bid., p
2, Loors, p. 248-2149. Le Livre d'Héraclide, p. 178. Voir plus haut, p. 116.
3. Τῶν δύο φύσεων μία ἐστὶν αὐθεντία χαὶ μία δύναμις ἤτοι δυναστεία χαὶ ὃν πρόσωπον χατὰ μίαν ἀξίαν καὶ τὴν αὐτὴν τιμήν. Loors, p. 196.
dignité; car l’autorité des natures est unique, à cause de l'union (διὰ τὴν συνάφειαν). Les natures restent toujours à leur rang respectif, mais la dignité, comme je l'ai déjà dit, se fond dans une autorité unique. »
La dignité étant unique, l’adoration l'est aussi, mais elle atteint la personne humaine par l'intermédiaire de la personne divine qui lui est unie :
« L'homme est adoré avec Dieu, et il n’y a pas deux adorations mais une, car par cette unique adoration de cette unique essence, l’autre est aussi adorée. Il n’est pas adoré en effet d’une adoration propre, celui qui est adoré avec l’autre, mais tous les deux le sont ensemble. Dans l’adoration de l’un, l’autre, qui est avec celui qui est adoré, l’est aussi ; il lui est nécessairement uni et non séparé. Car celui qu’on adore ne peut pas ne pas l'être, ni l'être en dehors de celui dans lequel il est; on ne peut pas non plus l’adorer sans que celui dans lequel il reçoit l'adoration le soit aussi. Il n’est pas adoré en effet dans son prosôpon, mais dans le prosépon qui lui est uni et qui est commun, à cause de l’union 2. »
« C’est celui-ci (le Christ homme) qui disait : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? C'est celui-ci qui a supporté la mort durant trois jours, et je l'adore avec la divinité... À cause de celui qui revêt le vêtement j'adore celui-ci; à cause de celui qui est caché, celui qu'on voit. Dieu n’est pas séparé de celui qui est visible. C'est pourquoi je ne sépare pas l'honneur de celui qui n’est pas séparé. Je sépare les natures et j'unis l’adoration. Ce n'est pas Dieu considéré en lui-même qui a été formé dans le sein, ni Dieu en lui-même qui a été créé par le Saint-Esprit, ni Dieu en lui-même qui a été enseveli dans le tombeau, car s’il en était ainsi nous serions évidemment des anthro-
+ Μέμνησθε δέ που πάντως χαὶ τὰ πολλάχις μοι πρὸς ὑμᾶς εἰρημένα τὰς διπλᾶς πρὸς τὸν δεσπότην Χριστὸν διακρίνοντι φύσεις " διπλαῖ μὲν γὰρ τῇ φύσει, τῇ δὲ ἀξία μοναδικαί. Ἡ γὰρ τῶν φύσεων αὐθεντία διὰ τὴν συνάφειαν μία, τῶν μὲν φύσεων ἐν τῇ οἰχείᾳ τάξει διαπαντὸς μενουσῶν, τῆς δὲ ἀξίας συνημμένης, ὡς προεῖπον, εἰς αὐθεντίαν μοναδικήν. Loors, p. 354. Voir encore sur l’unité de puissance et de dignité. Loors, pp. 280-281, 298-299.
polâtres et des nécrolâtres. Mais parce que Dieu est dans celui qui a été pris, celui-ci est appelé Dieu à cause de celui qui l’a pris!. »
Inutile de multiplier les citations. L'air peut changer ; c'est toujours la même chanson. Nestorius ferait de judicieuses distinctions et parlerait en bon théologien, s'il voyait en Jésus-Christ une seule personne ; mais il en aperçoit toujours deux. C'est là toute son erreur.
$ V. — Le mélange des termes concrets et des termes abstraits.
Ce qui déroute le plus au premier abord quand on lit Nestorius, c'est le mélange continuel qu'il fait des termes concrets et des termes abstraits. Ce mélange s'explique chez lui tout naturellement, par le fait qu'il n’a pas la conception d'une nature qui ne soit pas en même temps une personne. Nature humaine et humanité signifie un homme, une personne humaine. De même, divinité, nature divine, désigne, quand il parle de l’Incarnation, la personne du Verbe et vice versa?. C’est pourquoi le mot θεοτόχος éveille
1. Διὰ τὸν φοροῦντα τὸν φορούμενον GÉGW, διὰ τὸν χεχρυμμένον προσχυνῶ τὸν φαινόμενον - ἀχώριστος τοῦ φαινομένου Θεὸς, διὰ τοῦτο τοῦ μή χωριζομένου τὴν τιμήν οὐ χωρίζω, χωρίζω τὰς φύσεις, ἀλλ᾽ ἑνῶ τὴν προσχύνησιν... Οὐ χαθ᾽ ξαυτὸ Θεὸς τὸ πλασθὲν ἐπὶ μήτρας, οὐ καθ᾽ ἑαυτὸ Θεὸς τὸ ταφὲν ἐπὶ μνήματος --- οὕτω γὰρ ἂν μεν ἀνθρωπολάτραι καὶ νεχρολάτραι σαφεῖς --- ἀλλ΄ ἐπειδὴπερ ἐν τῷ ληφθέντι Θεὸς, ἐχ τοῦ λαδόντος ὁ ληφθεὶς ὡς τῷ λαδόντι συναφθεὶς συγχρηματίζει Θεός. Loors, p. 202. Le Livre d’Héraclide, p. 209.
2. Dans un passage de la Tragédie, Nestorius distingue entre le mot « Dieu » et le mot « divinité », et il reproche à saint Cyrille d’avoir substitué le premier au second, en citant une de ses phrases. « Marie n’a pas enfanté la divinité », avait dit Nestorius, et non : « Marie n’a pas enfanté Dieu », comme le fait parler Cyrille. Mais la manière dont il explique cette distinction montre que pour lui le mot « divinité » a toujours un sens concret et désigne Dieu le Verbe. Le mot « divinité » désigne seulement la substance divine, la personne divine, et ne peut s'appliquer en aucune manière à l'humanité, c’est-à-dire à la per. sonne humaine. Le mot « Dieu », au contraire, peut être rapporté au prosôpon
d'union et à la personne humaine, parce que celle-ci est unie au Verbe, c’est-à-
dire à la substance divine, comme s‘exprime Nestorius : Hic vero multum differt dicere « deum » et dicere « deitatem » ; nam hoc quidem substantiam divinam incor poreamque significat, carnem vero nequaquam..…. ; vox autem qua dicimus « Deus », et templo divinitatis est apta, quod unitate (συναφεία) ad divinam substantiam Dei obtinet dignitatem, non tamen in divinam substantiam permutatum est. Loors, p. 205. Petau, De Incarnatione, lib. VI, cap. v, 4, 5, avait déjà noté ce mélange des termes concrets et des termes abstraits chez Nestorius. M. JUGIE. — NESTORIUS 9
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