‹ Neuf années à Constantinople, observations sur la topographie de cette capitale, l'hygiène et les mœurs de ses habitants, l'islamisme et son influence: la peste, ses causes, ses variétés, sa marche et son traitement; la noncontagion de cette maladie; les quarantaines et les lazaretsChapitre 74 sur 92 · RECRUDESCENCE · texte numérisé non relu

RECRUDESCENCE

Recrudescence.

Mais il arrive quelquefois qu’à l’époque où la température s’est abaissée, où les vents de la tramontana ont coutume de régner et de faire cesser la peste, une recrudescence de la maladie a lieu ; c'est ordinairement vers le milieu d'octobre. Elle dure jusqu'aux premiers jours de décembre. On croit généralement à Péra qu’elle est très à craindre et qu'elle enlève beaucoup de malades. Celle qui eut lieu à Constantinople vers le 1° novembre 1826, et à Péra vers le 4, confirma cette opinion. Il y eut beaucoup moins de personnes attaquées que dans les jours caniculaires précédents, mais les symptômes étaient très graves, la marche rapide, et le plus grand nombre des malades succomba.

Pourquoi y a-t-1l une recrudescence de la peste dans certaines années et n’y en a-t-il pas dans toutes ? Quelles en sont les causes ? C’est ce que chacun résout à sa manière. Les contagionistes ne manquent pas de l’attribuer à de nouveaux contacts, à de nouvelles imprudences, au peu de soin avec lequel les objets infectés ont été purifiés, à quelques-uns qui auront été oubliés, à ce que la maison n'a pas été bien lavée, assez long- temps aérée, etc., elc. Mais toutes ces imprudences sont également commises après chaque saison morbide; pourquoi ne produisent-elles pas toujours une recrudescence? Celle dont je viens de parler me

parut devoir être attribuée au développement de nouvelles causes épidémiques dépendant de phénomênes atmosphériques ainsi que celle qui avait eu lieu en 1819, après une saison morbide qui avait occasionné une peste maligne.

Durée de la maladie chez l'individu.

Si, de la durée de la saison morbide, nous passons à la durée de la maladie, l'observation prouve que, dans les cas qui'se terminent d’une manière funeste, la mort peut être instantanée ou presque instantanée. Le malade tombe comme foudroyé.

Ces cas sont très rares et souvent confondus avec ceux de la rupture d’un anévrisme. Quelquefois la mort arrive en trois, six, douze ou vingt-quatre heures ; alors 1l n’y a point ou il y a rarement d'apparence de bubon ni de charbon. Le malade a pu ressentir de violentes douleurs aux régions inguinales ou axillaires; il y a eu tendance à une éruption, mais il a succombé avant qu’elle ait eu lieu ; c’est le cas où l’on dit que le bubon se montre sous terre. Le plus souvent le malade succombe le deuxième, troisième ou quatrième jour; cela a lieu dans les pestes malignes. Dans les épidémies bénignes, régulières , lorsque les forces ont pu réagir et qu'un traitement rationnel a été employé, la mort peut encore avoir lieu le cinquième et le sixième Jour ; passé cette époque, les chances de guérison sont très nombreuses et la mortalité rare.

Dans les cas où la terminaison est heureuse,

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