‹ Neuf années à Constantinople, observations sur la topographie de cette capitale, l'hygiène et les mœurs de ses habitants, l'islamisme et son influence: la peste, ses causes, ses variétés, sa marche et son traitement; la noncontagion de cette maladie; les quarantaines et les lazaretsChapitre 73 sur 92 · GUÉRISON · texte numérisé non relu

GUÉRISON

semblable médication; et quand, par hasard, il échappait à la maladie et au médecin, il protestait encore contre elle par une longue et pénible convalescence.

Mais maintenant que la diète la plus sévère est employée indistinctement par les Musulmans et les raïa, empiriquement par les prêtres dela peste, et rationnellement par quelques médecins francs, elle guérit plus de personnes atteintes de l’épidémie qu'il n'échappait autrefois de malades attaqués de fièvres putrides , adynamiques et ataxiques.

Ainsi la fièvre jaune, naguère l’épouvantail de l'Europe et réputée si contagieuse que les gouvernements ont cru devoir recourir contre elle aux réglements sanitaires les plus sévères , était mieux traitée par les mulâtresses des Antilles que par les médecins les plus savants. Maintenant qu'une sage observation y a fait reconnaître une gastro-entérite avec supersécrétion bilieuse et que l’on y a appliqué le traitement antiphlogistique , la mortalité, si grande auparavant, est maintenant presque au pair de celle des maladies ordinaires; la crainte dela contagion , ainsi que la terreur qu’elle inspirait, se sont à peu près dissipées.

Durée de la saison morbide.

On a VU au commencement de Ce chapitre que

la saison morbide commence à exercer son influence quelquefois vers le milieu du mois de mai,

rarement plus tôt. Depuis cette époque jusqu’à la fin de juin, les cas de peste sont généralement sporadiques. Quoique les attaques soient rares, les symptômes en sont graves; beaucoup se terminent par la mort. C’est la première période.

Avec les grandes chaleurs de juillet la peste augmente aussi; elle sévit surtout pendant les jours caniculaires. Alors les symptômes sont plus graves, la marche plus rapide, la mortalité plus grande.Pendant cet intervalle de temps, il y a presque tou- Jours une semaine, une quinzaine, quelquefois davantage, où le nombre des morts est très considérable ; c’est la seconde période.

Passé cette époque, la maladie diminue tantôt d’une manière insensible, tantôt rapidement, tantôt tout-à-coup; on ne parle plus de nouvelles attaques. On est étonné de passer si promptement de la crainte à une entière sécurité. La frayeur de la contagion est presque entièrement dissipée. Selon quelques personnes, les dépouilles même des pestiférés perdent leur propriété contagieuse. Vers la fin de septembre on n’entend plus parler de la maladie, ét le premier abaissement de la température la fait disparaître entièrement; c’est la troisième période.

Telle est la durée de la saison morbide dans les années ordinaires; elle est au plus de quatre à cinq mois.

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