‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 20 sur 170 · DEUX CHEFS REBELLES · texte numérisé non relu

DEUX CHEFS REBELLES

Les deux principaux chefs : Rabezavàna, ancien gouverneur hovà d'Antsatrana, et Rabozaka, son frère de sang, étaient des hommes résolus, dont la vigueur physique et la réputation de cruauté en imposaient aux populations. Ils s*étaient partagé les régions du nord et du nord-est de rEm3rme.

Le chef de bataillon Mougeot, commandant du cercle d'Ambohidrabiby, réussit dès le début à les déloger de quelques positions avancées ; en même temps, le colonel Combes, rentrant d'Ambatondrazaka, faisait une trouée hardie dans la région forestière occupée par Rabozaka, et établissait ainsi une communication sûre entre le pays sihanaka, le cercle d^Ambohidrabiby et Tananarive.

Pour confirmer ce premier succès et donner plus d^ampleur aux opérations, je créai un territoire militaire dont je confiai le commandement au colonel Combes, et qui comprit les trois cercles d'Ambatondrazaka, de Moramanga et d'Ambohîdrabiby. Le siège de ce territoire fiit établi à Tanifotsy, au débouché de la forêt du côté de PEmyme.

La rapidité et la vigueur des coups portés ne tardèrent pas à rendre critique la situation des bandes, et à restreindre de plus en plus le terrain sur lequel elles pouvaient évoluer. A la fin de décembre, un fort parti dHnsurgés, à court de vivres, tenta un coup de main désespéré dans xme région de rizières située à Test de Tananarive. En quelques heures, il fut repoussé et pourchassé de partout; malheureusement, un officier de valeur, le lieutenant Guillet, de Pinfanterie coloniale, trouva la mort dans cette échauffourée. Quelques jours plus tard, pour accentuer le nouvel échec infligé aux rebelles, une colonne formée sous les ordres du lieutenant-colonel Htlrstel effectua une battue profonde de la forêt où il ne subsista plus bientôt que quelques repaires dans les parties les plus inaccessibles.

Rabozaka vint occuper un de ces réduits, inabordable, hérissé d'obstacles, le camp de Mampidongy, établi siu- la lisière ouest de la forêt, en face du poste d'Analabé. Il en fut délogé par le

région située entre la rive gauche de Tlkopa et le pays sakalave.

Le commandant Reynes et le capitaine Compérat, placés à la tête de ces circonscriptions, y firent de rapide et utile besogne, en poussant méthodiquement leur ligne de front vers Touest, nettoyant le massif montagneux de l'Ankaratra des pillards qui r infestaient et dégageant la route de Tananarive à Fianarantsoa pour se relier au cercle d^Ambatomanga.

Lorsque cette liaison fut assurée, je constituai en un territoire militaire, suivant le principe que j'avais déjà appliqué au nordest, les trois cercles d'Ambatoraanga, d'Arivonimamo et de Soavinandriana. Le lieutenant-colonel Borbal*Combret fut placé à la tête de la nouvelle circonscription, avec mission de consolider les résultats déjà acquis, d'assurer l'unité de direction politique et militaire, d'établir nos postes avancés sur les frontières extrêmes de l'Emyme, et d'y préparer la pénétration en pays sakalave. En vue de ce dernier résultat, je transformai la province civile du Vakinankaratra en un nouveau cercle militaire, qui fiit rattaché au territoire militaire que je venais de créer ; cette circonscription eut Betafo pour chef-lieu.

Un peu plus tard, l'objectif à atteindre s'étant précisé davantage, le cercle d'Arivonimamo fut démembré et réduit à l'Ambodirano, région riche, désormais complètement tranquille, où la densité de la population atteint 50 habitants par kilomètre carré, et dont on pouvait, sans aucun risque, commencer la mise en valeur. Les régions détachées furent constituées en un nouveau cercle, dont le chef-lieu fut établi à Miarinarîvo, et dont le commandant put prendre exclusivement comme objectif la pacification des régions encore troublées de l'ouest de l'Emyme, et la préparation de la pénétration chez les Sakalaves.

Des résultats importants furent bientôt obtenus. Dans les premiers jours de mars, nos troupes occupaient Fenoarivo, puis Tsiroanomandîdy, ancien poste militaire hova établi sur la frontière nord-ouest de l'Emyme. Enfin, en mai 1897, nous nous installions à Ankavandra, gros village sakalave qui avait été aussi

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LES PROGRÉS DE L'OCCUPATION FRANÇAISE ET DE LA PACIFICATION d'octobre 1896 A FIN JUIN 1897.

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