‹ Neuf années à Constantinople, observations sur la topographie de cette capitale, l'hygiène et les mœurs de ses habitants, l'islamisme et son influence: la peste, ses causes, ses variétés, sa marche et son traitement; la noncontagion de cette maladie; les quarantaines et les lazaretsChapitre 79 sur 92 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

D'après toutes ces considérations, Je crois pouvoir affirmer que la maladie connue à Constantinople sous le nom de peste n’est autre chose qu’une épidémie causée par.la prédominance des vents du sud, la haute température, l’air pesant, la chaleur humide et les brouillards épais auxquels ils donnent naissance, surtout pendant cet espace de temps qui s'écoule depuis le solstice d’été jusqu’à l’équinoxe d'automne, et que pendant les neuf années de mon séjour dans cette capitale cette maladie n’y a point été contagieuse.

Mon ouvrage aurait sans doute fait plus de sensation dans Ïa république des lettres si, au lieu de dire modestement que la peste n’a point été contagieuse à Constantinople pendant les neuf années de mon séjour dans cette capitale, j’eusse hautement affirmé que cette maladie ne l’est Jamais, ne l’a jamais été, ne le sera jamais, ne peut pas l’être ; qu'en conséquence il faut abolir sur-le-champ tous les réglements sanitaires, rendre au commerce son entière liberté, et affranchir les voyageurs de toutes les tribulations auxquelles les expose la doctrine contraire.

Je l'avouerai : malgré l'espèce de gloire attachée de tout temps, et surtout de nos Jours, à l’énonciation de verités hardies, je’ n’ai pas cru devoir le faire. Il faut se mettre à la place des gouvernements; chargés de veiller au bien-être de leurs populations , ils ne doivent pas renoncer légèrement à des mesures dictées par une prudence que je crois superflue, mais qui honore la civilisation et l'humanité. Il est de toute nécessité pour eux des’assurer si la peste, qui, comme je crois lavoir démontré, n’est nullement contagieuse à Constantinople, n’aurait pas ce caractère sous une autre latitude; et dans le doute, combien ne sont-ils pas obligés de se déclarer pour la réalité de la contagion !

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