‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 86 sur 197 · Le Livre d’Héraclide, p. 179. Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

Le Livre d’Héraclide, p. 179. Voir plus haut, p

6. Nemoigitur neque eum qui secundum carnem ex Judaeis est, dicat Deum, qui est super omnia. Ad baptizandos, col. 1016 B.

7. Nous avons déjà donné, p. 29, le texte principal où Théodore explique en quel sens on peut appeler Marie ἀνθρωποτόχος et en quel sens θεοτόχος.

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être fils d'Abraham ni fils de David. Il n'est pas né deux fois, une fois avant les siècles, une autre, dans les derniers temps !. Pas plus que la naissance temporelle, la passion, la mort et la résurrection ne sauraient lui être attribuées. Si l'on dit que Dieu a été crucifié, ce ne peut être que dans un sens tout à fait relatif, en tant que celui qui a été vraiment crucifié était uni au Verbe par des relations d'amour ?. »

La communication des idiomes n’est pas cependant absolument interdite, car de l'union du Fils de Dieu et du fils de Marie résulte une personnalité morale unique, qui est désignée par certains termes à double portée. Ce sont les noms de Fils, de Christ, de Seigneur ὃ. Comme Nestorius, l'évêque de Mopsueste ne veut pas qu’on dise deux Fils, deux Christs ou deux Seigneurs“.

La conception de l’unique prosépon et de l'union qui le produit est la même chez le maître et le disciple ; mais le premier fait surtout ressortir le fondement de l'union; le second insiste sur son résultat, c'est-à-dire sur l'unique personnalité. L'unité réelle et physique de sujet une fois écartée comme incompatible avec la distinction des deux natures, Théodore se demande comment le fils de Marie a pu être uni au Verbe. Cette union ne peut se concevoir que comme une sorte d’habilation spéciale, ἐγοίκησις, de Dieu dans l’homme.

1. Cum de naturalibus nativitatibus sit ratio, neque Mariae filius Deus esse Verbum existimetur. Mortalis enim mortalem generat secundum naturam, et corpus, quod sibi simile est. Duas nativitates Verbum non sustinuit, unam quidem ante saecula, alteram autem in ultimis temporibus. Cyrilli fragmenta dogmatica. P. α., ἢ LXXVI, col. 1438 CD.

2. Idem autem respondendum est si interrogant : Deus crucifixus est an homo ἢ quod utraque quidem, non autem secundum similem rationem. Nam hic quidem crucifixus est, utpote et passionem suscipiens.. ille autem quod erat cum ipso, secundum praedictam causam (secundum affectum voluntatis.) Ibid., col. 1445 A.

3. Maneat et naturarum ratio inconfusa, et indivisa cognoscatur esse persona. Illud quidem proprietate naturae, diviso quod assumptum est ab assumente ; illud autem adunatione personae in una appellatione totius considerata sive assumentis, sive etiam assumpti natura, et veluti sic dicam in Filii appellatione simul et Deum Verbum appellamus, et assumptam naturam, quaecumque illa sit, consignificamus propter adunationem quam ad illum habet. De Incarnatione, V, col. 970 B. Cf. col. 981 A B. [1 faut remarquer que pour Théodore le nom de Jésus désigne spécialement le fils de Marie, col. 969 B, 985 C, 988 B, tandis que Nestorius ne refuse pas de l'appliquer au prosôpon d'union.

h. De symbolo, col. 1018 C; Ad baptizandos, col. 1013 B.

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Dieu en effet est présent à toute chose par son essence, οὐσία, et par son opération, ἐνεργεία, car l'essence et l'opération divines ne sauraient être localisées ni circonscrites dans tel ou tel être, dans telle ou telle catégorie d'êtres. Ce n’est donc ni par son essence, ni par son opération que le Verbeest uni à l'homme Jésus; sinon, cette union n'aurait rien de particulier. Celle-ci ne peut être produite que par une bienveillance spéciale, εὐδοχία, de la personne divine pour la personne humaine. « L'ebdsxix, c’est ce bon vouloir, cette faveur que Dieu témoigne à ceux qui s'efforcent de s’attacher à lui. On l'appelle ainsi, parce que Dieu voit d’un bon œil, εὖ δοχεῖν, Ceux qui agissent ainsi!. »

C'est par 1᾿ εὐδοχίχ que Dieu est dit habiter dans les justes, selon le langage de l’Écriture. Ce mode de présence leur est réservé. Il se traduit par des relations d'affection et d'amitié, τῇ διαθέσει, τῇ σχέσε: τῆς yvouns?. Cette bienveillance vaut au juste qui en est l’objet une protection spéciale. Dieu l’aide à triompher des tentations et à marcher dans la voie de la sainteté 8,

Mais l’amitié divine admet divers degrés d'intimité et produit des effets proportionnels à ces degrés. En l’homme Jésus 1᾿ εὐδοχία divine s’est dilatée dans toute sa plénitude. Dieu a habité en lui comme dans un fils, ὡς ἐν υἱῷ ; il se l’est uni tout entier, lui faisant part de tout son honneur, de toute sa puissance, lui communiquant en quelque manière par amour sa propre personnalité et ne constituant ainsi avec lui qu’une seule personne, ἕν πρόσωπον *.

