‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 2 sur 170 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

INTRODUCTION

le touche. Car ce chef est un grand voyageur devant l'Éternel. Toujours par chemin, soit en filan^ane (puisque c'est le mode usité), soit en bateau, soit à cheval, en voirture, en automobile. La route le suit et naît sous ses pas. En circulant, il crée la circulation. De la première nécessité qu'il constate vient le premier progrès qu'il réalise. Et le livre voyage avec l'auteur. Il est partout à la fois, sur les plateaux, dans la forêt, dans la brousse, sur la mer, sur les fleuves, sur les sommets, dans les airs peuPêtre, car je crois bien qu'il n'a pas manqué à ce tourisme perpétuel et fécond, même le voyage en ballon!

C'est donc un itinéraire d'abord, et par suite un inventaire. Mais c'est aussi un bilan; le bilan des oeuvres accomplies et des résultats obtenus, pendant les neuf années où le général Gallieni donna ses soins à ce vaste domaine. Les faits parlent. Quelle louange plus éloquente?

La souveraineté française acceptée, l'insurrection, permanente au début, peu à peu étouffée, la " tache d'huile " de la paix gagnant, d'abord l'Èmyme, puis les territoires indépendants jusque dans le fond de ces provinces du sud où le colonel Lyautey donna sa mesure; les cercles militaires organisés par une nécessité primordiale, cédant la place à l'administratioti civile; l'extension progressive de la collaboration indigène; la justice fondée; des Chambres consultatives instituées; en un mot, un heureux mariage de toutes les forces métropolitaines ou autochtones, civiles ou militaires, organiques ou indé-

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pendantes, qui doivent concourir à l'œuore commune. Cette première partie répond, dans le sens le plus élevé et le plus complet, à la première formule du programme: Pacification.

yoici maintenant la Protection et l'Organisation: dans ce pays la santé publique doit être, plus que nulle part ailleurs, une préoccupation gouvernementale, le secours hygiénique, médical et hospitalier ne saurait être trop promptement aménagé. En effet, tous les fléaux s'abattent sur une population déjà trop raréfiée : le palur disme, la syphilis, l'alcoolisme, la misère et la cachexie. Il faut donc parer à tout et tâcher de sauver ces peuples un peu malgré eux-mêmes. Une campagne de salut et de salubrité est d'abord inaugurée avec les consultations gratuites, les dispensaires, les distributions de médicaments.

La suppression de l'esclavage est l'autre bienfait général qu'apporte la conquête française. Puis, ce sera la suppression de la corvée et des prestations, trop retardée peut-être. Enfin l'organisation de l'enseignement public indigène et de l'enseignement professionnel, d'un enseignement médical rudimentaire. Dans cette voie, le peuple haoa commence à se rendre apte aux services qu'on attend de lui comme collaborateur.

Pour faire face à des entreprises si diverses, il faut de l'argent, beaucoup d'argent; et cependant, le marché métropolitain réclame les privilèges assurant le débouché de ses produits. C'est donc tout un régime économique et finann

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cier à établir. Voici Us résultats : en i8^, le budget central de Vile était de 5 millions et demi de francs, y compris la subvention métropolitaine (?) montant à deux millions de francs. En 190^, le budget atteint 246^1600 francs en recettes, 2^6^8000 francs en dépenses. La subvention métropolitaine est supprimée. L'île se suffit à ellemême. Elle fait face aux arrérages de l'emprunt de yo millions qui a été nécessaire pour donner l'impulsion aux grands travaux publics. La caisse des réserves dispose de 9 ji} 841 francs.

Le commerce extérieur de Madagascar, gêné cependant par les exigences douanières de la métropole, s'élève dans les proportions suivantes : les importations étaient de 14 millions de francs en 1896, elles sont de ^1 millions de francs en 190^. Les exportations passent de ^600000 francs en 1896 à 22600000 francs en 190^.

Les Travaux publics : à ce signe toute domination d'avenir se reconnaît; c'est la griffe du Lion; Rome vit encore et vivra éternellement par ses monuments utiles. En neuf ans, la route carrossable qui grimpe de Tamatave à Tananarive, franchissant des pentes qui paraissaient inaccessibles, a été achevée : 2^0 kilomètres sont empierrés et le portage est supprimé. De Tananarive à Majunga par la Betsiboka une route est aménagée sur plus de ^00 kilomètres. De Fianarantsoa à Mananjary, autre route de 219 kilomètres. D'autres routes encore, moins importantes il est vrai, unissent les centres urbains de la

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