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L*BNSBIONBMBNT PUBUC INDIGÂNB. — PHINCIPKS APPLIQUÉS; L*éTUDE OBLIGATOIBB DU FRANÇAIS DANS LES ÉCOLES ; L*KNSEIQNBMBNT PROFESSIONNEL. — PHASES SUCCESSIVES DU DÉVELOPPEMENT DE L'ENSEIGNEMENT OFFICIEL. — L'ENSEIGNEMENT DES ENFANTS EUROPÉENS.
Dès le début, les principes suivants ont servi de base aux prog^rammes des écoles des diverses catégories :
i« Diffusion aussi grande que possible de la langue française et obligation de consacrer à son enseignement une grande partie des heures de classe.
a« Grande importance donnée à l'enseignement pratique et professionnel et propagande en faveur de l'idée que cet enseignement est le principal facteur du développement et de la pr'^spérité du pays.
y Organisation, en dehors de l'enseignement purement professionnel, d'un enseignement spécial en vue d'assurer le recrutement des fonctionnaires indigènes.
Le programme général ainsi défini fut réalisé progressivement.
Dés le 5 octobre 1896, une circulaire impose à toutes les écoles sans distinction l'obligation d'enseigner le français c pour mettre en œuvre l'un des plus puissants moyens d'initier nos nouveaux sujets aux principes de civilisation et pour les préparer à fournir le concours nécessaire aux entreprises de nos colons ».
Le II novembre, de nouvelles instructions précisent les premières et posent deux principes nouveaux : la liberté du choix de l'école pour les parents et le droit d'inspection des écoles privées par les autorités françaises. En outre, elles tracent pour la première fois un programme d'ensemble et insistent sur la nécessité d'un enseignement pratique et professionnel.
Le 2 janvier 1897, un arrêté crée l'École Le-Myre-de-Vilers, qui est divisée en trois sections destinées à former : des interprètes, des instituteurs, des candidats aux fonctions administratives.
Quinze jours plus tard, un autre arrêté, du 18 janvier 1897, impose la connaissance de la langue française à tous les indigènes occupant des emplois du Gouvernement.
En même temps, à défaut d'instituteurs des cadres réguliers, je recours aux éléments du corps d'occupation et aux maîtres des écoles privées pour commencer à faire fonctionner le service de l'enseignement officiel.
Bientôt, celui-ci prend son essor; pendant les années 1897 et 1898, le nombre des écoles qu'il possède en Emyme passe de trois à cent vingt et celui des élèves de 450 à aoooo.
L'École < Le-Myre-de-Vilers > voit aussi augmenter le nombre de ses élèves ; pour répondre à des besoins nouveaux, elle se complète par une section qui reçoit les jeunes gens désireux d'embrasser les carrières commerciales.
Parallèlement aux écoles d'enseignement pédagogique, l'Administration de la colonie fonde des ouvroirs et de petites écoles professionnelles.
Sous l'influence de ces mesures, la cause de l'enseignement officiel ne tarde pas à devenir populaire ; nombre de fokon'olonas construisent des écoles par voie de souscription et demandent des instituteurs aux autorités locales.
En 1899, un arrêté du 16 avril et un programme du 26 juillet suivant développent la réglementation précédente et établissent pour la première fois une classification méthodique des écoles officielles. L'organisation nouvelle comprend :
A réchelon inférieur : les écoles primaires, dans lesquelles la moitié du temps des élèves doit être consacrée à l'enseignement général et l'autre moitié à l'enseignement professionnel primaire.
Au Second degrré : les écoles régionales d'apprentissage industriel et agricole, dans lesquelles l'enseignement, tout en conservant un côté pédagogique, s'affirme de plus en plus dans le sens pratique et professionnel.
A réchelon le plus élevé : trois Écoles supérieures : l'École professionnelle et l'École Le-Myre-de- Vilers déjà ouvertes à Tananarive et une École d'agriculture à créer.
Des conditions de capacité sont imposées aux instituteurs officiels ; un certificat d'aptitude à l'enseignement est créé à cet effet. En outre, les conditions de la collaboration des écoles libres à l'œuvre de l'enseignement public sont nettement définies.
Sous ce régime, qui dura prés de deux ans, l'enseignement officiel continua à progresser et s'étendit au Nord, à l'Ouest et au Sud, à des contrées de pacification ou d'organisation récentes.
Puis, les besoins s*étant accrus, un arrêté du 25 mars 1901 fit une nouvelle mise au point de la réglementation.
L*île fut divisée en quatre grandes circonscriptions scolaires, avec chefs-Ueux à Tananarive, Fianarantsoa, Mahanoro et Analalava.
