‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 143 sur 170 · LÉPROSERIES · texte numérisé non relu

LÉPROSERIES

tance médicale, mais, sur les questions importantes, et sauf les cas d*urgence, elle ne prend les mesures d'exécution qu'après avis du comité central.

Le service ainsi org^anisé a fonctionné dans les meilleures conditions et les mesures prises ont été sanctionnées par un décret du chef de l'Etat à la date du a mars 1904.

La constitution des ressources financières a fait l'objet d'une règ'lementation spéciale.

Après avoir été en premier lieu à la charg-e du budg-et local et aidée aussi par les dons volontaires des fokon'olonas, l'assistance médicale fonctionne depuis 190a au moyen d'un bud|^et spécial, dit hudgtt auUmomê» pour lequel chaque province se crée les ressources par une taxe annuelle dont le taux varie suivant les répons.

Ce principe de l'autonomie financière a été consacré par l*arr6té du 13 juillet 1903 et définitivement sanctionné par le décret du 2 mars 1904.

Le personnel affecté au service comprend : des médecins européens, à raison de un au moins par province, pour la direction technique d'ensemble ; des médecins indigènes de colonisation et des sages-femmes indigènes.

J'ai déjà indiqué la création en 1900 du corps des médecins indigènes de colonisation ; un corps de sages-femmes indigènes, recruté également par voie de concours parmi les sages-femmes diplômées de l'École de médecine de Tananarive, fut constitué par arrêté du i** juillet 1903.

Ainsi organisé et outillé au point de vue administratif et financier, le service de l'assistance médicale put prendre un rapide développement. Par arrêté du 30 mars 1904, il fut étendu au pays betsimisaraka : provinces de Maroantsetra, Fénérive, Tamatave, Andévorante-Vatomandry- Mahanoro, district de Fetraomby, et au cercle de Fort-Dauphin.

Un peu plus tard, ce fut le tour de six autres provinces importantes ; quatre de la région du nord-ouest : Majunga, Analalava, Mandritsara, Mévétanana; le district de Beforona dans la région intermédiaire, et la province de Tuléar dans l'extrême sud de llle.

Le nombre des indigènes assistés, qui était de 75O0CX> en Z901, est passé successivement à 900000 en 1902, I looooo en 1903, 1 400000 en 1904 et 1 700000 en 1905.

Quant à l'institution des médecins et sages-femmes indigènes, dont le fonctionnement pouvait comporter au début les incertitudes dont aucune œuvre nouvelle ne saurait s'afifranchir, les résultats ont été aussi complets et satisfaisants que possible.

Les médecins malgaches sont devenus les piliers de l'assistance médicale. Bien considérés par les populations et faisant à leur égard preuve de sollicitude et de dévouement, ils dirigent et entretiennent dans d'excellentes conditions tous les établissements à la tète desquels ils sont placés.

Les sages-femmes méritent les mêmes éloges et rendent de grands services dans toutes les maternités auxquelles elles sont affectées.

Parmi les formations sanitaires, les léproseries mériteraient d'assez longs dèveleppements, en raison du but spécial pour lequel elles ont été créées.

Le cadre de cette étude me conduit à en donner seulement l'énumération :

Léproserie d'Ambohidratrimo, ouverte en 1900; hospitalisait plus de 800 lépreux au commencement de 1905.

Léproserie de Manankavaly : 350 malades.

Léproserie d'Antsirabé, appartenant à la Mission norvégienne et subventionnée par la colonie : 700 malades.

Léproserie de Fianarantsoa : 400 malades.

Léproserie de Farafangana, appartenant à la Mission lazariste et subventionnée par la colonie : 400 malades.

Léproserie de Midongy : 250 malades.

Léproserie de Soavinandriana : 250 malades.

Je citerai aussi quelques léproseries privées :

Léproserie de la Mission catholique à Fianarantsoa : 50 malades.

Léproserie de la London Missionary Society à Fianarantsoa : 50 malades.

Léproserie de la Mission norvégienne à Fianarantsoa : 20 malades.

Au moment où j'ai quitté l'île, des mesures avaient été prises pour l'ouverture prochaine de deux nouvelles léproseries : à la pointe à Larrée, près de Fénérive, pour les malades des régions betsimisarakas; dans l'îlot de Sakatia, près de Nossi-Bé, pour les lépreux des régions du nordouest; en outre, une convention avec la Mission norvégienne était à l'étude pour la création d'une troisième léproserie à Morondava, sur la côte sakalave.

