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LA CHAPELLERIE

visiter les mûraîes et les magnaneries des provinœs, de donner des conseils pratiques aux colons et aux indigènes et de proposer Tallocation de primes aux entreprises les mieux conduites. Enfin, des brochures d'instruction et des monographies publiées dM Journal officiel^ au Bulletin économique et dans le journal en langue malgache le VaovaOy complétèrent très utilement cette œuvre de vulgarisation.

D'autre part, pour orienter les premiers essais industriels, l'Administration de la colonie sollicita les avis des spécialistes de France. Elle se mit ainsi en rapport avec le laboratoire de la Condition de Lyon, auquel des lots de cocons secs furent expédiés à diverses reprises pour être soumis aux épreuves d'usage.

J'ajoute que le Service de l'agriculture s'est constamment appliqué, aussi bien pour la culture du mûrier que pour l'éducation des vers, au perfectionnement des espèces locales par croisements et sélections, et à l'introduction de variétés nouvelles. Le terrain a été ainsi complètement préparé ; mais, comme dans toutes les questions prises ab ovOy d'éducation et d'acclimatement d'espèces, le temps est un facteur qui ne peut se suppléer; aussi, est-ce dans quelques années seulement, après l'entrée en rapport des mûraies et la multiplication des magnaneries, qu'on pourra commencer à recueillir la moisson des efforts déjà fournis.

Je dois mentionner aussi le remarquable essor pris depuis quatre ans par deux intéressantes industries indigènes : la chapellerie fine et la dentelle, qui trouvent aujourd'hui quelques bons débouchés en France.

Il y a quelques années, les chapeaux de paille de fabrication indigène constituaient l'attribut professionnel et presque exclusif des porteurs de bagages ; tressés avec ime paille très souple et très fine, Vahibano^ ils étaient confectionnés sans soin et ne trouvaient guère d'écoulement en dehors de la consommation locale. Cependant, leur prix peu élevé, le nombre important des

ouvriers et ouvrières en chapeaux — surtout à Tananarive et aux environs — enfin, la variété et les qualités des pailles employées comme matière première, m'amenèrent à cherdier à développer cette industrie et à pousser les artisans indigènes à fabriquer des articles susceptibles de provoquer des commandes du dehors. En même temps, je fis entreprendre en France une campagne de vulgarisation qui ne tarda pas à porter ses fruits.

A la suite du Concours général agricole de Paris en 1903, où des collections de chapeaux de paille de provenance malgache avaient été exposées, je reçus de plusieurs gros négociants de France des lettres personnelles, des plus encourageantes, où ceux-ci exprimaient leur intention de se fournir à Madagascar de quantités importantes d'articles de chapellerie. De nombreux kabary portèrent ces ofires à la connaissance de la corporation des chapeliers malgaches. Il y fut répondu avec empressement, d'autant que la nécessité d'acquitter l'impôt incitait tout le monde au travail. Aujourd'hui, les résultats commerciaux sont manifestes; l'exportation de la chapellerie indigène, qui est nulle en 1902 et insignifiante en 1903 s'est élevée en 1904 à près de 200000 francs. Ce chifire a été très notablement dépassé depuis. Deux des principaux et des plus intelligents commerçants indigènes de Tananarive, M. Rabenja, dont une des gravures de ce chapitre représente l'atelier, et un de ses émules, M. Ranarivelo, écrivaient récenmient à l'un de mes anciens officiers de Madagascar, que par chaque courrier de France, ils expédiaient de très importantes fournitures pour les grosses maisons de chapellerie de Paris.

En outre, de nouvelles pailles ont été mises en œuvre et ont obtenu le même succès que l'ahibano ; ce sont : le manarana^ employé à la fabrication des chapeaux dits panamas malgaches^ qui commencent à faire une concurrence sérieuse à leurs similaires d'Amérique ; le tsindrodrotra^ paille dorée et brillante, qui rivalise avec les plus beaux spécimens de Chine et du Japon ; Varefoy le penjy et le foropisaka, qui servent à la confection de

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