‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 14 sur 170 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

PACIFICATION DE L'EMYRNE

La situation en Emyrne en septembre 1896. S Les causes de l'insurrection. H

INEFFICACITÉ DE L*ACTION MILITAIRE SÉPARÉE DE L'aCTION POLITIQUE. || NéCESSIT^ d'utiliser LES RESSOURCES DU CORPS D'OCCUPATION. || La LOI D*ANNEXION ET SES CONSÉQUENCES. || L'EmYRNE ET LE BeTSILÉO CONSTITUÉS EN TERRITOIRE MILITAIRE.

I Suppression de la royauté. || Les opérations militaires, occupation

PROGRESSIVE ET PACIFICATION DE L'EmYRNE. || PREMIÈRE EXTENSION DE L'INFLUENCE FRANÇAISE DANS LES PROVINCES CÔTIJERES.

ATananarive les renseignements qui me parvinrent de tous côtés me permirent bientôt d'apprécier l'importance et de reconnaître les causes du mouvement insurrectionnel qui s'était généralisé en Emyme et compromettait si gravement les résultats obtenus par la dernière campagne.

Pour juger de la situation politique de Madagascar à la fin de 1896, il est nécessaire de jeter un rapide coup d'œil en arrière et de faire ressortir les conditions spéciales et en somme assez précaires, dans lesquelles s'exerçait, lors de la conquête française, la souveraineté dé la Cour d'Emyme sur les peuplades très diverses qui habitaient la Grande De.

De nombreuses et savantes études d'ethnographie et, au premier rang, celles dé M. Alfred Grandidier, ont assigné à la population malgache deux origines principales : une inmiigration Indo-Mélanésienne remontant à peu près au xv^ siècle et une autre provenant de la Malaisie et postérieure d'un siècle environ à la première.

Tananarive dans les mêmes formes qu'avec les autres chefs d'État. A la même époque, rîmpératrice Eugénie écrit personnellement à Rasoherina et l'entretient 4: de la haute mission que Dieu a confiée aux rois et de l'œuvre grandiose qu'elle peut et doit accomplir à l'aide du pouvoir immense qu'elle détient >.

Vingt-cinq ans plus tard, pendant la période de tension qui précéda la guerre de 1883- 1885, xme ambassade du Gouvernement ho va, conduite par Ravoninahitriniarivo, ministre des Affaires étrangères, fut reçue solennellement par les chefs d'État des plus grandes puissances, en France, en Angleterre, en Allemagne, aux États-Unis, et passa avec eux des traités en règle.

En réalité cependant, cette puissance hova n'était plus qu'en façade; dépourvue de toute organisation intérieure sérieuse, il s'en fallait de beaucoup qu'elle se fût, conune on le croyait, imposée à toute l'fle et qu'elle eût réalisé dans ce vaste pays l'unité de gouvernement et la similitude des institutions.

Aux confins mêmes de l'Emyme, des peuplades sauvages et arriérées, n'ayant d'autres qualités qu'im tempérament éner^que et belliqueux, avaient plus d'une fois mis en complète déroute les expéditions dirigées contre elles pour les ranger sous l'autorité royale.

Ces tribus, très différentes de coutumes, de traditions et de mœurs, restaient d'ailleurs profondément divisées et des luttes sanglantes les mettaient constamment aux prises. Enfin, hostiles par tempérament à toute discipline et à tout progrès, elles n'étaient pas plus disposées à accepter notre domination que celle tant de fois repoussée du gouvernement de Tananarive.

En résumé, à la veille de la conquête de 1895, Madagascar comprenait :

Le pays de souveraineté^ formé par l'Emyrne, où la reine gouvernait d'une manière directe, exerçant un pouvoir autocratique, accepté par tous. Dans cette contrée, le contact des Européens, datant de plus d'un demi-siècle, avait commencé à faire pénétrer des rudiments de civilisation. Mais les castes

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