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la proclame protéiforme et ne s'étonne plus qu’elle trompe le médecin le plus habile. Il affirme qu’elle veut régner seule, tandis qu’elle n’est réellement qu'une influence délétère ajoutée à la maladie antérieure, ou se portant sur les systèmes ou appareils de l’économie qui en ressentent les effets en proportion de leur irritabilité.
En Convalescence.
Si, avant d'être atteint de la peste, l'individu est bien portant, d’une bonne constitution, d’un bon tempérament, s'il a été traité rationnellement et n'a eu affaire qu’à une épidémie bénigne, la convalescence est franche et rapide. Si au contraire l'individu est d’une faible constitution, d’un tempérament lymphatique; s’il est atteint de quelque phlegmasie chronique; s’il a été traité par les émétiques, les purgatifs, les stimulants, les alexitères, etc., il est trop heureux d'échapper à la mort, et sa convalescence n’avance point ou dure très long-temps. En vain il va faire sa quarantaine à la campagne, 1l en revient faible et pâle ; ses foncons cérébrales sont engourdies; ses bubons, au lieu de se résoudre ou de se cicatriser, se sont indurés ou suppurent encore.
Quand on observe un régime très sévère pendant toute la convalescence, la santé paraît s’en consolider. Une personne de ma connaissance, atteinte depuis plusieurs années d’obstructions du foie à la suite de fièvres intermittentes très
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rebelles, fut attaquée de la peste en 1826. Elle ne commit aucune imprudence pendant les quarante Jours qui suivirent sa maladie et se trouva parfaitement guérie de son ancienne affection.
La moindre imprudence, au contraire, entraîne une rechute très dangereuse et souvent mortelle. Don Courban n'a assuré plusieurs fois que quelques-uns de ses malades, arrivés sans mal-encontre au trentième, même au trente-cinquième jour de leur convalescence, avaient été attaqués une seconde fois de la peste et en étaient morts, pour s'être alors donné uneindigestion , et surtout pour avoir mangé de la chair de porc.
D'autres personnes éprouvent des infirmités consécutives : une jeune femme, qui avait eu la peste deux années auparavant, conservait une tumeur dure, allongée, reliquat d’un bubon volumineux non suppuré dans lequel elle éprouvait, me dit-elle, des élancements douloureux chaque fois que s’approchait la saison morbide.
Un tailleur arménien de mes pratiques attribuait l'éléphantiase de toute l'extrémité inférieure droite dont il était affecté, à un bubon inguinal pestilenuel dont il avait été atteint vingt années auparavant.
Une femme arménienne qui, dans le tiers inférieur de la jambe et le pied droit, offrait tous les symptômes d’un éléphantiase, en accusait un bubon inguinal de ce côté-là.
Je n'ai entendu parler d'aucune personne attaquée une seconde fois dans la même saison mor-
bide, lorsque la santé avait succédé à une vraie convalescence.
Reliquats de peste. — Cicatrices douloureuses.
Il arrive souvent que quelques personnes, qui ont eu la peste une ou plusieurs années auparavant, éprouvent une douleur plus ou moins lancinante dans la cicatrice des bubons ou des charbons qui l’accompagnérent, ou dans le lieu où était le bubon s’il n’a pas laissé de cicatrice. A ce signe, elles annoncent, dit-on, l’explosion de la maladie, surtout quand elle doit être maligne, reconnaissent sa présence encore non soupconnée dans une personne auprès de laquelle elles se trouvent, dans une maison où elles sont entrées, dans une rue ( on sait qu’elles sont ordinairement très étroites ) qu’il leur arrive de traverser.
J'ai cherché à m'’assurer de la vérité de ces as-sertions; je me suis adressé pour cela à mes anciens dans la pratique médicale du Levant. Voici ce que j'ai recueilli.
Le docteur M...., qui a eu la peste à Brousse lorsqu’il y exerçait la médecine, m'a souvent assuré que, chaque fois que cette maladie s'était déclarée depuis, soit dans cette ville, soit à Constantinople, il avait ressenti des élancements dans la cicatrice du charbon qu'ilavait eu au tibia.
La fille d’une femme que je traitat pour un ictère, près du jardin de Yeni-Kapi, avait été attaquée deux années auparavant de la peste , avec un