UN GROUPE D ANJOUANATS A MAJUNGA
Uadftgaacar.
n. Sî. Prt^c 136.
VATOMANDRY
consuls hovas les plus fâcheusement connus pour les violences et les exactions qu'il faisait subir, avant la conquête, aux populations betsimisarakas de la contrée.
Le 36 août, nous nous dirigeons sur Vatomandry où nous amène une petite journée de marche. C'est une ville originale, vivant surtout de [transit; elle se compose d'une unique avenue, longue de i 500 mètres, plantée d'arbres, où s'alignent étalages et magasins. La population flottante y est considérable, et comprend presque exclusivement un peuple de bourjanes, sans cesse renouvelé, que l'Emyme déverse journellement sur la côte Est. Les transports se font, en effet, encore exclusivement à dos d'homme, et Vatomandry offre cet avantage d'être le point de la côte Est le plus rapproché de Tananarive.
Après xm court arrêt à Andévorante, nous arrivons, le i*' septembre, à Tamatave, où notre séjour doit se prolonger pendant un mois.
Depuis mon dernier passage, en juin 1897, la ville a pris une extension considérable. Les anciens quartiers se sont complètement transformés; d'importantes installations commerciales, maisons ou magasins, ont surgi dans tous les quartiers; des travaux exécutés avec méthode ont fait disparaître les causes d'insalubrité qui avaient motivé les justes [doléances de la colonie em-opéenne.
Je profite de mon séjour à Tamatave pour visiter les exploitations agricoles des environs, et aussi, le jardin d'essais récemment installé sur les bords de l'Ivoloina. Pour en faciliter l'accès, je prescris la construction d'ime route qui, outre le jardin, desservira les concessions de la vallée.
Le I*' octobre, je quitte Tamatave pour rejoindre Tananarive où j'arrive le 7, au soir. Sur la route, la circulation des voitures se fait déjà sur une trentaine de kilomètres. A notre arrivée à Mahatsara, deux breaks, attelés à quatre mules, nous emmènent, au grand étonnement des indigènes, qui les voient, à vive allure, gravir les crêtes et redescendre dans les vallées. Malheu-
reiisement, notre parcours est limité, et nous reprenons bientôt le traditionnel filanzane pour poursuivre notre routé jusqu'à la capitale.
Pendant mon voyage sur les côtes, les opérations de pénétration, dont j'avais arrêté le programme avant monidépart, se poursuivaient dans les diverses parties de l'île.
Les progrès réalisés en 1897, en dehors de l'Emyme, avaient été très importaûts. Ils se résumaient ainsi sur les trois principaux théâtres d'opérations où nous avions à agir :
Au nord-oueat, une région très restreinte restait seule impénétrée; elle s'étendait, dans l'hinterland de la province de Nossi-Bé, à quelques régions des hautes vallées de la Maivarano et de la Sofia.
Dans l'ouest, les opérations consécutives à la création du territoire sakalavè avaient permis, à la suite de l'insurrection de 1897, d'établir tm réseau de postes qui assuraient des communications assez régulières et avaient rétabli une situation à peu près normale. Cependant, le désarmement n'avait pu encore être opéré d'une façon complète, et plusieurs chefs rebelles, cherchant abri dans les régions les plus difficiles, y continuaient une propagande hostile, et réussissaient à y maintenir quelques foyers d'agitation.
Au sud de l'île, quelques résultats, relatés précédemment, avaient été obtenus dans les districts qui confinaient à la province de Fianarantsoa; mais, en dehors de cette zone assez restreinte, le pays demeurait complètement itnpénétré et insoumis.
Un vaste programme restait donc à accomplir. Toutefois, les faibles effectifs dont je disposais, et l'opiniâtreté des résistances que je prévoyais de divers côtés, m'amenèrent à maintenir d'abord le statu quo dans le nord et dans le sud, et à porter vers l'ouest les principaux efforts du corps d'occupation.
La création du territoire sakalavè, dans les circonstances difi&ciles où elle était intervenue, avait répondu à la nécessité immédiate d'une action locale énergique pour enrayer un soulè-