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UNE MÉTHODE DE PÉNÉTRATION

vement inopiné et en atténuer les conséquences. Mais, le but momentané et accidentel qu'on se proposait ayant été réalisé, il fiEdlaît élaborer im nouveau plan pour arriver au but principal et achever là pénétration.

L'action en profondeur, ayant sa base dans la région centrale, fut substituée à l'action parallèle à la côte, que la difficulté des communications maritimes avait entravée dans son développement.

En conséquence, le territoire sakalave jfut supprimé le 12 mars 1898. Les deux cercles de Maintirano et de Morondava qui le composaient, furent rattachés : le premier au territoire militaire du nord de l'Emyme (quatrième territoire); le second, au territoire militaire du sud (deuxième territoire). Les opérations allaient pouvoir ainsi se poursuivre dans deux grandes zones parallèles, partant de l'intérieur vers la côte, et se tenant en liaison entre elles le long de la frontière commune; elles furent dirigées, dans le deuxième territoire, par le lieutenant-colonel Sucillon, et dams le quatrième par le lieutenant-colonel Lyautèy.

Pour le deuxième territoire, l'objectif initial fut d'abord l'occupation incontestée de la rive gauche de la Tsiribihina, où se tenait Inguereza, frère et rival de Toérà qui, après avoir reçu Pihvestiture française et prêté le serment de fidélité s'était fait le principal instigateur de la rébellion de septembre 1897.

Je résimie brièvement les résultats obtenus.

Au mois de mai 1899, le pays entre le Bongolava et le Bemaraha est rentré dans l'ordre, et les incursions des Sakalaves vers rEm3rme sont désormais impossibles. Aussi, les Hovas du Mandridrano ont-ils, dès le début de 1899, poussé leurs troupeaux dans la vallée du Sakay, où ils n'avaient jamais osé s'aventurer auparavant. D'autre part, l'ordre rétabli au Betsiriry permet à nos colons d'aller y prospecter et d'y commencer les exploitations aurifères depuis longtemps projetées.

La sécurité de la navigation est assurée sur la Tsiribihina; un canot à vapeur, calant 75 centimètres, a pu, le i*' janvier 1899,

remonter jusqu'au Bemaraha, à 80 kilomètres de la côte. Une canonnière, arrivée depuis peu à Tembouchure de la Tsiribihina, pourra prochainement faire le même service, et probablement remonter pendant ime partie de Tannée jusqu'à Miandrivazo, à 100 kilomètres dans l'intérieur.

Le quatrième territoire, créé le 26 janvier 1898, comprenait le cerde d'Ankazobé, le cercle-annexe de Mévétanana et le cerdeannexe de la Mahavavy ; le cercle de Maintirano y fut rattaché le 13 mars poiu* l'exécution du plan de pénétration par l'action en profondeur.

Les opérations d'ensemble, après avoir été judicieusement préparées dans les deux cercles côtiers par la combinaison de l'action militaire et politique, commencèrent le 6 juillet, sous la direction du commandant du territoire ; elles prirent pour premier objectif le Fonjia, massif montagneux et boisé et centre prindpal de résistance des bandes rebelles qui furent successivement mises en déroute et disloquées; quatre postes militaires suffirent à les empêcher de se reformer.

Le commandant du cercle de Maintirano se porta ensuite vers le nord pour procéder à l'occupation du Milanja. Il prit possession des postes de Nossi- Voalavo et Vilamatsa, et fit sa jonction avec les troupes du cercle de la Mahavavy, au pied du pic d'Ambohitrosy.

Les opérations militaires avaient eu aussi, dans le quatrième territoire, la plus heureuse répercussion sur la situation économique et le développement de la colonisation.

Les incursions des Sakalaves ont pris fin dans le Vonizongo et le Valalafotsy, dont les populations peuvent désormais utiliser sans crainte les beaux terrains d'élevage du Bongolava. Les prospecteurs se répandent dans les contrées nouvellement pénétrées, et quelques colons s'y installent. Dans la zone côtière, on a pour ainsi dire découvert la riche région du Milanja, très propice à l'élevage, peuplée, bien arrosée, et dont le port de Nossi- Voalavo offre un excellent mouillage aux petits bâtiments.

