DURÉE
on a vu que l’aura minor ne dure quelquefois que douze à vingt-quatre heures, et laura major à peine trois à quatre Jours, et que ces affections n’entrainent jamais d'accidents graves, à moins qu'une imprudence dans la marche ou dans le régime ne détermine l'explosion directe ou sympathique d’un bubon et quelquefois une maladie grave; que des sueurs abondantes peuvent, surtout dans un jeune sujet, suspendre et faire disparaitre entièrement en vingt-quatre heures une attaque de peste caracterisée par tous les symptômes précurseurs et plus encore par la sortie d’un bubon volumineux; que les anthrax superficiels, les pustules noires, se dissipent d'eux-mêmes, au moyen d’un régime régulier, en six, huit ou dix jours , rarement davantage ; que la peste bénigne régulière parcourt ses périodes en douze ou quinze jours dans les sujets dont la constitution n’a pas été précédemment détériorée ; enfin, dans des circonstances trés rares, la maladie peut se prolonger jusqu’au trente-huitième jour. C’est le terme le plus long dont j'aie entendu parler. Je le cite d’après l’autorité de Don Courban, qui en 1827, me parla d’un enfant qu’il venait de voir, et qui, me dit-1l, entrait en convalescence après trente-huit jours de maladie.
Type.
Le type de la peste m'a toujours paru continu avecexacerbation le soir. L'observation de Philippe
(page 222)semblait prouver le contraire; il reste à décider si la fièvre intermittente qui, dans ce cas, a précédé l’éruption du bubon, était la période d’incubation de la peste, ou si cet exanthème en était uneirradiation sympathique ; si, au contraire, laffection intermittente n’était qu’une maladie intercurrente que l'épidémie pestilentielle est venue compliquer ; enfin si le bubon n’était pas plutôt sympathique de la gastro-entérite exaspérée par un traitement perturbateur.
L'observation de l’épouse de l'aîné des frères D. O. (page 164), à laquelle il survint un bubon axillaire le onzième jour d’une gastro-entérite aigué exaspérée par un traitement contraire , celle atteinte de deux bubons inguinaux après quinze Jours d’une gastro-entérite aiguë entée sur une sastro-entéro-céphalite qui datait de plusieurs années (page 177), sembleraient corroborer cette dernière opinion.
Récidives.
Les récidives de peste à une ou plusieurs années de distance sont très communes. Le drogman arménien du docteur B. l’avait eue deux fois; la servante d’une dame franque de ma connaissance, six fois ; un huissier d’une des chancelleries franques, six fois; un portefaix de Galata, sept fois; enfin un pharmacien de ce faubourg me montra fréquemment un individu, grand ivrogne, connu de tout le quartier pour lavoir eue quatorze fois ; il en mourut l’année suivante.
RÉCIDIVES. 305 Ces récidives plus ou moins nombreuses ont beaucoup embarrassé les contagionistes ; ils cherchent à éluder la question en disant que le bubon seul ne détruit pas l’aptitude à la peste et qu'il n’y a que le charbon qui préserve de toute récidive. Le bubon étant beaucoup plus commun à Constantinople que le charbon, le plus grand nombre des récidives a lieu et doit avoir lieu sur des personnes qui n’ont eu que le premier de ces exanthèmes; mais il est constant que des personnes qui ont eu Île charbon ont éprouvé des récidives.
Transformation.
Depuis long-temps j'avais remarqué que, chaque fois que les papiers publics font mention d’une maladie épidémique régnant à Gibraltar, c'est presque toujours la fièvre jaune, tandis que, s'ils annoncent une épidémie sur la côte opposée, elle se trouve presque toujours être la peste; il semblerait que la-proximité des côtes européenne et africaine, et les communications fréquentes qui en sont le résultat , auraient dü quelquefois introduire la fièvre jaune en Afrique et la peste à Gibraltar ; il parait que cela n’a pas lieu. Pour m'assurer si je ne me trompais pas, Je crus devoir m'adresser au docteur À...…., médecin militaire anglais exerçant alors-à Constantinople, et que je savais avoir passé plusieurs années à Gibraltar. Il me répondit qu’en effet il n’avait jamais en-