Ibid., p. 303. Cf. p
ἀνθρωποτόχος, il faut expliquer le premier terme, de manière à éviter toute signification erronée :
La Vierge est par nature mère de l'homme, mais par la manifestalion mère de Dieu. Si tu dis qu'il est né d’elle par manifestation et non par nature, cela signifie qu'il sortit uni à celui qui naquit d’elle dans la chair !. »
On sent cependant que ces concessions sur l’emploi du θεοτόχος sont faites à contre-cœur :
« Je l’ai dit bien souvent : s’il est quelque bonne âme, ici ou ailleurs, qui affectionne 16 mot θεοτέόχος, je n'ai aucune haine pour ce mot; seulement, qu’on ne fasse pas de la Vierge une déesse ?.
Si le Christ est Dieu, et si le Christ a été enfanté par la bienheureuse Marie, comment la Vierge n'est-elle pas Mère de Dieu (θεοτόχος) ὃ Je ne cache rien de leurs objections, car celui qui aime la vérité s’objecte à lui-même toutes les inventions du mensonge... Une femme n'est pas appelée mère de l’âme, ψυχοτόχος, parce qu’elle ἃ engendré un vivant, mais plutôt mère de l'homme, ἀνθρωποτόχος. De même la Sainte Vierge, bien qu’elle ait enfanté un homme auquel est venu s'unir Dieu le Verbe, n’est pas pour cela mère de Dieu, θεοτόχος ; car ce n’est pas de la bienheureuse Vierge que la dignité du Verbe tire son origine, mais il était Dieu par nature 5. »
« Je leur ai souvent demandé : « Dites-vous que la divinité a été engendrée par la Sainte Vierge ?.. Ces paroles les font bondir : « Qui peut, disent-ils, soutenir un pareil blasphème et dire que celle qui a engendré le temple a engendré Dieu le
1. Le Livre d’Héraclide, p. 173. Marie est mère de Dieu par manifestation, she πρὴν : Dieu se sert du fils de Marie Dour se manifester.
. Εἶπον δὲ ἤδη πλειστάχις, ὅτι εἴ τις ἢ ἐν ὑμῖν ἀφελέστερος, εἴτε ἐν ἄλλοις τισὶ χαίρει τῇ τοῦ « θεοτόχος » φωνῇ, ἐμοὶ πρὸς τὴν φωνὴν φθόνος οὐκ ἔστι" μόνον μὴ ποιείτω τὴν παρθένον θεάν. Loors, Pr 353.
3. Εἰ θεὸς ὁ Χρσιτὸς, ἐτέχθη δὲ ὁ Χριστὸς ἐκ τῆς μαχαρίας Mapius, πῶς οὐχ ἔστιν À παρθένος θεοτόχος ; Οὐδὲν ide τῶν παρ᾽ αὐτῶν ἀντιθέσεων - ὁ γὰρ τῆς ἀληθείας ᾿ ἐραστὴς πάντα τὰ παρὰ τοῦ Ψεύδους ἑαυτῷ προσλαδὼν ἀντιτίθησιν... Ὥσπερ οὐκ ἂν λέγοιτο γυνὴ Ψυχοτόχος, ὅτι ἔμψυχον ἐγέννησεν, ἀνθρωποτόχος δὲ μᾶλλον, οὕτω χαὶ ἡ ἁγία παρθένος, χαὶ εἰ τέτοχεν ἄνθρωπον συμπαρελθόντος αὐτῷ τοῦ Θεοῦ Λόγου, ἀλλ᾽ οὐ διὰ τοῦτο θεοτόχος * οὐ γὰρ παρὰ τῆς D παρθένον τὸ ἀξίωμα τοῦ Λόγον, ἀλλ᾽ Ἦν φύσει θεός. Loors, p. 352.