Je mentionnerai enfin d'autres formations créées ou mesures prises en vue du but humanitaire

poursuivi : l'ouverture en 1898 aux environs de Tananarive d'un Institut Pasteur, et un peu plus tard, à Diégo-Suarez, d'un parc vaccinogène pour fournir aux différentes provinces de l'intérieur ou des régions côtiéres les tubes de vaccin qui leur étaient nécessaires. Dans les deux établissements, les préparations ont donné de bons résultats et on peut évaluer dans l'ensemble k une moyenne de 75 pour 100 le nombre des personnes qui ont été vaccinées avec succès.

L'Institut Pasteur de Tananarive a assuré aussi dans d'excellentes conditions le traitement antirabique. De 1901 à 1904, 400 personnes, dont 88 Européens et 31a Malgaches, mordus par des chiens reconnus atteints d'hydrophobie, y ont été soignées. Aucun Européen n'a succombé et deux cas d'indigènes seulement ont eu une issue fatale.

Je citerai aussi : l'hôpital des vénériens d'Itaosy, la société des Enfants métis, qui, fondée en 1900 par l'initiative privée et largement subventionnée à diverses reprises par l'Administration de la colonie, poursuit avec un dévouement et une sollicitude des plus dignes d'éloges le but moralisateur qu'elle s'est proposé.

Pour compléter l'œuvre administrative proprement dite, je fis imprimer et répandre à profusion dans les villes et dans les campagnes des brochures en langue malgache, montrant sous forme de conseils pratiques les dangers des diverses maladies, les moyens de les éviter, indiquant les principes généraux d'hygiène et les soins à apporter à l'éducation des enfants.

Les fonctionnaires et les médecins indigènes furent chargés d'assurer la diffusion de ces brochures et de les expliquer et commenter dans des kabary aux populations.

Je me préoccupai aussi d'enrayer l'extension de l'alcoolisme et, dans ce but, de soumettre le commerce des spiritueux à une réglementation sévère dont il sera question plus loin.

Des études techniques, procédant par voie de recherches et d'expériences, furent entreprises par le service de santé pour combattre dans leurs causes locales les maladies les plus répandues parmi les Malgaches : paludisme, tuberculose, syphilis, lèpre, etc..

Je rappellerai aussi l'organisation très complète du service sanitaire des chantiers du chemin de fer, qui restreignit à un chiffre très minime la mortalité et la morbidité pendant la période si difficile des travaux dans la région côtière ; puis, les mesures de préservation contre les épidémies de peste, choléra, etc., la création de lazarets dans les principaux ports, enfin l'organisation du service médical pour le corps d'occupation et les Européens, déjà décrite dans le chapitre XI de l'ouvrage.

Cet ensemble de mesures a certainement préservé le peuple malgache de la déchéance physiologique dont il était menacé, et préparé ainsi, pour notre nouvelle possession, le repeuplement, condition indispensable.de sa prospérité.

STATISTIQUE

Au i*' janvier 1905, les formations sanitaires de l'assistance médicale indigène réparties dans toute l'île étaient au nombre de 119, dont 38 hôpitaux, 4a maternités, a8 dispensaires et il léproseries.

Pendant l'année 1904, il a été donné a 669 096 consultations gratuites; le nombre des hospitalisations s'est élevé à 54514 POur les malades ordinaires et 3300 pour les lépreux.

Le personnel employé comprenait 14 médecins européens, 46 médecins indigènes, 44 sagesfemmes indigènes et 350 infirmiers et infirmières indigènes.

Pendant la même période annuelle, 45 personnes ont été traitées pour la rage à l'Institut Pasteur de Tananarive ; un seul cas a eu une issue fatale.

Le vaccin jennérien est préparé dans deux établissements, l'Institut Pasteur de Tananarive et le parc vaccinogéne de Diègo-Suarez.

En 1904, il a été fait : avec le vaccin provenant de l'Institut Pasteur 185 684 vaccinations qui ont donné 85 pour 100 de succès et 16065 re vaccinations qui ont donné 47 pour 100 de succès; avec le vaccin de Diégo-Suarez, a866a vaccinations qui ont donné 75 pour 100 de succès et a 95a revaccinations avec 58 pour 100 de succès.

Les dépenses faites pour l'assistance médicale se sont élevées d'année en année dans la proportion suivante :

laooo francs en 1896 340000 francs en 1901

aooooo — 1900 laooooo — 1905

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