LA DOMINATION HOVA
dirigeantes avaient seules bénéficié de ces influences du dehors, et la masse du peuple était restée dans im état de sujétion rigoureuse, d*engourdissement intellectuel et social bien peu propre à la faire évoluer vers le progrès ;
Les pays d^hégémoniCy habités par les tribus vassales auxquelles les divers souverains, depuis Andrianampoinimerina, avaient peu à peu imposé leur autorité effective, sanctionnée par rimpôt et exercée par des gouverneurs envoyés de Tananarive. Les peuplades ainsi assujetties comprenaient : les Betsiléos, les Bezanozanos, les Sihanakas, les Betsimisarakas et une partie des Antankares du nord de Tîle ;
Les pays d* autorité nominale ^ où les Hovas avaient, par force ou par ruse, fait admettre le principe de leur suzeraineté. Toutefois, ce n'était que fort rarement que les chefs de ces contrées, habilement circonvenus, se décidaient à envoyer à Tananarive un maigre « hasina i^ (tribut) ;
Les pays indépendants^ occupés par des tribus nombreuses et guerrières : Sakalaves, Mahafaly, Antandroy, Baras, Tanalas, Antanosy, etc., qui n'avaient jamais reconnu ni subi la domination hova et dont quelques-imes, les Sakalaves notanunent, avaient infligé de sanglants échecs à diverses expéditions militaires envoyées contre elles par le Gouvernement de la reine.
L'Emyme représente une superficie de 25000 kilomètres carrés, renfermant une population qu'on évalue à environ un million d'habitants, soit en moyenne 40 habitants par kilomètre carré. On peut l'encadrer dans, un rectangle de 200 kilomètres du nord au sud et de 125 kilomètres de l'est à l'ouest. Tananarive est à peu près sur le parallèle médian, mais plus rapproché de la limite est, dont il n'est distant que de 50 kilomètres.
Le pays était divisé en un certain nombre de circonscriptions, ayant à leur tête des gouverneurs nommés par le Premier ministre, investis des fonctions politiques, administratives, financières, judiciaires, et relevant directement du pouvoir central.
La carte (PI. 6) fait ressortir la situation de là domination
hova au moment de la campagne de 1895. Le traité intervenu au lendemain de la prise de Tananarive et même> l'acte unilatéral signé par la reine le 18 janvier 1896, n'y avaient, en droit, rien changé; malgré l'expérience qu'on venait de faire, dix années durant, de l'insigne mauvaise foi du Gouvernement malgache, ces deux textes avaient laissé subsister le principe, posé par le traité du 17 décembre 1885, de l'hégémonie de la cour d'Emyme sur toutes les populations de Madagascar.
D'après cette doctrine, les droits de la France sur l'île entière devaient continuer à s'exercer par l'intermédiaire des fonctionnaires hovas représentants de l'autorité royale. On admettait que ceux-ci, respectueux des'stipulations du traité et fidèles aux engagements pris, s'emploieraient à asseoir notre influence dans les diverses parties de l'île et à y sauvegarder nos intérêts. La connaissance qu'ils possédaient des coutumes des autres peuplades, une aptitude indéniable au commandement, et, en outre, la communauté de langue et certaines affinités d'origine, semblaient une garantie qu'ils s'acquitteraient de cette tâche plus aisément que des fonctionnaires européens, ayant tout à apprendre pour s'adapter à un milieu aussi nouveau.
D'ailleurs, à Tananarive même, certaines mesures avaient été prises pour assurer, plus efficacement qu'autrefois, l'exercice de notre protectorat. Depuis le traité de 1895, le pouvoir central était aux mains d'un Conseil comprenant trois ministres et présidé par le secrétaire général de la Résidence générale. Les actes divers préparés par ce conseil : lois locales, règlements et arrêtés, etc., étaient soumis à la signature de la reine, mais ne devenaient définitifs qu'après homologation du Résident général. Mais, comme il vient d'être dit, l'exécution — qui était la chose essentielle — restait en grande partie confiée aux fonctionnaires indigènes des provinces, faute de posséder le cadre de fonctionnaires européens qui eût été nécessaire pour exercer xm contrôle efficace de l'administration malgache.
L'organisation politique et administrative et les instructions