D'autre part, l'envoi d'un contingent d'instituteurs de France ayant rendu moins nécessaire la collaboration des écoles privées, il fut spécifié que les subventions ne seraient accordées désormais qu'à celles de ces écoles qui suivraient les programmes indiqués par le Gouvernement de la colonie, et qui donneraient une importance suffisante à l'enseignement professionnel.
De 1901 à 1903, l'enseignement officiel continua à se renforcer en personnel des cadres réguliers mis à ma disposition par M. le ministre des Colonies. Il put ainsi se répandre dans presque toutes les parties de l'île, et notamment dans les régions soumises depuis peu, où, seuls jusqu'à ce jour, nos soldats et quelques gradés de la milice avaient pu assurer le fonctionnement des écoles.
Je fus amené ainsi à une nouvelle réorganisation, celle de l'arrêté du 15 juin 1903, dont lea principales innovations se résument ainsi :
I* L'instruction est en principe obligatoire, mais cette obligation est limitée aux seuls cantons dans lesquels existent des écoles officielles, et ce, pour ne pas imposer aux parents l'envoi de leurs enfants dans des écoles privées dont les programmes comporteraient l'enseignement de telle ou telle doctrine à laquelle eux-mêmes n'adhéreraient pas.
2« Organisation plus complète des écoles régionales d'apprentissage, auxquelles est ajoutée dans certaines réglions une section normale pour la préparation des instituteurs.
y Création d'écoles professionnelles de filles.
4* Création de bourses dans les écoles régionales et les écoles professionnelles de filles.
5* Réorganisation et augmentation du personnel de l'enseignement officiel.
Le nouvel arrêté fut mis en vigueur dans les quatre grandes circonscriptions entre lesquelles l'tle avait été partagée.
Quelques mois plus tard, je pus constater que la collaboration de la grande majorité des écoles privées recevant des subventions continuait à ne pas répondre, surtout en matière d'enseignement professionnel, à ce que l'Administration de la colonie était en droit d'attendre. C'est dans ces conditions que, me conformant d'ailleurs aux instructions du Gouvernement de la Métropole, je pris l'arrêté du 33 janvier 1904, qui conduisit la réglementation au point où elle était au moment de mon départ, et réserva, à compter du i** janvier 1905, toutes les ressources au service de l'enseignement officiel.
Entre l'arrêté du 15 juin 1903 et celui du 23 janvier 1904, en intervint un autre, à la date du 5 juillet 1903, qui créa à Tananarive, Mahanoro et Analalava, trois écoles adminisiraUves et commerciale. Comme leur dénomination l'indique, ces écoles ont pour objet de fournir, tant à l'administration indigène qu'au commerce local, des employés possédant les connaissances nécessaires, non comprises dans les programmes d'enseignement professionnel.
En résumé, de 1896 à 1905,1e service public de l'enseignement des indigènes, parti de rien, s'est étendu à toute l'tle. Les principes modernes qui y prévalent et les programmes utilitaires qui y sont suivis en font le principal foyer d'activité de la jeunesse malgache. Mettant en œuvre l'intelligence naturelle de la race, les écoles officielles forment des jeunes gens à l'esprit ouvert, aptes au rôle actif que j'ai tenu à confier aux fonctionnaires indigènes, ou capables de s'employer d'une façon utile dans les entreprises agricoles, industrielles ou commerciales.
En 1901 et 190a, l'accroissement du nombre des colons avait été très marqué dans les principales villes de l'île. Je reconnus dès lors nécessaire de créer quelques établissements scolaires, spécialement destinés aux enfants européens.
Trois arrêtés du 2^ janvier 1903 instituèrent à cet effet des écoles, dites priparaioirês, à Tananarive, Tamatave et Diégo-Suarez ; depuis lors, des établissements similaires ont été créés à Majunga et à Mananjary.
Les programmes de ces écoles ont surtout pour objet de fournir aux enfants un bagage de connaissances les mettant en mesure d'aborder les entreprises coloniales ; en outre, ils leur donnent une préparation efficace pour poursuivre des études plus complètes dans la Métropole.
Pour donner une idée de l'importance prise par ces écoles, il suffira de dire qu'en 1905, le tiers (70000 francs) des crédits prévus pour le personnel enseignant européen leur a été affecté.
Le nombre des enfants d'origine européenne qui les fréquentaient au mois de mai 1905 était de 328, dont 130 pour Diégo-Suarez, 42 pour Majunga, 29 pour Mananjary, 60 pour Tamatave, 67 pour Tananarive.
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