UN GROUPE D'INDIENS A MAJUNGA
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MOUSTIQUES ET MOKAFOHY
sont accomplies, trois ans auparavant, pendant la marche de la colonne expéditionnaire sur Tananarive.
Le 9, nous couchons à Antsiafabositra (en malgache : où les bœufs ne peuvent avoir accès). C'est un pauvre hameau de quelques cases auquel les travaux de la route de Majunga donneront peu après plus d'importance, mais que l'absence de population et le peu de fertilité du sol condamnent à ne rester qu'im point de transit, à moins que les chercheurs d'or qui circulent aux environs ne fassent quelque jour d'heureuses découvertes. J'ajoute, pour terminer cette description, qu^à cette époque de l'année le séjour d' Antsiafabositra est rendu presque intenable par l'assaut de légions d"insectes, les mokafohy^ pendant le jour et, pendant la nuit, les moustiques, les ims gros et bourdonnants, les autres imperceptibles, qui traversent les moustiquaires les mieux installées. Nous nous levons au clair de lune et plions bagage rapidement pour échapper à cette persécution.
L'étape qui suit Antsiafabositra est Andranobevava, village au bord de l'Ikopa, où la Compagnie des mines d'or de Suberbieville fait faire quelques lavages de sables aurifères.
Le lendemain, vers neuf heures, les toits en tôle ondulée de Suberbieville conunencent à apparaître dans le lointain. La population se presse à notre rencontre; elle comprend, outre la colonie européenne, les éléments les plus divers : Hovas, Betsiléos, Sakalaves, Comoriens, Zanzibaristes, etc.
Après deux journées consacrées à l'étude de la situation politique et des ressources de la région, nous nous embarquons sur un canot à vapeur qui, par l'Ikopa, nous amène à Majunga dans la journée du 15. En route, nous nous arrêtons à Marololo, Ankaladina, puis, Marovoay, centre agricole et conmaercial que j'avais visité en 1897, et dont l'importance a considérablement augmenté depuis.
I. Le mokafohy est ane petite mouche noire, qni attaque le voyageur par essaims et s'attache à la peau sans lâcher prise, en faisant souvent perler une goutte de sang.
A Majunga, je trouvé au mouillage quatre bâtiments de la division navale, une dizaine de navires de commerce, et, sur les quais, un encombrement de marchandises, en expédition ou en déchargement, qui témoigne de la reprise effective des transactions. Les Indiens, Anjouanais et autres exotiques forment dans le grand port de la côte ouest ime colonie de plus en plus nombreuse.
Mon séjour à Majunga se prolonge pendant trois semaines que j'emploie, avec le concours des autorités et des assemblées locales, à Tétude et à la solution de toutes les questions qui intéressent le développement économique du port et de la fertile région dont il est le débouché naturel.
Le 5 juillet, je][m'embarque sur le La PérousCy où le commandant Huguet, qui a pris depuis quelques mois le commandement de la division navale, m'ofire la même hospitalité cordiale que j'avais trouvée Tannée précédente auprès du commandant Le Do.
Nous remontons d'abord vers le nord, jusqu'à Nossi-Bé. Comme à Majunga, le mouvement commercial et maritime a augmenté et je trouve en rade d'Hellville de nombreux boutres battant pavillon musulman, qui font le cabotage avec Zanzibar, les Comores et les côtes d'Afrique.
Les essais de nouvelles cultures, commencés depuis dix-huit mois par plusieurs planteurs de Nossi-Bé, ont donné, principalement pour le café et la vanille, des résultats encourageants.
Pendant mon séjour, je reçois la visite des chefs sakalaves de la Grande-Terre : Tsialana, Tsiaraso et la reine Binao. Je les questionne longuement, et je constate ainsi que la situation politique de leurs territoires s'est sensiblement améliorée depuis un an; néanmoins, dans cette région de l'île, il faut toujom-s compter avec l'esprit musulman, prompt au fanatisme, et difficilement accessible à nos mœurs et à notre civilisation.
De Nossi-Bé, nous redescendons vers le sud pom* faire escale