‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 123 sur 170 · DENTELLES MALGACHES · texte numérisé non relu

DENTELLES MALGACHES

chapeaux plus communs et qu'on rencontre en grande abondance au Betsîléo, au pays sihanaka et dans certaines régions du littoral.

Enfin, sur les indications de plusieurs industriels de France, j'ai commencé à répandre à Madagascar Tindustrie des tresses de chapellerie, entièrement localisée jusqu'à ce jour en Extrême- Orient.

Cette fabrication n'est pas à dédaigner; elle fournit en eflFet, à la Chine et au Japon une exportation annuelle de plus de 30 millions de francs, dans lesquels la part de la France atteint près de 3 millions.

Un succès analogue a été obtenu par une industrie féminine, celle de la dentelle, qui a pris aussi un développement très remarquable dans la région de Tananarive et semble devoir, avant peu, alimenter d'ime façon suivie le commerce d'exportation de la colonie.

Là encore, c'est l'Administration qui dut prendre l'initiative, en stimulant les aptitudes des femmes indigènes, en distribuant gratuitement des dessins et du fil, en multipliant les kabary et en ne négligeant aucune occasion de propagande en France ou dans la colonie.

Les conseils donnés tombèrent en terrain propice : les femmes malgaches et en particulier les Hovas, montrent^ en efiFet, pour les travaux d'aiguille et autres analogues, im goût très prononcé et une réelle dextérité. La dentelle est une de leurs occupations favorites ; souvent même elles s'y adonnent par pure coquetterie féminine, pour le plaisir d'orner leurs toilettes et de se constituer un trousseau luxueux et envié. Une autre raison de leur préférence est que les travaux de dentelle leur occasionnent peu de fatigue, à l'encontre d'occupations, jugées moins distinguées, telles que le tissage des rabanes, des lambas et le tressage des chapeaux de paille.

Un bon nombre de dentellières malgaches copient d'intuition et d'une manière irréprochable les modèles, même les plus corn-

plîqués, qu^on leur procure. Elles font elles-mêmes les calques des dessins et le piquage des cartons, travaux de minutie et d'adresse auxquels la plupart des ouvrières de France, même habiles, ne sont qu'insuffisanunent exercées. Quelques-imes, fort bien douées pour le dessin, créent des modèles originaux inspirés de la flore du pays.

Les ouvrières malgaches se contentant de salaires beaucoup moins élevés que ceux d'Europe, il semble qu'il sera facile de faire de la dentelle un produit d'échange avantageux pour Madagascar. Enfin, l'introduction en France des dentelles confectionnées dans la grande île ne saurait nuire à l'industrie métropolitaine, puisque celle-ci importe chaque année — et pour une valeur considérable — des dentelles provenant des pays étrangers.

Il y a donc là, pour la population féminine de l'île une source appréciable de revenus et, pour le conmierce métropolitain, des facilités de se procurer à bon compte des articles qui, au cachet de l'exotisme joignent le mérite d'une réelle perfection.

Les demiers progrès d'ordre économique réalisés dans les régions centrales furent mis en évidence par un concours agricole qui se tint à Tananarive du 19 au 26 avril 1905, quelques semaines avant mon départ. Cette réunion, complétée par une exposition florale, attira une foule énorme de visiteurs, et le meilleur éloge qu'on puisse en faire est que la plupart des objets qui y figuraient furent vendus sur place.

Vers la même époque, avec l'active et intelligente collaboration de M. JuUy, chef du Service des bâtiments civils, je faisais terminer les préparatifs de l'Exposition coloniale de Marseille, qui a remporté le vif succès que l'on sait, et où Madagascar tint un rang des plus honorables, comme à l'Exposition universelle de Paris en 1900 et à l'Exposition d'Hanoï en 1902.

J'ai relaté précédemment la crise commerciale passagère traversée en 1902 et 1903 par le commerce de quelques villes de l'île, par suite d'importations dépassant trop manifestement les besoins réels du pays.

UN COIN ACCIDENTE DE LA PLAINE DU MANGORO, TRAVAUX DE TRACE DU CHEMIN DE FER.

KN EMYRNE, LA PLATE-FORME DU CHEMIN DE FER, SOUS LE NOM DE ROUTE DE L*IKOPA, EST EX (iRANDE PARTIE TERMINÉE.

MndAga.M:«r.

ri. 60, rngo 3U4.

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