Verbe lui-même ? Cela reviendrait à dire que Dieu a été créé en elle par le Saint-Esprit. » — Là-dessus, lorsque j'ajoute : « Que disons-nous de déplacé, nous autres, lorsque nous conseillons d'éviter ce mot (θεοτέχος) et d'employer les termes communs qui désignent les deux natures ? » — mes paroles leur font l'effet d'un blasphème. Confesse donc clairement que la divinité a été engendrée de la bienheureuse Marie ; mais si tu vois là un blasphème, pourquoi, tout en parlant comme moi, fais-tu semblant de dire autre chose 19»
Le nom par lequel il convient de désigner la Vierge Marie est celui de Mère du Christ, χριστοτόχος. On peut aussi l'appeler « Mère du Seigneur » ou « Mère de l’'Emmanuel » :
« Lorsque la Sainte Écriture veut parler de la naissance du Christ de la bienheureuse Vierge, comme aussi de sa mort, on ne voit nulle part qu'elle emploie le mot « Dieu », mais ou le mot « Christ » ou « Fils » ou « Seigneur », parce que ces trois termes signifient les deux natures, tantôt l’une, tantôt l’autre et tantôt les deux ?. »
« Si quelqu'un dit que celui qui est l'Emmanuel est Dieu le Verbe et non Dieu avec nous... et si quelqu'un appelle la Sainte Vierge Mère de Dieu le Verbe et non pas plutôt Mère de celui qui est l'Emmanuel, qu'il soit anathème ὃ. »
Dès le début de la controverse, Neslorius proposa le mot χριστοτόχος Comme tenant le juste milieu entre deux extrêmes également inacceptables, entre θεοτόχος et ἀνθρωποτόχος, entre l’arianisme et l’apollinarisme d’une part, le paulianisme
1. Ἠρώτησα πολλάχις αὐτοὺς « τὴν θεότητα λέγετε γεγεννῆσθαι ἐχ τῆς ἁγίας παρθένου; » ᾿Αποπηδῶσιν εὐθὺς πρὸς τὸ ῥῃμα - « καὶ τίς τοσαύτην βλασφημίαν νοσεῖ, ὥστε ἐχείνην τὴν γεννήσασαν τὸν ναὸν λέγειν (γεννῆσαι αὐτὸν τὸν Θεὸν Λόγον " τοῦτο γὰρ ἂν εἴη λέγειν) παρὰ τοῦ Πνεύματος τὸν Θεὸν ἐν ἐχείνη ἐχτίσθαι. Εἶτα, ὅταν ἐπαγάγω πρὸς ταῦτα " » τί οὖν ἄτοπον Ἡμεῖς λέγομεν, GUUÉOUREUOVTES φεύγειν τὴν φωνὴν χαὶ ἔρχεσθαι ἐπὶ τὸ χοινὸν σημαινόμενον τῶν δύο φύσεων; » τότε νομίζεται αὐτοῖς εἶναι βλάσφημον τὸ λεγόμενον. Loors, p. 353. Nestorius est vraiment un peu obtus.
2. Ὅταν οὖν ἣ θεία γραφὴ μέλλῃ λέγειν ἢ γέννησιν τοῦ Χριστοῦ τὴν Ex τῆς μαχαρίας παρθένου, ἢ θάνατον, οὐδαμοῦ φαίνεται τιθεῖσα τὸ « θεὸς », ἀλλ᾽ ἢ « Χριστὸς » ἢ « Υἱὸς » ἢ « Κύριος », ἐπειδὴ ταῦτα τὰ τρία τῶν δύο φύσεων ἐστὶ σημαντιχά, ποτε μὲν ταύτη:, ποτὲ δὲ ἐχείνης, ποτὲ δὲ ταύτης xœxcivns. Looës, pp. 273-274. Nestorius ne paraît pas avoir formé les mots « χυριοτόχος » et « υἱοτόχος ». Il s'est contenté de χριστοτόχος.
3, 1er contre-anathème contre Cyrille. Loors, p. 212.
(doctrine de Paul de Samosate) et le photinisme de l’autre. Il écrivait au Pape Célestin :
« Si aestimemus duas sectas contrarias sibi stare, et harum altera hanc vocem proferat solam « θεοτόχος », altera vero illam solam ἀνθρωποτόχός, et utraque secta ad suam confessionem trahat, aut, si hoc non impetraverit, periclitetur de Ecclesia cadere, necesse erit jactatae huic rei deputatum, habentem pro utraque secta curam, mederi periculo utriusque partis ex.voce ab evangeliis tradita, quae utriusque
naturae significatrix sit; horum enim, sicut dixi, assertio- .
nem temperat vox illa, quae est χριστοτόχος, quia et blasphemium Samosateni removet, quod est dictum de omnium Domino Christo tanquam puro homine, sed et Arii et Apollinaris malitiam fugat!. »
Chrislotocos, tel est le palladium de l’orthodoxie que Nestorius voulait imposer à toute l'Église. Il y revient sans cesse dans ses lettres et ses homélies. Si sa pensée avait été orthodoxe, si le mot χριστοτόχος n'avait pas signifié pour lui « mère d’une personne humaine unie à la personne du Verbe », on aurait pu le féliciter d’avoir tracé la voie royale, la voie du milieu. Mais il a rendu ce terme suspect aux oreilles orthodoxes, en lui faisant porter une hérésie, toute son hérésie, et saint Cyrille et l'Eglise ont eu raison de maintenir énergiquement contre lui le θεότόχος.
Comme l’a très bien dit Gengler, « ce ne fut pas seulement une question de mots qui agita l’Église au milieu du v° siècle, alors que les anciennes discussions étaient à peine terminées ; il s’agissait d’un ensemble de principes qui menaçaient de bouleverser ce qu'il y avait de plus intime dans la foi chrétienne ; ce système ne voulait pas s’accommoder de l'expression θεοτόχος. Contre cette fausse théorie dans laquelle Nestorius avait donné tête baïissée, l'expression θεοτόχος fut comme le drapeau de la foi chrétienne orthodoxe, et il joua, au v° siècle, dans les nouvelles discussions, le rôle qu'avait joué le mot ὁμοούσιος dans l'histoire de l’arianisme. C’est ce que vit très clairement saint Cyrille ; il l'ex: