LE SERGENT BRUNEAU
notre chef; puissions-nous mourir percés par cette sagaie, si nous manquons à notre serment. :^ Namela prête ensuite dans la même forme le serment de fidélité à la France et à ses représentants. Puis, saisissant le bassin, il asperge les assistants avec l'eau ainsi consacrée.
€ Enfin, le commandant, présentant aux Sakalaves le drapeau français, leur ordonne de l'arborer dans tous les villages : « Il sera, dit-il, votre meilleure sauvegarde, et le signe auquel les troupes de passage vous reconnaîtront pour amis. }^
Après l'affaire d'Anosimena, nos troupes poursuivirent vers la mer, dans un pays difficile et plein d'embuscades, ime marche de près de loo kilomètres, qui se termina le 30 août par la prise d'Ambiky, capitale du Ménabé du nord.
La veille était parvenue à la coloime Gérard la nouvelle d'im brillant fait d'armes, dont le souvenir mérite d'être conservé avec celui de tant d'autres qui glorifient l'histoire de nos expéditions coloniales. Un convoi d'argent, commandé par le sergent Bruneau, de l'infanterie coloniale, et composé d'im caporal et de cinq tirailleurs sénégalais, avait été attaqué à l'improviste le 8 août, entre Tsiroanomandidy et Ankavandra, par ime centaine de Sakalaves qui, surgissant des hautes herbes, commencent la fiisillade à courte distance. Le sergent, avec calme, abrite les porteurs de fonds, tient tête aux agresseurs, commande la première salve, mais tombe mortellement frappé d'une balle au front; le caporal sénégalais le remplace, continue la résistance, mais un instant après est blessé d'une première balle^ et tué par une seconde. Cependant la petite poignée de braves, privée de ses deux chefs, ne lâche pas pied; réduite à cinq hommes, elle redouble son feu sans reculer d'une ligne; le tirailleur de première classe à qui est échu le commandement, reçoit une balle à la jambe; ne pouvant se tenir debout, il continue à tirer à genou, excitant ses hommes, et leur donnant l'exemple.
En présence de cette crâne attitude et des pertes que leur fait
consciencieuses recherches, déterminer exactement les causes et le mode de transmission.
Le lendemain, 14 septembre, à deux heures de Tsiafahy, nous atteignons le coquet village de Behenjy, dont les cases, fraîchement blanchies et gaiement pavoisées, émergent d'un petit bosquet, au sonmiet d'un mamelon proche de la grande route. Je m'arrête pour visiter le poste militaire, les écoles et la pépinière; le sergent, chef de poste est justement fier de cet essai agricole dont il a pris l'initiative, et me présente le registre sur lequel il a inscrit les nombreuses livraisons de plantes déjà faites aux indigènes des environs. Il me signale aussi que des étrangers de passage ont, quelques jours auparavant, visité des terrains de culture, demandé des renseignements sur les productions du pays, le recrutement de la main-d'œuvre, et mesuré le débit de la chute de r Andromba qui se trouve à quelques kilomètres de là, en bordure de la grande route.
A une heure au sud de Behenjy, on commence à distinguer sur la droite la masse sombre et imposante de l' Ankaratra, dominée par le Tsiafajavona (2 580 m.) dont la cime souvent embrumée de nuages est considérée à cette époque — elle a été détrônée depuis — comme la plus élevée de Madagascar.
A 60 kilomètres de Tananarive, nous arrivons à Ambatolampy? gï'os villfige entouré dft belles rizières, qu'occupe un détachement sous les ordres du capitaine Lamy, le héros modeste qui a trouvé depuis ime mort glorieuse sur les rives du Tchad.
En continuant vers le sud, la route pénètre dans la vallée peuplée et cultivée de l'Onivé, affluent de droite du Mangoro, fleuve aux eaux limpides, qui décrit de nombreux méandres et irrigue de vastes cultures.
De temps à autre, dans une échancrure des montagnes qui ferment l'horizon, on entrevoit au loin le Votovorona, pic élevé, en forme de pain de sucre, que la triangulation des PP. Colin et Roblet a utilisé conune point géodésique.
Dans l'après-midi du 15, nous atteignons le gros village
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FIANARANTSOA RAPPELLE ASSEZ EXACTEMENT L'ASPECT D'ENSEMBLE DE TANANARIVE.