‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 105 sur 170 · TROIS DÉCRETS · texte numérisé non relu

TROIS DÉCRETS

L'organisation d'ensemble et le fonctionnement du service de l'assistance médicale à Madagascar valurent à la colonie une médaille d'or de M. le ministre de l'Intérieur. Ils lui méritèrent aussi les témoignages élogieux de l'Académie de médecine. Dans sa séance du 12 juillet 1904, cette savante Compagnie approuva le rapport de l'un de ses membres, M. le docteur Kermorgant, qui proposait, entre autres conclusions : « d'adresser des félicitations aux personnels de l'administration et du service de santé de Madagascar, ainsi qu'aux chefs des circonscriptions administratives pour toutes les améliorations qu'ils n'ont cessé d'apporter aux œuvres de l'assistance médicale indigène. :^ Malheureusement, en matière d'assistance publique, les moyens dont on dispose sont toujours insuffisants, eu égard à la multiplicité des besoins et à l'étendue de la tâche à accomplir. C'est ainsi que, malgré les précautions et mesures prises dans toutes les provinces : création d'hôpitaux et de postes de secours, services gratuits de consultations et de délivrance de quinine et autres médicaments, distributions d'étoflFes, couvertures, vêtements de laine, etc., le paludisme continuait à sévir en Emyme et étendait ses ravages jusqu'aux portes de Tananarive. Il y a là, pour l'avenir de notre colonie, un point noir qui doit continuer à nous préoccuper sérieusement.

Le Gouvernement de la métropole voulut bien, au commencement de 1904, rendre définitive l'organisation qui avait été créée et lui donner sa haute approbation. Celle-ci résulta de trois décrets. Le premier consacrait le principe et reproduisait dans son texte l'ensemble des dispositions générales déjà prises. Il fixait, en particulier, conformément aux propositions de la colonie, le mode d'alimentation et de fonctionnement des budgets autonomes des provinces, spécialement créés pour pourvoir aux dépenses. Les principales sources de revenus de ces budgets sont : ime taxe spéciale dite de l'assistance médicale ; les produits des cessions de médicaments et des remboursements des malades payants ; les dons des fokon'olonas et ceux d'autres

provenances faits en faveur de Tinstitution. Enfin, le décret confirmait la règle admise dès le début, de la gratuité de l'admission des indigènes dans les hôpitaux, léproseries et autres formations sanitaires du service. Le second décret ratifiait toutes les mesures antérieurement prises pour rorganisation de r École de médecine de Tananarive, la fixation des programmes et la délivrance des diplômes ; il conférait l'existence légale aux médecins et sages-femmes indigènes ayant satisfait aux épreuves, définissait leurs devoirs généraux, les conditions d'exercice de leur art, et les plaçait à ce dernier point de vue sous la surveillance et le contrôle du directeur du Service de santé de la colonie. Un troisième décret réglementait d'une manière définitive, en tenant compte des conditions locales, l'exercice de la pharmacie à Madagascar. D'autre part, pour mieux mettre à la portée de tous le moyen classique de lutte contre le paludisme, j'avais soumis au Département un projet de décret assimilant la quinine à une drogue et permettant de faire de ce produit un article de vente courante, qu'on aurait pu se procurer à des prix très minimes en lui enlevant son caractère de spécialité pharmaceutique.

Je mentionnerai enfin un autre décret, rendu au commencement de 1904 sur les propositions de la colonie, qui réglementait la protection de la santé publique. Les dispositions en fiirent complétées par l'établissement, dans chacun des principaux ports, d'un journal de mobilisation sanitaire^ auquel collaborèrent les diverses autorités civiles, militaires et médicales. Ce document prévoit toutes les mesures à prendre, soit pour prévenir l'apparition des épidémies, soit, au cas où elles auraient éclaté, pour en enrayer la propagation. C'est grâce à des précautions de ce genre que nous avions pu, en quelques mois, couper court aux épidémies de peste à Tamatave, en 1897 et 1898, et plus tard à celle de Majimga en 1902, alors que ce fléau, qui a fait son apparition à l'île Maurice en 1898, y a duré pendant plusieurs

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