JUSTICE EUROPÉENNE
degré dépendirent pour la procédure, la discipline et les jugements en dernier ressort, de la cour d^appel de Tananarive et du procureur général, chef du service judiciaire de la colonie.
Pour les Européens, les bases de l'organisation judiciaire, établies quelques mois après la prise de possession de l'île par un décret du 9 juin 1896, n'avaient été modifiées depuis que sur des points de détail. Les formes et le fonctionnement de l'institution étaient, à peu de chose près, les mêmes qu'en France et offraient des garanties analogues.
Les divers degrés de juridiction comprennent : une cour d'appel à Tananarive^ quatre tribunaux de première instance, à Tananarive, Tamatave, Majunga et Diégo-Suarez, quatre justices de paix à compétence étendue à Nossi-Bé, Mananjaiy, Tuléar et Fianarantsoa, dix-huit justices de paix à compétence ordinaire dans les autres chefs-lieux de province et huit cours criminelles. Dans les justices de paix à compétence ordinedre seulement, les fonctions judiciaires sont dévolues aux administrateurs; dans les autres, elles appartiennent à des magistrats de carrière. Un des inconvénients de cette organisation, dû à la faible densité de la population européenne par rapport à la grande superficie de l'fle, était d'obliger souvent les justiciables à des déplacements longs et coûteux. On s'en plaignait surtout pour les affaires en justice de paix, où les procès entraînaient souvent à des frais bien supérieurs à l'intérêt engagé. Il fiit remédié en partie à cet état de choses par un décret du mois de mars 1904, qui autorisa les administrateurs investis de fonctions judiciaires à tenir des audiences foraines dans les diverses localités de leur circonscription.
Je reçus aussi des provinces et des cercles les résultats des recherches ethnographiques que j'avais recommandé d'entreprendre sur les diverses races de l'île. Ces études, consciencieusement menées à bien par nos administrateurs et nos officiers, pcMTtent à la^is sur l'histoire, les coutumes locales et les insti*^
dm)
tutîons juridiques ; elles forment aujourd'hui une documentation très variée et très instructive.
L'Académie malgache fournit également, pour ces travaux, une collaboration des plus fécondes, et les plus autorisés de ses membres y appliquèrent leurs patientes investigations. Du côté des fonctionnaires, ce forent : MM. les administrateurs Julien, Lacaze, Gerbinis, Berthier, Raybaud et M. Tarchitecte JuUy. Tous avaient vécu à Madagascar avant la conquête et en connaissaient à fond les idiomes et les coutumes. Le Grouvemement de la colonie eut en eux de précieux collaborateurs; employant exclusivement la langue du pays dans les rapports avec les indigènes, ils étaient particulièrement à même de se rendre un compte exact des besoins et de Tétat d'esprit des populations. J'ai eu recours aussi à plusieurs d'entre eux, principalement à MM. Julien et Gerbinis, pour professer à Tananarive et dans d'autres villes de l'île des cours de malgache qui ont rapidement donné une pratique suffisante de la langue à de nombreux officiers, fonctionnaires et colons. On put ainsi éviter à Madagascar cet écueil qu'on rencontre souvent dans les colonies neuves : être à la merci d'interprètes qui, par ignorance ou pour autre cause, travestissent ce qu'ils entendent et méritent au premier chef ce reproche bien connu : traduttorey traditore. Parmi les autres membres actifs, français ou étrangers de l'Académie malgache, je citerai les P.P. Colin et Malzac et les Rev. Sibree et Baron, hommes érudits, dont les travaux astronomiques, linguistiques, historiques, géologiques et botaniques font autorité dans lé monde savant et ont été récompensés par plusieurs Académies de France et de l'étranger.
Je ne puis oublier non plus le Comité de Madagascar ^ institué à Paris, avec M. Alfred Grandidier comme président d'honneiu* et MM. Charles Roux et DeUiorbe, comme président et secrétaire général. Sa belle publication : la Revue de Madagascar ^ a contribué très largement à la vulgarisation des connaissances nouvelles qu'on acquérait sur la grande île; en outre, le Comité
NOS FONCTIONNAIRES INDIGÈNES DE L'ÉMYRNE FORMENT UN CORPS INSTRUIT ET EXPÉRIMENTÉ.