‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 19 sur 170 · POLITIQUE DES RACES · texte numérisé non relu

POLITIQUE DES RACES

tîons indigènes, les limites de ces circonscriptions coïncidèrent autant que possible avec celles des anciennes provinces malgaches.

L^organisme politique, militaire et administratif des cercles fonctionna suivant les règles suivantes :

Le commandement du cercle a sous ses ordres les troupes de diflFérentes armes et le personnel civil, européen ou indigène, en service dans sa circonscription. Il est seul responsable des résultats obtenus, et a seul la disposition de tous les moyens, militaires ou autres. Ses pouvoirs administratifs s'étendant à tout, il utilise, diaprés les directives générales qui lui sont données, le personnel européen, militaire ou civil et, le cas échéant, Pancien personnel du Gouvernement malgache.

Au fur et à mesure des progrès de la pacification, d'autres cercles furent créés, dans des régions plus éloignées de la capitale, avec chefs-lieux à Betafo, Miarinarivo, etc.; puis l'action du pouvoir central fut décentralisée par l'institution d'un nouvel organe : le territoire militaire^ formé par le groupement de plusieurs cercles. On put ainsi diminuer le nombre des subordonnés auxquels il fallait envoyer des ordres, et mieux coordonner vers le but à atteindre les efforts combinés de plusieurs commandants de cercle .

L'hégémonie hova fut supprimée et les populations jusqu'alors vassales de la cour d'Emyrne furent convoquées à des kabary pour choisir elles-mêmes leurs chefs.

Suivant ce même principe de la « politique des races >, et bien que la loi d'annexion eût supprimé en droit l'Etat malgache, je cherchai à utiliser en Emyrne le personnel de l'ancien Gouvernement, à condition qu'il mît loyalement au service de la France l'autorité dont il pouvait disposer. Quelques jours après mon entrée en fonctions, je convoquai les minfstres et, leur donnant à entendre que je connaissais leurs compromissions avec les rebelles, je leur fis part de mes intentions en ces termes :

En quelques jours, il organisa et installa les services du cercle militaire, déposa le gouverneur hova dont les abus de pouvoir et les exactions étaient en grande partie cause du mécontentement des populations, et fit nonmier à sa place un chef de la contrée, élu par une assemblée populaire. Il procéda ensuite à une reconnaissance du pays, qui lui permit de ramener quelques chefs rebelles, et de faire réintégrer leurs villages à un grand nombre d'habitants.

Au mois de mai 1897, notre installation dans le pays avait pris aux yeux des habitants un caractère définitif. Le chef de bataillon Rouland, commandant du cercle, avait établi les liaisons avec Tamatave, parFénérive etparDidy; avec Moramanga, par la vallée du Mangoro; avec Tananarive, par Tanifosty et Anjozorobé; avec la vallée de la Betsiboka, par Soalazaina; avec Mandritsara, par Anosimboahangy. Le commandement avait été décentralisé par la division du cercle en quatre secteurs ; enfin, Ramenamaso, organisateur de Tinsurrection sihanaka, avait fait sa soimiission.

Dans le cercle de Moramanga, habité par les Bezanozanos, vassaux des Hovas comme les Sihanakas, la pacification suivit également une marche rapide, et tout était rentré dans Tordre au mois de mai 1897.

Dans les cercles de TEmyme, les rebelles étaient plus difficiles à réduire, parce qu'ils avaient à leur tête des chefs énergiques sachant coordonner leurs efforts, comme Rabozaka et Rabezavana, et aussi parce que la masse des insurgés, au lieu d'appartenir, comme dans les cercles d'Ambatondrazaka et de Moramanga, à des tribus vassales, était en très grande majorité composée de Hovas recevant les inspirations des agitateurs de Tananarive, et plus directement intéressés à entraver rétablissement définitif de Tautorité française à Madagascar.

Le cercle d'Ambohidrabiby, dont le chef-lieu fiit transféré im peu plus tard à Anjozorobé, était la région de TEmyme où le gros effort des rebelles avait porté au début.

If • <w 1 ^ ^

Page 1