‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 92 sur 197 · Ὁ ΠΈΝΗΣ LE · texte numérisé non relu

Ὁ ΠΈΝΗΣ LE

deux natures qui se sont unies ne sont pas devenues une nature... Toule nalure complèle n'a pas besoin d'une autre nalure pour être el pour vivre; car elle possède en elleet elle a reçu tout ce qu'il faut pour être. Dans un composé naturel (au contraire), on voit qu'aucune des natures qui contribuent à le former n’est complète, mais elles ont besoin l’une de l’autre pour vivre et subsister... Tu dis deux et tu dis qu’il ne faut pas en concevoir deux après l’union, « comme si la différence des deux était supprimée. » Tu parles d’une nature du Fils et tu fais nécessairement songer à deux, parce que tu dis qu'après l’union il est incarné ; car il est incarné dans une chair qui est chair par nature; tu donnes donc au Seigneur deux natures après l'union; une nature du Fils et une de la chair dans laquelle il s’est incarné! »

On comprendra la portée des paroles qu’on vient de lire, si l’on se rappelle que pour Nestorius, aussi bien que pour saint Cyrille, le mot « nature » signifie dans le cas « nalurepersonne, » sujet individuel. Dans sa Lettre à Acace de Mélilène, l'évèque d'Alexandrie explique, toujours en style neslorien, dans quel sens il ἃ accepté de dire avec les Orientaux : « deux natures. » Il écrit :

« Lorsque nous considérons dans notre entendement les choses dont est formé un seul Fils et Seigneur Jésus-Christ, nous disons deux natures unies; mais après l'union, parce que la division des deux natures se trouve enlevée, nous croyons que la nature du Fils est une, tout en ajoutant: du Fils fait homme et incarné. Du moment que l’on dit que c’est Dieu le Verbe qui s’est incarné et s’est fait homme, tout soupçon de changement est par le fait même écarté; le Verbe en effet est demeuré ce qu'il était; nous confessons dès lors sans difficulté l’union sans confusion .....

» J'ai écrit dans les chapitres (les anathémalismes) : « Celui qui divise les paroles à deux prosôpons ou hypostases, les unes à l’homme considéré à part en dehors du Verbe de Dieu, les autres comme si elles convenaient à Dieu seul, au

2. Nous nous écartons ici un peu de la traduction de M. Nau, en nous basant sur le texte grec.

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Verbe de Dieu le Père, qu'il soit anathème. » Nous n'avons Ἴ enlevé en aucune manière la différence des paroles, bien

que nous ayons rejeté (de l'Église) celui qui les sépare : les unes au Fils, au Verbe du Père considéré à part, les autres à l'homme considéré de son côté comme fils d’une femme. Car si la nature du Verbe est une, nous reconnaissons qu'il

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# a pris un corps et qu'il s'est fait homme... L'humanilé οἱ la FE divinilé ne sont pas en effet la même chose en quatité naturelle... 4

Lorsqu'on scrute le mode de l'Incarnation, l'esprit humain voit nécessairement deux choses qui sont unies ensemble d'une manière ineffable et sans confusion ; lorsqu'elles sont unies, il ne les sépare aucunement, mais il croit qu'il y en a un formé de deux, qui est Dieu, Fils, Christ et Seigneur, »

Cyrille a concédé aux Orientaux, et il concède à Nestorius qu'on peut dire « deux natures en Jésus-Christ » (toujours deux nalures-personnes), pourvu qu’on se place uniquement dans l’ordre logique et idéal, au point de vue de la simple considération intellectuelle ; si l’on considère la réalité, il faut nécessairement aflirmer une seule nature (toujours une nalure-personne), un individu. J. Lebon a bien expliqué la pensée de Cyrille et de ses disciples sur ce procédé logique qui leur permet de dire « deux natures » dans leur terminologie, sans sortir de l'orthodoxie :

« En contemplant la divinité et l'humanité, l'esprit peut faire abstraction de l'union qui les compose indissolublement en l'unité de sujet, nature, etc. Il les sépare, les divise, les écarte l’une de l’autre, les imagine comme existant ainsi à part et d'une façon indépendante ; il retrouve de la sorte deux natures, deux hypostases, deux personnes dans le Christ, s'il s'arrête à ce premier stade d’une opération purement intellectuelle. La restriction : « ἐν θεωρία » l’avertit suffisam- | ment de limiter son affirmation dyophysite à l’ordre logique, dans lequel la dualité des nalures est contemplée. Mais voici qu'à l'intelligence ainsi occupée par la considération des éléments distincts qu'elle sépare dans le Christ, se présente la pensée de l'union (ἕνωσις) véritable qui s’est opérée entre

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