L^ATTAQUE DE VOHINGHEZO

Dans le sud de Tîle, en 1898-18999 Timpossibilîté de renforcer les effectifs nous fit nous borner à maintenir solidement les postes que nous occupions, et à garder intactes les quelques communications qui reliaient entre elles les provinces de la côte et celles de Tintérieur.

Dans le cercle des Baras et Tanalas, le commandement s'attacha surtout à assurer les communications entre Ivohibé et Farafangana. Le nombre des postes fut augmenté, mais on ne put obtenir, dès cette époque, la soumission de la totalité de la population, dont ime partie resta campée dans la forêt.

Pendant la même période, les postes du cercle de Fort- Dauphin déployèrent ime grande activité pour étendre leur zone d'influence et gagner du terrain dans toutes les directions.

Au mois de mai 1898, ce cercle avait atteint ses limites naturelles. A mon passage à Fort-Dauphin, au commencement d'août, cette situation m'avait permis de diviser le pays en quatre secteurs groupant le mieux possible les diverses races, et d'inaugurer ainsi un système conforme à la loi ethnique d'administration par tribu. J'avais pu régler aussi, pour la première fois, les questions d'impôt, de main-d'œuvre et d'administration de la justice indigène dans cette région.

Au sud-ouest de l'île, la situation était assez tendue ; des bandes nombreuses et bien armées s'étaient organisé un repaire au confluent du Mangoky et du Malio, dans le massif boisé et très accidenté du Vohinghezo.

Le capitaine Flayelle, de la légion étrangère, l'un de mes compagnons de voyage pendant la traversée de France à Madagascar, avait dirigé une attaque de front contre le Vohinghezo. Mais, malgré l'élan et la bravoure de nos soldats, les rebelles, formidablement retranchés, n'avaient pu être délogés. L'engament, très meurtrier, nous avait coûté la mort du capitaine Flayelle et du lieutenant Montagnole, qui s'étaient valeureusement lancés à l'assaut, à la tête de leur troupe.

Le capitaine Toquenne élabora un plan d'opérations d'en-

semble qui, mis rapidement à exécution, lui permit d'obtenir des résultats décisifs. Dans les premiers jours d'août, Tompomanana et les autres chefs, ses alliés, qui inquiétaient Thinterland inmiédiat de Tuléar, lui firent leur soumission sans conditions; ce premier résultat atteint, il remonta le Mangoky et installa un poste à proximité du Vohinghezo. Une reconnaissance des abords de ce massif l'amena toutefois à renoncer à l'action de vive force, et à y substituer un investissement qui devait durer jusqu'au jour où les conmiandants des cercles voisins pourraient participer à l'enlèvement du repaire.

Grâce à ces opérations, le cercle de Tuléar était relié, dès le 15 octobre, aux provinces voisines; le Vohinghezo restait le seul point où les résistances n'avaient pu être sérieusement entamées.

A la fin d'octobre 1898, l'ordre fut troublé dans le nordouest de l'île par un soulèvement qui prit naissance dans la vallée du Sambirano, chez les Sakalaves-Bemazavas, peuplade fortement islamisée, qui avait toujours victorieusement résisté à la domination hova. Comme il arrive d'ordinaire chez les musulmans, la révolte, inspirée par le fanatisme religieux, éclata inopinément. En pleine période de calme, alors que rien ne faisait pressentir un état d'esprit hostile chez les populations, plusieurs chefs de poste ou colons furent assassinés. Les miliciens, recrutés pour la plupart sur place, et dont un certain nombre avaient participé à l'expédition de 1895 et aux opérations contre l'insurrection hova, tournèrent leurs armes contre nous. Il fut démontré plus tard qu'ils avaient été excités par des chefs religieux qui, travaillant depuis longtemps les habitants, étaient arrivés à les convaincre qu'une révolte leur permettrait de s'affranchir de notre autorité et de nous expulser définitivement du pays.

Un mouvement convergent rapide, exécuté par des détachements partis simultanément de Majunga, d'Analalava et d'Ankify et des cercles d' Ambatondrazaka et de Mévétanana, enserra rapidement les régions soulevées. En moins de deux mois, l'ordre fut rétabli complètement.

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