L'ESCLAVAGE ABOLI
tion de Pesclavàge parut an Journal Officiel de Madagascar sous la signature de M. Laroche, mon prédécesiseur.
Les castes nobles, qui perdaient ainsi, sans compensation, Un capital considérable, en éprouvèrent un réel dépit et je pus craindre de ce chef une aggravation de la situation politique.
D'autre part, les affranchis, après manifesté les premiers jours une joie débordante, se montrèrent bientôt inquiets des moyens de continuer à pourvoir à leur existence et à celle de leur famille. Pour prévenir des coriiplicatibns, je dus provoquer des arrangements permettant aux àffiranchis dé demeurer provisoirement chez leurs anciens maîtres, et de devenir leurs employés libres. Il fut possible ainsi de ménager les transitions et d'éviter les difficultés qui, en France, avaient préoccupé certains esprits. Dans im ordre d'idées analogue, je supprimai certaines pénalités barbares, par exemple la mise aux fers, que l'ancieime justice malgache appliquait aux moindres délits. Grâce à ces mesures, il se forma, principalement chez les anciens esclaves, un premier noyau de ralliés qui me fournirent bientôt un précieux appoint, soit pour combattre l'insiurection en s' engageant dans les rangs des tirailleurs malgaches, soit pour ravitailler le plateau central menacé de famine, en s'employant aux transports entre la côte et Tananarive.
Le Journal Officiel du 27 septembre 1896 publia enfin deux autres arrêtés, dont le principe avait été admis avant mon départ de France par M. le Ministre des Colonies. L'un constituait l'Emyme et le pays betsiléo en territoire militaire, Pautre proclamait l'état de siège dans ces mêmes régions. Ces mesures exceptionnelles avaient uniquement poiu: objet de donner à l'autorité militaire les moyens d'action énergiques et rapides qui lui étaient nécessaires pour avoir raison des insurgés, et, au besoin, poiu: déjouer les menées étrangères qui auraient encom-agé la rébellion. n ne pouvait être question de placer sous un régime plus rigoureux que précédemment les colons ou commerçants français habitant Madagascar, et céux-^ci, dans im sentiment de solida-
rite nationale que je me plais à rappeler, m'avaient déclaré, à Tamatave comme à Tananarive, qu'ils considéraient comme indispensable de recourir à l'état de siège.
Les principes généraux étant posés, il fallait créer une organisation administrative appropriée aux diverses régions connues du plateau central et de la côte est, sur lesquelles la domination française devait s'exercer en premier lieu.
Au début, pour réaliser au mieux, par l'unité de direction et d'action, le programme qui m'était assigné, l'état-major centralisa toutes les questions. Un de ses bureaux, dirigé par le capitaine Lucciardi auquel furent attachés quelques jexmes fonctionnaires arrivés récemment dans la Colonie, fut spécialeirient chargé d'expédier les affaires civiles, politiques et commerciales. Je m'inspirai, ainsi que je l'ai exposé par la suite dans mes rapports à M. le Ministre des Colonies, de deux principes essentiels, dont je considère après une longue expérience, l'application comme indispensable dans un pays neuf :
Concentrer tous les pouvoirs sous ime direction unique ;
Attribuer une responsabilité effective à tous ceux qui détiennent une part quelconque d'autorité.
Suivant cet ordre d'idées, un premier arrêté créa cinq circonscriptions militaires :
Le Gouvernement de Tananarive comprenant la capitale et sa banlieue immédiate. Ce commandement fut confié au colonel Bouguié, de l'infanterie coloniale, dont j'appréciais au plus haut point l'énergie, les qualités de commandement et les remarquables aptitudes administratives;
Le cercle d^Arivonimamo;
Le cercle d^Atnbohidrairimo;
Le cercle d^ Amhohidrahiby ;
Le cercle d^Amhatomanga.
Peu après, je créai le cercle d^Ambatondrazaka dans le pays sihanaka, et le cercle de Moramanga dans le pays bez^nozàno.
Poiu: ne pas contrarier sans, utilité les habitudes des popula-
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