« L'union des deux natures par bienveillance produit, au

1. εὐδοχία δὲ λέγεται ἡ ἀρίστη καὶ καλλίστη θέλησις τοῦ Θεοῦ, ἣν ἂν ποιήσηται ἀρεσθεὶς τοῖς ἀναχεῖσθαι αὐτῷ ἐσπουδαχόσιν, ἀπὸ τοῦ εὖ χαὶ χαλὰ δοκεῖν αὐτῷ περὶ αὐτῶν. De Incarnatione, VIL, col. 973 A.

2. Ibid., col. 973 BC. Ces expressions sont fréquentes chez Théodore pour marquer les relations entre le Verbe et la personne humaine.

3, Τοῦτο λέγων ὅτι οὐχ ἑτέροις συμπράττειν δοχιμάζει, οὐδὲ ἑτέροις συνεργεῖν ἐθέλει, ἀλλὰ τούτοις φησὶ τοῖς φοβουμένοις αὐτὸν, τούτους ποιεῖται περὶ πολλοῦ, τούτοις συνεργεῖν χαὶ ἐπαμύνειν αὐτῷ δοχητόν. Ibid.

Δ. Τί δέ ἐστι τὸ + ὡς ἐν υἱῷ ; “ὥστε ἐνοιχήσας, ὅλον μὲν ἑαυτῷ τὸν λαμβανόμενον ἥνωσεν, παρεσχεύασε δὲ αὐτὸν συμμετασχεῖν αὐτῷ πάσης τῆς τιμῆς ἧς αὐτὸς ὁ ἐνοιχῶν, Υἱὸς ὧν φύσει, μετέχει, ὡς συντελεῖν μὲν εἰς ἕν πρόσωπον, κατά γε τὴν πρὸς αὐτὸν ἕνωσιν, πάσης δὲ αὐτῷ χοινωνεῖν τῆς ἀγχῆς. Ibid., col. 976 BC.

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point de vue de l'homonymie!, une seule appellation, une seule volonté, une seule opération, une seule autorité, une seule puissance, une seule domination, une seule dignité, un seul pouvoir, absolument indivis?. »

Chez Nestorius on trouve aussi cette théorie de 1᾿ εὐδοχία et de ᾿᾿ξνοίχησις. D'après lui, nous l'avons vu, l'union des deux natures s'est faite par la volonté?. Dieu n’habite pas dans tous les hommes de la même façon, mais suivant son amour. Dans le fils de Marie, l'habitation est si intime qu'elle aboutit à un seul prosépon*. Cependant le condamné d'Éphèse ne développe pas cette conception avec la même rigueur que Théodore ; il concentre son attention sur l'unique prosôpon, qu'il considère comme le résultat de ‘la donation mutuelle des deux personnes l'une à l’autre.

Sur le moment de l'union, Théodore paraît avoir d’abord hésité’, Son maître Diodore avait enseigné que Jésus n'avait reçu l'honneur de la filiation divine qu'à sa naissance. Tant qu'il était dans le sein maternel, il ne différait en rien des autres hommes, Dans le système de l'union morale, il y ἃ en effet une difliculté spéciale à concevoir comment le Verbe

1, τῷ τῆς ὁμωνυμίας λόγῳ. Cette expression désigne le procédé par lequel, dans le système de Théodore, les deux personnes unies reçoivent des appellations communes, comme celles de Fils, de Seigneur, s'appliquant dans un sens différent au Verbe et à l'homme.

2. ἯἩ ax” εὐδοχίαν τῶν φύσεων ἕνωσις μίαν ἀμφοτέρων τῷ τῆς ὁμωνυμίας λόγῳ ἐργάζεται τὴν προσηγορίαν, τὴν θέλησιν, τὴν ἐνέργειαν, τὴν αὐθεντίαν, τὴν δυναστείαν, τὴν δεσποτείαν, τὴν ἀξίαν, τὴν ἐξουσίαν μηδενὶ ττόπω διαιρουμένην. Epistol. ad Domnum, Col. 1012 C.

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