comme dans les docteurs, et dans d’autres, c’est selon la division des dons (1 Corinth. xxx, 26).

» Il habite dans celui-ci, dans celui-là, dans tel autre, il agit en tous, mais tous ne sont pas égaux et ne sont pas semblables les uns aux autres ; cela dépend de l’amour de celui qui habite en eux. Les uns possèdent le premier rang, les autres le second, et ainsi de suite; ils se rattachent et s'unissent les uns aux autres, de la même manière que les membres le sont dans le corps. Mais le Christ est la tête de tous (Col. 1, 18), et c’est en lui que tous sont unis. De même, Dieu le Verbe est la têle du Christ; car de même qu'il est pour nous la têle et le prosôpon, de même aussi Dieu le Verbe est sa lêle el son prosôpon dans l’Incarnalion 3. » |

Il y ἃ donc une gradation ascendante de l'habitation divine, depuis le dernier des justes jusqu’au Christ. Celuici occupe le sommet, que personne autre ne peut atteindre,

1. Nous nous écartons ici un peu de la traduction de Nau, mais sans modifier,

croyons-nous, le sens du passage.

Page 1