‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 75 sur 197 · Epist. III ad. Caelestinum. Loors, p · texte numérisé non relu

Epist. III ad. Caelestinum. Loors, p

prima très catégoriquement, et demeura persuadé que tel était le rôle de ce mot dans le cas ; il compare l'expression θεοτόχος avec l'expression ὁμοούσιος ; et de même que l’illustre Athanase a sauvé la foi chrétienne sur le Logos par sa défense aussi obstinée que sage 46] ὁμοούσιος, de même Cyrille, en défendant le θεοτόχος, a maintenu l’orthodoxie touchant l'Incarnation du Logos !. »

Un propos fameux de Nestorius.

M. Bethune-Baker a consacré tout un chapitre de son ouvrage sur MVestlorius et sa doctrine? à un propos tenu par l'hérésiarque à Théodote d’'Ancyre et rapporté par celui-ci, à la première session d'Ephèse, dans les termes suivants :

« Ce que Nestorius a dit dans les lettres à ta Piété (à Cyrille), à savoir qu'il ne faut point attribuer à Dieu, c'est-à-dire au Fils unique, les choses humaines, il me l’a répété dans cette conversation ; il a dit: « Il ne convient pas de dire de Dieu qu'il a sucé le lait, ni qu'il est né d’une Vierge »; οἱ 1] a répété bien souvent qu'il ne fallait pas dire de Dieu qu'il était âgé de deux mois ou de trois, διμιηναΐῖον ἢ τριμιηναΐον μιὴ δεῖν λέγεσθαι θεόν 3, »

Nous traduisons : « Il ne faut pas dire que Dieu ἃ eu deux mois ou trois », mais on peut tout aussi bien, et peut-être mieux, rendre l'original en renversant la proposition : « Il ne faut pas dire qu’un enfant âgé de deux mois ou trois est Dieu. » C’est sous cette forme que l'historien Socrate rapporte les paroles de Nestorius : « Je ne saurais appeler Dieu celui qui a eu deux et trois mois : Εὐγὼ τὸν γενόμενον διμιηναῖον χαὶ τριμηναῖον οὐχ ἂν θεὸν ὀνομάσαιμι *. » Préoccupé d'établir

1. À. GEXGLER, Ueber die Verdammung des Nestorius, dans Tübinger theolog. Quartalschrift, 1835, t. Il, p. 216.

3. Maxsi, t. IV, col. 1181. Le Livre d’Héraclide, p. 181. Saint Cyrille rapporte

le même propos dans une lettre aux clercs de Constantinople. Epistol. XXII. P. G.,t. LXX VII, col. 131 sq.

4. SOCRATE, Histoire ecclésiastique, lib. VII, cap. xxx1v. ν. G., t. LX VII, col.813 C.

l'orthodoxie du condamné d’'Ephèse, M. Bethune-Baker adopte la première traduction, favorisée par le syriaque du Livre d'Héraclide, et il essaie de prouver qu'elle est susceptible d’un sens orthodoxe; mais, selon nous, il ἃ perdu sa peine. Même s'il était vrai qu'à l’époque de Nestorius la communication des idiomes n’eût pas été généralement reçue dans l'Église — et nous croyons que ceux qui ne l’acceptaient pas étaient l'exception! — sur les lèvres de Nestorius, la phrase : «Je ne dis pas que Dieu ἃ eu deux mois ou trois », exprime la même idée que les autres textes que nous avons cités sur la maternité de Marie : Marie n’est pas Mère de Dieu le Verbe, Dieu n’est pas né d'elle, mais elle ἃ enfanté un homme, une personne humaine, unie à Dieu le Verbe.

C'est du reste en ce sens que Nestorius lui-même explique ses paroles dans le Livre d'Héraclide?. Il se défend d’avoir voulu nier la divinité du Christ, mais il répète qu’on ne peut pas attribuer à Dieu la naissance d’une femme. Théodote d’Ancyre ne paraît pas avoir compris autrement le propos, puisqu'il déclare que ce que Nestorius lui a dit en conversation revient à ce qu'il a affirmé dans ses lettres à Cyrille, à savoir qu'il ne faut pas attribuer à Dieu le Verbe les choses humaines. La seconde traduction : « Je ne saurais appeler Dieu un enfant âgé de deux et trois mois », peut paraître, à première vue, une négation brutale de la divinité du fils de Marie », mais en réalité, saint Cyrille et les Pères d'Ephèse connaissaient trop bien les distinctions et les subtilités de l'hérésiarque, pour se méprendre sur la véritable portée de ses paroles. On savait qu’il maintenait à sa manière la divinité du Christ; ce qu'on lui reprochait, c'était de dédoubler le Christ en deux personnes, et par là de nier que le Fils né de Marie füt Dieu au sens propre du mot.

1. Cf. G. Vorsix, L’apollinarisme, Ὁ. 294-297. Il n'y eut guère que les docteurs antiochiens, adversaires d’Apollinaire et disciples dé Diodore et de Théodore, à nier la communication des idiomes.

La divinité du Christ.

Comme on a pu le voir par plusieurs des textes déjà cités, Nestorius se défend de nier la divinité du Christ. Il traite d'hérétiques ceux qui font de lui un pur homme. Le mot « Christ » en effet désigne les deux natures-personnes unies en prosôpon. Mais a-t-il consenti à appeler « Dieu » le fils de Marie, la personne humaine ? Oui, de la même manière qu’il a concédé que la Vierge pouvait être appelée 02575455. Le nom de Dieu est communiqué à celui qui est né, parce qu'il est inséparablement uni à Dieu le Verbe. Bien que, considéré en lui-même, il ne soit pas Dieu, il participe aux honneurs divins en vertu de l'union en prosôpon. Il est adoré avec Dieu le Verbe, Pour les deux, il y ἃ même dignité, même honneur, même puissance, même autorité

« Je dis que l'homme en nature esten dehors dela nature de Dieu le Verbe, mais il est Dieu par cette union qui a eu lieu dans le prosôpont. »

« Nous appelons Dieu le Christ selon la chair, à cause de son adhésion avec Dieu le Verbe, le reconnaissant pour un homme, en ce qu'il paraît extérieurement. Écoute Paul proclamant les deux choses : « Des Juifs provient le Christ selon la chair, lui qui est Dieu au-dessus de lout (Rom. 1x, 15). 1} confesse l’homme d'abord, et ensuite, à cause de son adhésion avec Dieu le Verbe, il appelle Dieu ce qui est visible, pour que personne ne pense que le christianisme adore l'homme?. »

« Les deux natures ont une autorité unique, une seule puissance ou pourvoir et un seul prosôpon selon une dignité unique et le même honneurë. »

« Souvenez-vous toujours de ce que je vous ai dit souvent sur la distinction des deux natures du Seigneur Christ ; elles sont doubles par la nature, mais ne font qu’une par la

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