‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 12 sur 170 · FEMMES BETSIMISARAKAS. (CL. APP» A M"»*-' LANGLOIS · texte numérisé non relu

FEMMES BETSIMISARAKAS. (CL. APP» A M"»*-' LANGLOIS

MadagawAr.

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ANDÉVORANTE

se mit à la tête de la rébellion. Ce mouvement insurrectionnel fut uniquement dirigé contre les Hovas, et en diverses circonstances les Betsimisarakas témoignèrent qu'après avoir espéré voir en nous des libérateurs, ils ne voulaient pas, quoique déçus, nous considérer en eimemis.

Andévorante est ime grande agglomération d'environ 2 ooo habitants, bâtie en longueur sur la rive gauche du Ranomainty et à proximité de Pembouchvue de Plaroka. Cette dernière rivière est navigable siu* ime trentaine de kilomètres, mais elle offre à son embouchure ime barre impraticable pendant la plus grande partie de Tannée. Sur la rive droite, s'amorce im chemin d'aspect semblable à celui que nous avons parcouru depuis Tamatave : c'est la route de Vatomandry, petite ville commerçante, qui n'est qu'à six heures defilanzane. Andévorante possède déjà certaines ressources : un hôtel suffisamment confortable, quelques commerçants eiuropéens et im assez grand nombre de trafiquants chinois et indiens. Comme à Tamatave, la ville est malpropre, insalubre, et la mortalité des Eiuropéens y est élevée.

Le lendemain matin, 1 1 septembre, nous nous embarquons à cinq heures et demie sm: les pirogues qui remontent l'Iaroka jusqu'à Maromby, village situé à ime quinzaine de kilomètres en amont, d'où part la piste vers Tananarive. Nous trouvons là un détachement de conducteurs d'artillerie chargé d'assurer, avec des mulets de bât, — très fatigués pour la plupart, — les transports militaires pour l'întériem:. Le poste est bien tenu, mais se trouve à l'étroit sur im emplacement d'accès assez difficile. Les renseignements qu'on me donne, suivis d'une courte visite aux environs, m'amènent à en prescrire le transfert svu im point peu éloigné, à Mahatsara, où les installations pourront être faites beaucoup plus largement.

Au delà de Maromby, le pays commence à se mamelonner et à se garnir de ravenales, dont les éventails de verdure profilent, sm: des fonds d'éclairages divers, leurs dentelures caractéristiques. C'est l'arbre du voyageur dont on fait couler, en

découvre un merveilleux panorama sur la vallée du Màngoro. Le pays change comme un décor de théâtre. A Tombre des grands bois succède le plein soleil, illimtiinant des espaces sans fin ; au lieu du terrain tourmenté et couvert des jours précédents, Toeil embrasse une inmiense plaine, fermée à Thorizon par là muraille imposante de TAngave, qui étaye à Test le plateau de rEm3rme. Une demi-heure plus tard, nous sommes à Moramangà, grosse bourgade et poste militaire important au débouché de la forêt. Le chef de bataillon Noël, qui y commande, me confirme les renseignements pessimistes que je possède déjà. A Morâmanga, les choses ne vont pas non plus pour le mieux. Le commandement militaire, auquel n'a été confié aucune autorité politique sur le pays, ignore ce qui se passe et ne donne d'autre mission à ses postes que d'assm-er la police sur la route d'étapes. Tout le monde est sur le qui- vive; malgré tout, les convois sont fréquemment attaqués, et, dans le mois qui a précédé mon passage, un officier et plusieurs honmies ont été blessés dans divers engagements.

D'autre part, sous un aspect assez riant, le pays est malsain, et les indisponibles sont nombreux dans la petite garnison du poste.

De Moramangà, nous allons faire étape à Andakàna, petit poste établi sur la rive gauche du Mangoro et commandé par un 80us-lieutenânt indigène de tirailleurs sénégalais. Nous passons là une nuit détestable, en butte aux piqûres de mjrriades d'insectes et aux assauts des rats. Aussi, le lendemain, tout le monde est-il sur pied bien avant l'heure, pour la traversée du Mangoro qui se fait sans incident. Sur la rive droite, nous atteignons vers huit heures un petit village, où conunence la montée du Fody, contrefort de la chaîne de l'Angave, dont les pentes s'abaissent jusqu'à la vallée du fleuve. Le sentier grimpe par une série de lacets en longeant souvent de véritables précipices. Nous avons hâte d'être au bout de notre ascension poiu: jouir du panorama de la région, mais notre espoir est d'abord déçu ; la terre se voile

LK MAMUiMtJ.

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