LES BŒUFS
botanique industrielle, M. Warburg, a écrit que « dans ce genre d'entreprises, Pinîtiative appartient au Gouvernement de la colonie, secondé par le Gouvernement de la Métropole. L'Administration doit se procurer de jeunes plants, s'assurer de leur reprise dans ses jardins d'essais, puis, confier aux colons répartis dans les diverses zones et sous les climats variés de la colonie, ces plants tout venus et tout préparés pour la production».
Les divers jardins d'essais de Madagascar ont été précisément créés pour la réalisation d'un programme de ce genre et les innombrables cessions de semences, boutures et plants divers qu'ils ont faîtes aux colons et aux indigènes montrent que rien n'a été négligé pour atteindre le résultat.
Les bœufs sont avec l'or et le caoutchouc un des articles d'exportation de Madagascar présentant le plus d'intérêt d'actualité. La race bovine de l'île est indiscutablement bien appropriée pour la boucherie et pour le travail ; d'autre part, l'accroissement très marqué du cheptel', pendant les années qui ont suivi la pacification, peut permettre aujourd'hui de larges expéditions au dehors, sans compromettre en rien la satisfaction des besoins propres de la colonie.
On sait dans quelles circonstances, au lendemain de la guerre du Transvaal, un commerce important de bétail s'est établi avec les colonies sud-africaines, et pour quelles causes le trafic a ensuite considérablement fléchi. Ce ralentissement peut et doit n'être que passager. Les mesures que l'Administration a prises, et notamment la création d'un Service d'inspection vétérinaire dans les ports d'expédition, rendront probablement avant peu à Madagascar une clientèle qui, géographiquement, doit lui appartenir.
La mission essentielle du Service vétérinaire est de garantir le bon état sanitaire des animaux livrés à nos acheteurs, et, d'autre
I. Poar hâter la reconttitation du cheptel gravement compromit pendant la période insurrectionnelle, divers arrêtés, sanctionnés par des décrets, ont interdit l'exportation des vaches et génisses. Toutefois le dernier décret, de lin 1904, autorise cette sortie dans la proportion du vingtième des boeufs exportés.
part, de mettre Madagascar en garde contre les épizootîes qui ravagent périodiquement les colonies voisines. A cet effet, il a été établi dans les ports des parcs sanitaires, où les animaux sont obligatoirement visités à Feutrée et à la sortie et peuvent, sur la demande des propriétaires, être soumis à Pépreuve de la tuberculine avant rembarquement. En outre, des négociations ont été engagées pour rétablissement, moyennant subvention, d'un service régulier de vapeurs entre les ports de Madagascar et ceux de TAfrique du Sud.
La tâche de TAdministration étant ainsi accomplie, les colons doivent, de leur côté, tirer de la première expérience faite les enseignements qu'elle comporte, et ne destiner à T exportation que des animaux sains, bien en chair, utilisables aussi bien pour le travail que comme bêtes de boucherie. Ils ne doivent pas oublier que c'est une série d'envois de bœufs malingres qui a, pendant quelque temps, discrédité à tort le bétail malgache sur un marché où il avait trouvé jusqu'alors un écoulement facile et fructueux. Le Grouvemement de la colonie n'a négligé aucun moyen de faire comprendre aux intéressés l'opportunité d'abandonner de pareils errements ; la reprise des transactions dépend donc en grande partie des exportateurs eux-mêmes, subordonnée qu'elle est à la condition des animaux expédiés et aux prix que les vendeurs entendent en obtenir.
Un mot encore sur le coton. J'ai déjà fait mention des perspectives d'avenir qu'offre à la colonie la culture, puis l'exportation de ce produit. Les essais les plus récents pratiqués en France sur les cotons malgaches permettent à ce sujet les meilleiu'es espérances ; enfin V Association cotonnière coloniale s'est intéressée à nos efforts ; elle a noué depuis quatre ans, tant avec l'Administration qu'avec quelques-uns des principaux colons, des relations suivies, qui lui permettent de se tenir constamment au courant de l'état de la question à Madagascar et de préparer des débouchés aux envois qui seront faits dans la Métropole.