SUR LA COTE OUEST
à Analalava, où quelques éléments hostiles subsistaient encore en 1897 dans les régions de Pintérieur. Depuis lors, le capitaine Toquenne a achevé la pacification, et j'ai pu remettre la direction de la province à im administrateur civil, M. Guédès, qui n'a que des comptes rendus rassurants à me faire sur Tétat du pays et les sentiments des populations indigènes.
Reprenant la mer, le La Pérouse touche quelques heures seulement à Majunga, et, après avoir doublé le cap Saint- André, vient mouiller le 14 juillet devant Maintirano.
Depuis quelques mois, la pacification de cette région a fait des progrès considérables^ grâce à la sage politique suivie par le chef de bataillon Ditte, commandant du cercle.
Le commerce d'exportation se développe et on a pu commencer à recueillir des renseignements sur les ressources naturelles des régions de Thinterland; la récolte du caoutchouc, l'exploitation des massifs forestiers, l'élevage, semblent y ofirir des perspectives avantageuses à la colonisation.
Le 17 juillet, le La Pérouse quitte Maintirano et jette l'ancre le surlendemain devant Morondava où je retrouve M. Samat, doyen des colons de la côte ouest.
Les renseignements que je recueille sont beaucoup plus rassurants que l'année précédente.
Le commandant du territoire a pris pied dans les centres de l'intérieur; les chefs les plus influents ont reconnu le principe de notre souveraineté, et les pourparlers entamés avec Inguereza, principal instigateur de l'insurrection de septembre 1897, semblent sur le point d'aboutir.
A Tuléar où j'arrive le 25, je suis reçu par le capitaine Toquenne, placé depuis peu à la tête de la province. Comme à Analalava, il fait de bonne et utile besogne. Sur la plage, que j'avais trouvée déserte il y a un an, une ville est en construction, et de nombreuses cases confortables sont édifiées.
La colonie européenne, que j'étais allé visiter en 1897 à l'ilôt de Nossi-Vé, s'est transportée en entier à la Grande-
Terre, où protégée par les postes militaires^ elle est désormais à Tabri des coups de mains des pillards.
La situation de Tuléar, face à la côte orientale d'AErique, la sâreté de sa rade et les ressources de son hinterland y font prévoir im développement important du trafic d'exportation des produits du sud-ouest de Tîle : bœufs, caoutchouc, résines, tortues, trépangs et pois du Cap.
Au point de vue politique, des résultats très satisfaisants ont été obtenus, mais les régions de Tintérieur ne sont pas encore complètement pacifiées ; il subsiste daiis le nord de la province quelques groupes hostiles, dont le plus important occupe le massif boisé du Vohinghezo, sur la rive gauche du Mangoky.
Plus au sud, le pays mahafaly reste complètement impénétré ; on a appris seulement qu'il obéit à trois chefs principaux : Refotaka, Tsiverenga et Tsiampondy. Tous troîs Sont nettement hostiles et ont fait savoir qu'ils s'opposeront par tous lés moyens à notre pénétration dans le pays.
Je profite de mOn passage à Tuléar pour exaniiner avec la Chambre consultative plusieurs questions intéressantes : moyens de développer l'élevage en vue de l'exportation du bétail, adduction d'eau potable, construction d'un wharf, balisage et éclairage de la rade, etc.
Au sortir de Tuléar, une traversée assez dure nous conduit en deux jours à Fort-Dauphin. De la haute mer, je revois avec plaisir le panorama de la coquette petite ville; le voyageur n'y aborde jamais sans se souvenir que ce haut promontoire, furieusement battu par les lames, a été le berceau de notre installation à Madagascar.
Les renseignements qui me sont fournis par le capitaine Brulard, commandant du cercle, et par les colons, me confirment que la situation s'est considérablement améliorée depuis un an; les chefs de l'intérieur ont bonne attitude et sont venus de très loin pour m'apporter l'assurance de leur fidélité.
Les progrès de la pénétration ont eu une répercussion favo-
LES TROUPKAUX DE RAININOSY.
GUERRIERS ANTANOSY DE LA RéOION DE FORT-DAUPHIN.