‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 106 sur 170 · MISSION LAÏQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

MISSION LAÏQUE FRANÇAISE

années consécutives et y sévissait encore au commencement de 1905.

Telles ont été — indépendamment du fonctionnement du Service de santé militaire dont il sera question plus loin — les préoccupations de l'Administration et du corps médical, et l'organisation sanitaire d'ensemble à laquelle elles ont abouti. Je ne veux pas quitter ce sujet sans adresser ici le témoignage de ma profonde gratitude à mes principaux collaborateurs. J'ai nommé les médecins principaux Clavel, Lidin, Vaysse et Clarac, directeurs successifs du Service de santé de la colonie qui — les deux premiers dans la période de début et de préparation, les deux autres dans celle d'évolution et de progrès, — m'ont prêté, pour la réussite de cette œuvre humanitaire, le précieux concours de leur science, de leur zèle et de leur dévouement.

L'organisation du service de l'Enseignement se fixa définitivement aussi pendant Tannée 1904.

J'ai déjà dit les difficultés auxquelles on s'était heurté au début. Faute de personnel universitaire venu de la métropole, on n'avait assuré d'abord le fonctionnement de ce service si utile à l'affermissement de notre influence qu'en recourant, soit à nos soldats du corps d'occupation, soit au personnel enseignant des institutions privées. En échange de leur concours, celles-ci avaient reçu de la colonie des subventions qui firent l'objet de contrats spéciaux, résiliables lorsque les circonstances qui les avaient motivés auraient elles-mêmes pris fin. Par la suite, sur les demandes instantes que j'adressai à Paris, des instituteurs de la métropole furent envoyés à Madagascar en nombre suffisant pour pourvoir aux besoins. D'autre part, un personnel enseignant nombreux autant que dévoué me fut procuré par l'intermédiaire de la Mission laïque française^ que je dois remercier ici du concours éclairé qu^elle m'a prêté. Je n'eus qu^à me féliciter de l'arrivée de ces contingents, d'autant que le régime de transition auquel j'avais dû recourir manquait d'unité,

de souplesse, et ne donnait pas toujours satisfaction pour P exécution du programme d'enseignement professionnel dont j'avads, tant de fois, recommandé l'application. En fin de compte, du jour où la colonie disposa de ce nouveau personnel, elle put constituer son service de l'enseignement sur des bases normales, le rendre autonome dans le sens le plus complet du mot et renoncer pour l'avenir aux concours que des circonstances exceptionnelles avaient passagèrement motivés. J'ajoute que ce résultat fut grandement facilité par l'intelligence et l'activité avec lesquelles M. Deschamps, directeur de l'Enseignement de la Colonie, sut coordonner et mettre en œuvre les divers éléments mis à sa disposition.

Enfin, un arrêté du 13 janvier 1904 rendu en conformité des instructions de M. le ministre des Colonies, couronna la réglementation antérieure et consacra, par cette formule, le nouveau programme de l'institution : « Fortifier l'enseignement officiel, lui donner une énergique impulsion dans la voie de l'instruction professionnelle, industrielle et agricole, et lui réserver toutes les ressources financières dont dispose la colonie. »

Je continuai aussi, pendant l'année 1904, à atténuer le caractère de l'administration militaire dans les quelques contrées où celle-ci était provisoirement maintenue; la substitution progressive de fonctionnaires aux officiers et sous-officiers des cercles prépara l'installation de l'administration civile, régime vers lequel doit évoluer — dès que l'ordre est établi — le gouvernement d'un pays neuf.

Lorsque je quittai la colonie au mois de mai 1905, il n'existait plus, à proprement parler, que trois cercles militaires, ayant pour chefs-lieux : Morondava, Maintirano et Fort- Dauphin. J'omets à dessein le cercle de Mévétanana sur le point d'être rattaché à la province de Majunga, et le cercle des Mahafaly, appelé, après quelques compléments d'organisation, à n'être plus qu'un district de la province de Tuléar. D'autre part, je n'avais laissé subsister le cercle de Fort-Dauphin qu'en

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